transporturbain - Le webmagazine des transports urbains

14 juin 2019

Lille annonce 5 nouvelles lignes de tramway sur 15 ans

Le vote le 13 juin dernier du Schéma Directeur des Infrastructures de Transport est peut-être l'acte fondateur d'une nouvelle politique des transports en commun dans la Métropole lilloise. Le retard accumulé est important : 2 lignes de métro et 2 lignes de tramways laissent une large partie du territoire tributaires des seuls autobus. Le récent accord intervenu avec la Région a autorisé l'accès aux trains avec un titre de transport urbain dans le périmètre de la Métropole a tout de même constitué un progrès, quoique limité par la consistance de la desserte des gares sur ce territoire.

Depuis un bon quart de siècle, il y a eu de nombreuses réflexions... dont aucune n'a pu aboutir, d'où notre prudence. On se souvient des études sur un tram-train, objet d'un clivage entre la Région et ce qui était alors la Communauté Urbaine, aboutissant à la mise en sommeil du dossier. Il n'était pas forcément mûr, mais on ne lui a probablement pas laissé le temps de gagner en maturité.

Finalement, les deux projets qui ont été lancés sont d'une part la rénovation mi-vie des rames Breda du tramway et le doublement de la capacité de la ligne 1 du métro : un sujet douloureux car Siemens avait été écarté de l'appel d'offres au profit d'Alstom présentant un produit nouveau au stade du développement. Parallèlement, l'allongement des stations a été engagé pour accueillir des rames de 52 m, mais la mise au point du nouveau matériel et du nouveau système de pilotage automatique accuse au moins 4 ans de retard.... et l'affaire est portée devant le Tribunal Administratif.

Espérons que le programme figurant dans le nouveau schéma directeur 2020-2035 connaisse un meilleur avenir. Il représente 2 MM€ d'investissements sur 15 ans. Il préconise un court prolongement de la ligne 1 du métro vers Eurasanté depuis le terminus actuel CHR Calmette et la création de 4 lignes de tramway et l'extension d'une des lignes existantes... rien de moins :

  • le prolongement de ligne R de Roubaix à Wattrelos
  • une diagonale Halluin - Tourcoing - Roubaix - Hem
  • une ligne vers le nord-ouest de Lille à Comines
  • une ligne vers l'ouest de Lille à Haubourdin
  • une ligne vers le sud de Lille à Wattignies

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Difficile d'esquisser précisément les tracés mais on note le principe d'une rocade autour de Lille, passant par la Citadelle puis par l'axe Vauban-Isly ou l'axe Lorraine-Moselle, et une liaison vers la gare passant plutôt par le nord du Vieux Lille par les RD749 et RD651.

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Marcq en Baroeul - Croisé Laroche - 26 mai 2009 - Le tramway à la croisée des chemins : 4 nouvelles lignes sont prévues dans le schéma directeur. Quelle sera leur articulation avec le réseau existant dont il va falloir programmer le remplacement d'un matériel roulant très décrié pour son inconfort et sa complexité technique ? © transporturbain

Les trois premiers projets ressemblent aux propositions de transporturbain sur le développement du réseau lillois, avec d'intéressantes possibilités de lignes rapides utilisant les emprises ferroviaires délaissées (Roubaix - Wattrelos, Halluin - Tourcoing, Roubaix - Hem) ou condamnées (La Madeleine - Comines)

Des lignes express sont également prévues entre Armentières et Tourcoing via Comines et Halluin, de Lille à Lesquin et Halluin et enfin de Wasquehal à Wattrelos.

En revanche, le projet retenu enterre le projet de ligne de tramway entre Lille et Lesquin qui était jusqu'alors assez en vue, puisque porté par le Vice-Président aux Transports de la Métropole.

Le schéma intègre le développement d'un pôle d'échanges au sud de Lille, à hauteur de la porte des Postes, déjà desservie par les 2 lignes de métro, et où convergeraient certaines lignes de tramway... sachant que l'hypothèse de la restauration d'une desserte ferroviaire sur la ligne Lille - Don-Sainghin - Lens / Béthune est aussi mise en débat. Cependant, l'accumulation de gares entre Lile risque de mettre en évidence des faiblesses dans le noeud lillois, ne serait-ce que la longue section entre Lille Flandres et Porte de Douai parcourue à 30 km/h ou l'inadéquation du matériel roulant à une desserte de plus en plus urbaine. Bref, d'un sujet ponctuel (la gare Porte des Postes), on en arriverait à une réflexion sur le RER lillois...

