24 février 2019

Et on reparle d'un tramway à Annecy

Dans une agglomération de 205 000 habitants et un bassin de vie de 320 000, dans un contexte dominé par l'environnement montagneux, la maîtrise du flux automobile devient un sujet de préoccupation grandissant : mieux vaut tard que jamais.

L'agglomération d'Annecy va donc lancer les études pour évaluer la faisabililté d'un réseau de tramways, semblant mettre de côté la perspective d'un BHNS dont il était question depuis plusieurs années. Néanmoins, ce n'est pas la première fois qu'Annecy évoque l'hypothèse d'un tramway sur son territoire. Il était un des sujets de la campagne électorale en 2008, en lien avec la candidature de la ville aux Jeux Olympiques, mais encore récemment, le maire de la ville le considérait comme surdimensionné, privilégiant la solution par BHNS. Une première section a été aménagée en 2016 avec une nouvelle ligne 7 reliant la gare d'Annecy à la zone commerciale Grand Epagny.

Un autre projet a été soumis l'automne dernier à une phase de concertation publique, prévoyant un BHNS sur la rive Ouest du lac d'Annecy, vers Sevrier et Faverges, circulant majoritairement en site propre jusqu'à Duingt, couplé à un tunnel routier sous le Semnoz. Le BHNS proposerait un service toutes les 10 minutes jusqu'à Duingt (service urbain du réseau Sibra) couplé à la ligne régionale Annecy - Albertville. Le temps de parcours de la gare d'Annecy à Duingt serait de l'ordre d'une demi-heure pour 12 km. Le coût de cet aménagement est évalué à 68 M€. Le tunnel sous le Semnoz atteindrait pour sa part 350 M€.

Le débat autour de ce projet de tunnel est assez vif. Le trafic routier est important sur la RD1058, supérieur à 25 000 véhicules / jour, et la réduction de l'espace dévolu à la voiture suscite des crispations, avec pourtant des enjeux de qualité de l'air dans cette région montagneuse et de surcroît dans une ville très touristique. Le développement des transports en commun autour du lac d'Annecy est donc un enjeu environnemental, de qualité de vie et de santé publique. Comme dans bien d'autres agglomérations de taille moyenne, leur pertinence est remise en cause, malgré les difficultés croissantes de circulation et les dérives d'une fuite en avant par de nouvelles infrastructures.

130818_7gare1

Annecy - Place de la gare - 13 août 2018 - La ligne 7 bénéficie d'aménagements réservés, constituant le premier BHNS de l'agglomération. Cependant, l'appréciation est assez mitigée. Le choix d'un axe vers une grande zone commerciale n'était peut-être pas le plus judicieux. © transporturbain

Il n'y a pas à ce stade de projet stabilisé, mais la recherche de corridors qui pourraient être équipés. L'agglomération s'intéresse notamment à un axe nord-est - sud-ouest entre la zone d'activités des Glaisins et Seynod passant par l'IUT. Il est aussi question d'un axe vers le nord, vers Pringy, afin de desservir le pôle hospitalier.

L'expérience de Besançon semble intéresser l'agglomération, mais compte tenu des précédents, il semble totalement prématuré de conclure sur l'engagement d'un projet de tramway à Annecy.

130818_6pont-chappuis2

Annecy - Quai Chappuis - 13 août 2018 - Un Urbanway sur la ligne 6 franchit le Thiou. Le désengorgement de la rive Ouest du lac d'Annecy est un enjeu fort avec des crispations quant aux solutions à mettre en oeuvre : l'attachement à la voiture reste encore très prégnant... © transporturbain

En revanche, le projet localement soutenu par l'Association Rail Dauphine Savoie Léman d'une ligne de tramway interurbaine sur l'emprise de l'ancienne voie ferrée Annecy - Albertville, en partie reconvertie en piste cyclable, ne semble pas intéresser l'agglomération. L'association rappelle que son projet coûte moins cher que l'addition tunnel du Semnoz + BHNS (270 M€ contre 418 M€) pour une capacité bien supérieure.