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Lille - Porte des Postes - mars 2003 - Un site qui semble devenir stratégique, non pas pour ce R312 (réformé de longue date) mais par la présence des deux lignes de métro, de la ligne Lille - Lens / Béthune à proximité et du projet urbain Lillenium. L'arrivée d'au moins une ligne de tramway devrait renforcer l'importance de ce carrefour. © transporturbain

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13 juin 2019

Lyon : les leçons de la concertation sur le métro E

Le bilan de la concertation par la Commission Nationale du Débat Public sur le projet de cinquième ligne de métro à Lyon est une étape intéressante car elle permet d'évaluer les premiers retours du public, souvent avisé et aux positions parfois très contrastées, et d'émettre un avis indépendant sur le dossier objet du débat.

Il était d'autant plus attendu que le projet n'est pas exempt de critiques. Une ligne de métro courte, avec peu de stations, une faible prévision de trafic et un coût de 1,2 MM€ amène forcément à un débat de fond auquel transporturbain a contribué en proposant, avec l'association Lyon Métro, une alternative plus économique, quadrillant mieux le territoire concerné et jouant la carte de la complémentarité avec le tram-train de l'Ouest Lyonnais.

Quelques chiffres pour commencer : environ 5500 participants aux réunions publiques, 53 500 visiteurs sur le site du projet, 2386 avis exprimés, 4000 formulaires remplis. Voici pour la représentativité de cette étape.

La grande majorité des expressions a porté sur le tracé et la localisation des stations sans interroger le fond du projet. Ce n'est pas une surprise. Il fut largement question du choix entre un tracé vers Bellecour et un autre vers Hôtel de Ville, largement conditionné selon les avis à la possibilité d'aller ensuite vers la Part-Dieu.

En revanche, les garants du débat public mettent en évidence, de façon subtile mais clairement exprimée, les réserves et les alternatives formulées sur le coût du projet et une orientation par principe sur une solution technique, mais aussi sur des sujets plus pointus comme l'impact sur la circulation automobile des rabattements en amont du métro, notamment à Alaï. Il a aussi été question de la complémentarité avec le tram-train pour rappeler qu'il avait aussi un rôle à jouer... et que le duo Région - Métropole mériterait de mieux collaborer en matière de transports en commun dans le bassin de vie lyonnais.

Leur première recommandation est en ce sens remarquable par ses non-dits : 

« La temporalité du projet ne permet pas de réduire à court terme les difficultés liées au déficit de transports en commun de l'ouest lyonnais et mises en évidence lors de la concertation. On ne peut que recommander au SYTRAL d'envisager la mise en oeuvre de solutions palliatives jusqu'à la mise en oeuvre du projet ». Dit plus clairement, l'échéance du projet est trop lointaine par rapport aux besoins du territoire.

La commission demande aussi au SYTRAL de mettre à l'étude une extension du tracé jusqu'à la Part-Dieu... mais aussi d'étudier les contre-propositions, dont celle portée par Lyon Tramway et transporturbain.

Les autres recommandations portent sur la coopération avec la Région et le tram-train de l'Ouest Lyonnais, la mise en accessibilité des stations (mais n'est-ce pas une obligation légale ?) et le traitement des rabattements en amont d'Alaï face au risque d'engorgement.

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09 juin 2019

Nantes précise ses prochains développements

En 2017, au moment de ses voeux, la maire de Nantes avait annoncé la mise à l'étude de deux nouvelles lignes de tramway notamment destinées à la desserte de l'île de Nantes. L'enquête publique en cours sur le prolongement de Ranzay à Babinière de la ligne 1 est un autre projet, déjà ancien, destiné à terme à réunir les lignes 1 et 2 dans le secteur des facultés.

Le plan de la Métropole se précise et l'histoire du tramway nantais devrait véritablement entamer une nouvelle période. On y trouve d'abord une extension de la ligne 4 (Busway) pour la desserte de Vertou, afin d'accompagner le développement de la ville et augmenter les capacités de rabattement avec un nouveau parc-relais. La ligne sera prochainement exploitée à l'aide de Light Tram 24 m fournis par Hess. L'actuelle ligne Chronobus C5 sera transformée en Busway, avec extension des zones en site propre et réutilisation des autobus articulés Citaro actuellement sur la ligne 4.

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Nantes - Quai de Malakoff - 29 février 2016 - La ligne C5 assure une liaison rapide entre la gare de Nantes et l'île enserrée entre les deux bras de la Loire, territoire connaissant un net développement urbain depuis une vingtaine d'années. Sa conversion en Busway est intéressante mais le projet de ligne 8 de tramway semble imposer une réflexion sur la cohérente entre les deux démarches. © transporturbain

Au chapitre des tramways, on y trouve 3 nouvelles lignes :

  • la ligne 6 reliera Babinière à Rezé, en tronc commun avec la ligne 1 jusqu'aux chantiers navals, et la desserte de la partie occidentale de l'île de Nantes ;
  • la ligne 7 reliera François Mitterrand à Rezé, également en tronc commun avec la ligne 1 jusqu'aux chantiers navals, mais en passant par le tracé historique (Jamet) et en envisageant un prolongement à Saint Herblain ;
  • la ligne 8 assurera la liaison entre Rezé et l'île de Nantes (secteur Bellevue) et pourrait être prolongée jusqu'au boulevard de Doulon avec desserte du quartier de Malakoff.

Nantes Métropole annonce également une ligne structurante, non précisée, en rive gauche, entre Bouguenais, Rezé, Pirmil et Greneraie. Cependant, on peut supposer que la consistance de cette ligne dépendra du tracé retenu pour les lignes 6 et 7 en rive gauche : transporturbain vous propose de relire son dossier sur les possibilités d'extension du réseau nantais. Il serait envisageable d'envoyer la ligne 6 vers Bouguenais et la ligne 7 vers le centre de Rezé pour rejoindre l'actuelle ligne 3. Dans ce cas, la ligne structurante se confondrait avec le développement du tramway.

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Nantes - Place du Commerce - 12 mars 2011 - Affluence place du Commerce qui constitue le point central du réseau. La Métropole souhaite diluer les flux avec de nouvelles mailles et liaisons directes entre les deux rives de la Loire. © transporturbain

Assurément, l'objectif recherché est de délester les lignes 1 et 2 existantes et soulager- il y en a grand besoin - le noeud de la place du Commerce en proposant d'autres itinéraires vers l'îe de Nantes et la rive gauche. En rive droite, les lignes 6 et 7 devraient entraîner la recomposition de la desserte de la ligne 1, probablement avec ces trois lignes cadencées à 6 minutes d'intervalle, et une ligne 1 concentrée sur le terminus de La Beaujoire.

En revanche, semble émerger une forme de doublon entre l'évolution de l'actuelle ligne C5 et le projet de ligne 8 de tramway : transporturbain privilégierait plutôt, comme dans notre dossier, l'évolution de la ligne C5 en tramway, en adoptant le tracé par la porte sud de la gare. Il serait ensuite envisageable de rejoindre Doulon, comme dans le schéma présenté par la Métropole.

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Nantes - Côte Saint Sébastien - 29 février 2016 - Quelle desserte en rive gauche de la Loire ? Entre bus structurant au statut indéterminé et les hypothèses de tracé des nouvelles lignes de tramway, il y a assurément matière à réflexion. © transporturbain

Enfin, cette carte fait apparaître le projet d'expérimentation de navettes autonomes entre la ligne 1 du tramway et Carquefou par l'emprise ferroviaire abandonnée. Disons-le tout net, ce gadget à la mode nous semble totalement inadapté aux besoins de ce secteurs pour lequel nous avons envisagé à transportrail un projet de tram-train, associé à la ligne de Châteaubriant, et complété d'un tracé urbain vers la place du Commerce. En alternative, il serait possible de brancher la ligne de Carquefou sur la nouvelle ligne 8 de tramway, mais en validant le principe d'un accès à l'hypercentre par correspondance, avec les lignes 1 et 6 à Doulon, ou avec la ligne 4 dans le secteur de Beaulieu ou avec les lignes 6 et 7 à hauteur du futur hôpital. Dans ce cas, le recours au tram-train pourrait devenir superflu (mais à vérifier compte tenu de la configuration du site)... Au moins, si cette expérimentation de navette autonome est menée, le tramway disposera d'une voie sur plateforme bitumineuse sur laquelle il sera aisée de poser rails et traverses !

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07 juin 2019

Nice : revirement sur la desserte de l'Ariane, voici le tram-train

Article que nous publions à la fois à transporturbain et à transportrail...

C'est assurément un sujet qui va donner du fil à retordre à la métropole niçoise, à son exploitant Lignes d'Azur, mais aussi à la SNCF. Pour assurer la desserte de la vallée du Paillon et notamment du quartier excentré de L'Ariane, l'hypothèse d'un BHNS avait été privilégiée au détriment d'une antenne à la ligne 1 du tramway, portée localement par les associations d'usagers.

Finalement, le bus en site propre est abandonné et revoici une solution ferrée. La ligne 1 du tramway sera prolongée du terminus de l'hôpital Pasteur vers La Trinité, en rive droite du fleuve, avant de passer en rive gauche et de rejoindre la voie ferrée Nice - Breil - Tende - Cuneo afin de rejoindre Drap-Cantaron. Voici donc un projet de tram-train.

C'est assez audacieux. Facteur facilitant, le tramway est au gabarit 2,65 m, simplifiant la conception de l'interface matériel roulant - infrastructure en évitant la conception d'un tram-train au gabarit réduit. Pour les lacunes horizontales quai-tram, aucun impact sur le réseau urbain... mais il faudra combler 12,5 cm entre le tram-train et le quai ferroviaire entre La Trinité et Drap-Cantaron. Pas plus compliqué que les autres trams-trains en France, avec un comble-lacune... qui retarde quand même de 4 secondes l'ouverture des portes et l'autorisation de départ (8 secondes par arrêt, cela finit par compter).

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Nice - Place Masséna - 28 décembre 2015 - Le tramway de Nice franchit 2 places sur batteries. Un élément dimensionnant pour la réflexion sur le tram-train du Paillon qui s'engage dans la Métropole... et qui ressemble à un steeple-chase ! © E. Fouvreaux

Toujours pour les quais, il faudra prévoir la desserte à la fois par des trains classiques avec une hauteur normalisée à 550 mm et par des trams-trains dont les accès s'effectuent par des quais de 320 mm. Travaux à prévoir dans les gares de La Trinité - Victor et Drap-Cantaron... et voici les premiers choix un peu moins simples !

Glissons progressivement vers la complexité. Il faudra préciser le schéma d'exploitation de ce tram-train dans la partie urbaine car la traversée des places Garibaldi et Masséna est dépourvue de lignes aériennes et les tramways les franchissent sur batteries. Ce qui nous amène à soulever deux questions :

  • Quelle alimentation sur la partie ferroviaire ?

Sur la partie urbaine, compte tenu de la situation préexistante sur la ligne 1 des tramways niçois, il est plus que probable que l'extension adoptera le fil aérien en 750 V continu. Mais qu'en sera-t-il sur la courte partie ferroviaire ? Vu du matériel roulant, alimenter la section La Trinité - Drap-Cantaron en 750 V serait la solution de facilité... aux bornes du tram-train. En revanche, les trains régionaux pour Breil et au-delà ne pourraient lever le pantographe puisque les matériels ferroviaires classiques ne connaissent pas cette tension.

Alors envisageons le 1500 V continu, assez simple à prévoir sur un tram-train. Mais il constituerait un petit isolat entre La Trinité et Drap... la section Nice Saint Roch - La Trinité étant hors du périmètre, et le reste des installations niçoises sont de toute façon en 25 kV. 

Voyons donc l'incidence du 25 kV sur cette section. Pas d'obstacle majeur sur le tram-train, pouvant supporter un tel transformateur. Dans ce cas, il serait logique d'électrifier la section Nice Saint Roch - La Trinité-Victor pour alimenter le tram-train par le réseau existant... et permettre l'exploitation des trains Nice - Breil et au-delà en traction électrique dans l'agglomération niçoise.

Oui mais voilà... comment assurer la transition entre le 750 V urbain et le 25 kV de la voie ferrée. L'expérience du T4 francilien montre que le sujet est... complexe ! Pour mémoire, le débranchement urbain Gargan - Montfermeil a nécessité la réélectrification en 750 V de la zone de gare de Gargan, compte tenu des oppositions techniques du STRMTG et des services de sécurité (pompiers notamment) à l'installation d'une section - si courte soit-elle - de 25 kV en voirie. Compte tenu de la configuration du raccordement à la voie ferrée, ce point est loin d'être anodin.

Donc en résumé : 750 V, c'est de la solution de facilité, mais pour le tram-train seul. Le 1500 V crée une compatibilité toute théorique avec les trains, mais sans cohérence à l'échelle de l'étoile de Nice. Le 25 kV est la solution cohérente avec le réseau ferroviaire... au prix d'une forte contrainte de conception du projet de tram-train. Dernière solution : un tram-train sur batteries. Une façon habile de contourner le problème ?

  • Quelle desserte pour Drap-Cantaron ?

La ligne Nice - Breil est équipée en BAPR simplifié et l'un des points assez dimensionnant sera d'évaluer le nombre de circulations supplémentaires acceptables au-delà des sillons utilisés pour la desserte de l'arrière-pays, avant de devoir passer par la case des investissements. 

Question subsidiaire : quelle attractivité de la desserte dans l'équilibre fréquence / temps de parcours ? Ce qui pose la question de la desserte urbaine de ce projet.

  • Quel matériel pour quelle desserte urbaine ?

Il faudra disposer d'un matériel de compromis entre les besoins d'une ligne de tramway très urbaine à fort trafic, y compris sur du cabotage de quelques stations, et un tram-train qui généralement comprend moins de portes, plus de places assises, et exporte des contraintes ferroviaires sur l'architecture du matériel, en particulier les bogies. Le Dualis de ce point de vue n'est pas une réussite, impliquant une qualité de maintenance de la voie habituellement resquise sur des lignes empruntées par des trains à 200 ou 220 km/h : bref pas vraiment la quotidien d'une ligne de desserte fine du territoire !

Conclusion provisoire : il faut une bonne dose d'audace pour oser se lancer dans l'aventure du tram-train...

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Nancy : essai d'un trolleybus Créalis

Iveco Bus réalise des essais de fonctionnement de son nouveau trolleybus Crealis à recharge dynamique (In Motion Charging) sur le réseau de Nancy, avec l'accord de l'exploitant. L'objectif est d'abord de tester les conditions d'exploitation sur des profils variés. Lyon, Saint Etienne et Limoges auraient aussi pû se prêter à de tels essais. Mais on peut supposer qu'Iveco Bus essaie par la même occasion d'intéresser Nancy à son produit. Plusieurs villes françaises semblent étudier la solution du trolleybus, au-delà de celles déjà équipées de bifilaires... Alors qui sait : Nancy pourrait peut-être en faire partie pour compléter efficacement l'armature de base ayant vocation à être assurée par tramway.

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26 mai 2019

Bruxelles : première levée d'options pour le nouveau Flexity

Alors que la nouvelle génération de matériel a été présentée en maquette au cours des cérémonies des 150 ans des tramways bruxellois, une première levée d'options a été notifiée à Bombardier par la STIB. La commande est ainsi portée de 60 à 90 rames et son coût porté de 169 à 236 M€. Pour mémoire, le volume maximal du marché est de 175 rames. Si les premières livraisons sont attendues mi-2020, la première rame de cette tranche optionnelle devrait arriver vers 2023. Assurément, les PCC n'y survivront pas, et on peut se demander si les 2000, mal aimées de l'exploitant, ne vont pas elles aussi être impactées...

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24 mai 2019

Amiens : premier BHNS électrique par biberonnage en France

Mis en service le 11 mai dernier, le BHNS Nemo de l'agglomération d'Amiens se distingue à plusieurs égards. D'abord, il a pris la succession d'un projet de tramway insuffisamment soutenu localement, torpillé après l'alternance politique des élections municipales de 2014. Ensuite, Il s'agit d'un réseau composé de 4 lignes, entrainant une restructuration plus large de la desserte de l'agglomération. C'est aussi le premier BHNS électrique fonctionnant avec un dispositif de biberonnage en station, déjà expérimenté à Genève sur la ligne 23 et introduit en fin d'année dernière sur la ligne 17 à Berne (projet TOSA). Enfin, c'est la première exploitation commerciale à grande échelle d'autobus Irizar, dans la version articulée ie.tram18.

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Borne de recharge des batteries en station. Les conducteurs bénéficient d'une assistance pour lever le pantographe de captage pendant l'arrêt. (cliché X)

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Devant la gare d'Amiens, dont la place avait été transformée voici une bonne décennie. L'allure de ces véhicules n'est pas sans rappeler le tramway de Tours... mais sans recours à un designer célèbre. (cliché X)

D'une longueur de 18,73 m, les 43 véhicules commandés disposent de 32 places assises et de 4 portes. La porte avant est à vantail unique de 80 cm d'ouverture et les autres portes à 2 vantaux procurent une ouverture de 1,20 m.

La motorisation est founie par Alconza, filiale du groupe Irizar, d'une puissance de 235 kW et développant un couple maximal de 2300 Nm. Les batteries lithium-ion  nécessitent un temps de charge d'environ 5 minutes pour une puisssance maximale de 500 kW.

Les conducteurs sont assistés par un système embarqué pour l'accostage aux points de rechargement afin de positionner le pantographe, dissimulé dans le caréange de la toiture, . Ce guidage optique permet de corriger la trajectoire du bus pour que celui-ci se positionne au mieux sous le point de captage du courant. D'autres opérateurs ont fait le choix inverse avec des pantographes sur la borne de recharge qui descendent sur une zone de captage installée en toiture.

Jusqu'au 16 juin, le service est gratuit... le temps de roder le nouveau système, que les conducteurs s'habituent à ce nouveau type de véhicules. Irizar doit également achever la livraison des véhicules et fiabiliser le système de rechargement qui a causé quelques tracas les premiers jours avec de notables perturbations du service.

L'un de nos lecteurs nous a transmis (merci à lui) ses premiers commentaires :

  • actuellement, un tiers du parcours prévu d'être équipé en BHNS bénéficie d'un site propre, les équipements en station sont encore en cours d'installation et certains arrêts n'ont même pas encore d'abri ;
  • la ligne n4 est exploitée pour l'instant en bus articulés avec une livrée spécifiques. L'équipement BHNS est en cours mais les bus circulent actuellement au milieu des voitures ;
  • des déviations ont été mises en place sur les lignes n2 et n3 en raison de dysfonctionnements sur le site propre conxernant soit la gestion d'une section à voie unique soit les barrières de protection du site propre ;
  • le carrefour à l'ouest de la station Polycliniques vers Promenade se retrouve encombré par le bus en attente d'ouverture de son signal ;
  • quand ils fonctionnent, les ie.tram 18 sont assez performants, l'intérieur est lumineux. La Métropole a fait le choix de sièges en plastique pour l'hygiène ;
  • le libre-accès par les 4 portes améliore les temps de stationnement aux arrêts ;
  • certains regroupements de correspondances s'avèrent peu efficaces (Tanneurs, La Veillère et Vogel regroupés à l'arrêt Vogel).

Nous reviendrons ultérieurement sur Nemo (quand nous trouverons le temps d'aller faire un tour à Amiens...).

Irizar produira également les autobus électriques de Aixpress, le BHNS d'Aix en Provence, tandis qu'une autre nouveauté se profile avec Fébus, le BHNS de Pau, qui sera exploité avec des bus munis d'une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène, fournis par Van Hool.

Dans tout ce foisonnement technologique, Saint Etienne fera preuve de classicisme (et de prudence) avec l'arrivée des nouveaux trolleybus Solaris... tandis qu'on attend le résultat de la commande de 20 trolleybus articulés à Lyon.

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13 mai 2019

Nantes : la jonction des lignes 1 et 2 avance... doucement

Jusqu'au 14 juin, la métropole nantaise mène une phase de concertation sur un projet déjà ancien prévoyant la jonction au nord de l'agglomération entre la ligne 1 et la ligne 2 des tramways. Déclaré d'utilité publique en 2010, il a été instruit conjointement au tram-train Nantes - Châteaubriant. Sur la ligne 1, une première étape a été réalisée avec l'antenne Haluchère - Ranzay, en service depuis 2012.

La concertation engagée porte sur une nouvelle étape de ce projet, prolongeant l'antenne Ranzay de la ligne 1 jusqu'au pôle d'échanges de La Babinière, déjà desservi par la liaison Nantes - Châteaubriant, en empruntant le pont de La Jonelière prédisposé pour accueillir la ligne de tramway à côté du tram-train. Il est aussi prévu de réaliser un nouvel atelier de maintenance, car les sites de Dalby, Saint Herblain et La Trocardière sont en limite de capacité. Le développement du réseau et le renouvellement des TFS par de nouvelles rames de 48 m nécessite donc un nouveau site, solution privilégiée à l'adaptation des ateliers existants.

Le prolongement de la ligne 1 à La Babinière est évalué à 29 M€ et la réalisation du complexe comprenant le pôle d'échanges, le parc-relais et l'atelier de maintenance à plus de 95 M€.

La dernière section entre La Babinière et la station Recteur Schmitt de la ligne 2 n'est pas encore programée. Elle est pourtant nécessaire pour faciliter l'accès aux universités sans avoir à transiter par la place du Commerce en venant de l'est de l'agglomération.

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Lille : le nord-est de la Métropole aimerait bien des tramways

Le Conseil Métropolitain du 28 juin prochain pourrait être décisif pour l'évolution du réseau de transports urbain de la Métropole lilloise puisque le Schéma Directeur des Infrastructures de Transport devrait y être mis au vote après une période de concertation de 2 mois qui s'est achevée mi-avril.

Le débat devient plus politique puisque 12 élus de l'agglomération proposent de développer le réseau de tramways, en s'appuyant sur les branches existantes du Mongy et la création d'une nouvelle ligne de rocade entre Neuville en Ferrain et Hem, connectée par le prolongement de la ligne de Tourcoing jusqu'à la gare et de la ligne de Roubaix jusqu'à Wattrelos.

Cela correspond, dans les grands principes à la proposition émise par transporturbain en utilisant les emprises ferroviaires inutilisées pour créer à moindres frais de nouvelles lignes de tramways à vitesse commerciale soutenue. Pour la tangentielle, il serait même possible de l'amorcer à Halluin et de l'envoyer au sud jusqu'à Lys lès Lannoy. Le tracé suggéré - à gros traits - par les élus semble desservir Tourcoing par l'est, alors que notre suggestion, attachée aux installations existantes, suggère plutôt de desservir l'ouest de la commune... mais il est possible d'aboutir à une synthèse :

  • réaliser une tangentielle rapide, utilisant au maximum les emprises ferroviaires délaissées et disposant d'un maximum de correspondances : tramway T (station Ma Campagne), métro 2 (stations Mercure, Alsace, Eurotéléport), tramway R (Eurotéléport) ainsi qu'un tronc commun jusqu'à l'entrée de Wattrelos. On notera qu'une correspondance avec le train à Roubaix serait possible moyennant réaménagement de la gare (accès par l'extrémité nord des quais) ;
  • proposer un service Gare de Tourcoing - Halluin, par la réalisation d'un raccordement avec le Mongy à hauteur de la station Ma Campagne, cette ligne pouvant être prolongée vers les quartiers Est de Tourcoing, sur les chaussées Marcellin Berthelot, Pierre Curie et Gramme pour rejoindre la station de métro Pont de Neuville.

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Ces deux lignes proposeraient un service toutes les 10 minutes, profitant donc surtout à la section nord entre Halluin et Tourcoing. Au sud, la desserte de Roubaix étant déjà centrale, on pourrait imaginer un renforcement de la desserte entre Lys et Eurotéléport pour aboutir à une fréquence similaire.

On notera aussi que l'idée d'un tramway à la place du train vers Comines semble faire son chemin : la maire de Lille s'y rallie mais évoque pour l'instant un tracé qui ne ferait que contourner le centre de Lille. A transporturbain, notre proposition préconise au contraire la desserte de la citadelle, du boulevard de la Liberté et du quartier Saint Sauveur, pour compléter le maillage du métro. Quoi qu'il en soit, le point le plus délicat de ce projet résidera toujours dans la section entre Saint André et le franchissement de la Deûle. Civiliser le double échangeur du pont Royal ne serait quand même pas une mauvaise chose...

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10 mai 2019

Bruxelles : festivités royales pour les 150 ans des tramways

Un menu exceptionnel

Inaguration royale pour les 5 jours de la Fête de l'Iris, largement consacrée cette année aux 150 ans du réseau de tramways de Bruxelles (auxquels il faudra que nous consacrions un dossier en complément de celui que nous vous proposons sur le métro). Le Roi des Belges était présent pour lancer l'exposition et le défilé de la quarantaine de véhicules. 

La journée du premier mai restera certainement dans les mémoires avec une foule nombreuse - environ 50 000 personnes selon la presse belge -  et enthousiaste le long du parcours des festivités. La cavalcade avec une trentaine de tramways du MTUB et de la STIB s'est déroulé entre la place Royale et la basilique Sainte Marie.

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Bruxelles - Place Royale - 5 mai 2019 - Toute l'évolution technique du tramway était représentée, y compris cette locomotive à vapeur venue musée du tramway vicinal de Thuin (ASVI). Construite par les usines Tubize, elle a été mise en 1888. © transporturbain

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Bruxelles - Place Royale - 4 mai 2019 - Continuons avec les vicinaux à voie métrique, avec la motrice type N n°10480 de 1954, matériel moderne qui assura le service interurbain, notamment autour de Bruxelles, jusqu'au milieu des années 1970. © transporturbain

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Bruxelles - Place de la Reine - 5 mai 2019 - La rame Flexity n°3150 a été pelliculée pour les 150 ans du tramway avec trois livrées différentes : le marron chocolat des Chemins de Fer Economiques, le vert des Tramways Bruxellois et le jaune historique de la STIB. © transporturbain

Qu'importe la météo, pourvu qu'on s'amuse !

Dimanche 5 mai, à partir de midi, les tramways du MTUB ont repris possession de l'axe Basilique Sainte Marie - Parc - Place Royale - Place Louise - Legrand pour des circulations publiques (plus ou moins arrosées) : l'affluence dans les différentes motrices, de 1895 à 1962 réchauffait l'ambiance polaire qui régnait sur la ville, et il faut saluer le courage des conducteurs des motrices les plus anciennes, soumis au froid et à la pluie (entre deux rayons de soleil).

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Bruxelles - Place Royale - 5 mai 2019 - La motrice n°346 de 1903 illustre l'électrification des réseaux de tramways. Motrice à deux essieux avec une disposition atypique comprenant, outre les deux plateformes ouvertes, un compartiment fermé de première classe et une partie ouverte de seconde classe. Les conducteurs ont vaillamment affronté les intempéries qui ont émaillé le week-end... © transporturbain

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Bruxelles - 5 mai 2019 - La motrice n°984 des Tramways Bruxellois de 1906 améliore - un peu - le confort des wattmen avec un pare-brise. Les voyageurs de seconde classe sont aussi abrités. Cette motrice a été restaurée dans son état d'origine puisqu'à partir de 1914, elle a revêtu la livrée jaune primerose. © transporturbain

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Bruxelles - Avenue Louise - 5 mai 2019 - Autre matériel emblématique, les motrices série 5000, arrivées en 1935 pour l'Exposition Internationale, incarnent le tournant de la modernité avec une caisse plus longue, reposant sur deux bogies, un receveur à poste fixe. Les portes pneumatiques sont arrivées ultérieurement. Elles ont circulé jusqu'en 1976. © transporturbain

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Bruxelles - Rue Royale - 5 mai 2019 - La modernisation du parc par la STIB fondée en 1954 a donné naissance à la série 9000 en 1960, réutilisant le châssis des motrices Standard de 1929-1933, sur lequel une nouvelle caisse proche des PCC a été montée... mais avec un important porte-à-faux générant un fâcheux mouvement de tangage. Il s'agit des premières motrices conçues pour le service à agent seul. © transporturbain

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Bruxelles - Rue Royale - 5 mai 2019 - Croisement de génération : la motrice n°1305 des TB, de la série livrée entre 1906 et 1914, croise l'icône de la modernisation du réseau dans les années 1950 avec la première série de PCC, les 7000, apparues en 1951 et ici illustrée dans la livrée au début des années 1990. Version belge du concept développé aux Etats Unis au début des années 1930, elles ont été révolutionnaire par leurs accélérations fulgurantes et leur extraordinaire qualité de roulement. © transporturbain.

Le roi dévoile la nouvelle génération de tramways

La nouveauté, c'est la présentation de la maquette grandeur nature de la nouvelle génération de Flexity, commandées à 182 exemplaires auprès de Bombardier, afin de renouveler le parc, notamment les PCC et probablement les 2000, série mal-aimée, quoique datant du début des années 1990, mais aujourd'hui insuffisamment capacitaires en plus d'être d'une fiabilité médiocre.

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Bruxelles - Place Royale - 5 mai 2019 - Evolution de style en apparence, mais les 3200 reposeront sur la version 2 du Flexity de Bombardier. Espérons que la qualité de roulement soit au moins équivalente à celle de la première génération (ex-Cityrunner). © transporturbain

Plus de photos dans ce dossier de transporturbain.

Bruxelles remporte le concours européen de conduite de tramway : quelle surprise !

Cet Eurovision des tramways se tenait samedi 4 mai sur la rue Royale, a été remporté par... la STIB dans la catégorie du concours général, mais le titre de meilleur conducteur a été décerné à Luxembourg, ce qui montre que l'ancienneté du réseau ne fait pas nécessairement la qualité de la conduite puisque la ligne du Grand Duché a été mise en service voici un peu plus d'un an.

La RATP, représentante française, se classe dans le peloton de queue, en 21ème position sur 25 candidats. D'après les équipes bruxelloises qui ont accompagné les parisiens en reconnaissance sur le réseau, ces derniers ont quelque peu pâli en voyant les conducteurs foncer à 50 km/h dans des rues étroites, avec peu de feux de signalisation, le tout en mélange parfois complet avec la circulation automobile.

Posté par ortferroviaire à 13:13 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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