Posté par ortferroviaire à 20:41 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

10 janvier 2019

Quelles nouveautés en 2019 ?

Pour cette nouvelle année, on compte pas moins de 13 nouveautés sur les réseaux de tramways français.

Au chapitre des nouveaux réseaux, Avignon rejoindra le club des villes avec tramways. Non sans mal compte tenu des oppositions politiques qui ont failli faire capoter le projet. Si minime soit-elle, l'amorce d'un réseau plus consistant sera bien mise en service cet été avec une ligne entre la gare centrale et la zone commerciale Saint Chamand. Le tramway sera accompagné de 2 lignes de BHNS Hôpital - Le Pontet centre commercial et Agroparc - Porte Saint Lazare.

Autre tête d'affiche de l'année 2019, Caen, première ville qui rentre dans le rang de la normalité après son égarement pneumatisé. On notera tout de même qu'il se sera au final écoulé à peine plus de 18 mois entre l'arrêt de l'exploitation du TVR et la mise en service du vrai tramway qui le remplacera sans aucun doute très avantageusement !

Bordeaux mettra enfin en service la section Quinconces - Eysines Cantinolle de la nouvelle ligne D, qui aura pour terminus la station Carle Vernet, actuellement utilisé par l'un des services partiels de la ligne C. Les voyageurs de la ligne D auront donc un accès direct à la gare Saint Jean. En revanche, l'intervalle sera déséquilibré sur la ligne C, qui sera pour sa part prolongée du lycée Vaclav Havel à la station Pyrénées, toujours sur la route de Toulouse mais juste après la rocade A630.

Lyon mettra en service la ligne T6 entre Gerland Debourg et le pôle hospitalier Lyon Est, dont il est déjà acquis qu'elle sera prolongée ensuite jusqu'au quartier central des Gratte-Ciel de Villeurbanne, les études pour rejoindre T1 et T4 à La Doua se poursuivant.

De son côté, le réseau de Nice bénéficiera d'une troisième ligne entre l'aéroport et Saint Isidore, maillant les deux branches de la ligne T2, qui sera achevée en deux étapes, d'abord à Jean Médecin (en juin) et au port (en septembre).

Strasbourg, la ligne E sera prolongée dans le quartier de Robertsau jusqu'à la rue de la Papeterie, achevant la ligne de rocade maillé aux lignes A, B, C, D et F du réseau.

A Saint Etienne, la ligne T3 Bellevue - Châteaucreux sera prolongée par la nouvelle section desservant le quartier du Soleil et le stade Geoffroy Guichard jusqu'à la rue Bergson, pour rejoindre les voies de T1 et T2 afin d'effectuer son terminus à Terrasse. Il faudra être par conséquent attentif, puisqu'on pourra rejoindre, depuis Terrasse, emprunter les 3 lignes du réseau pour rejoindre le centre de Saint Etienne, mais avec deux itinéraires possibles.

A Grenoble, la ligne A desservira le nouveau terminus Pont de Claix Flotibulle, au droit de la ligne Grenoble - Veynes et juste devant l'espace Histobus dauphinois.

Après le prolongement de la ligne 3 du réseau de Bâle jusqu'à la gare de Saint Louis, c'est au tour des tramways de Genève de franchir la douane de Moillesulaz : la ligne 12 viendra à Annemasse d'abord jusqu'au parc Montessult. L'achèvement de la ligne jusqu'au lycée des Glières est prévu l'année prochaine.

Enfin, en Ile de France, deux extensions seront mises en service dont nous avons déjà parlé dans les colonnes de transportparis.

L'année 2019 sera marquée par la mise en service de plusieurs BHNS :

  • la deuxième ligne du réseau de Nîmes (rappelons qu'il fut un temps question d'un tramway sur cet axe) ;
  • les deux premières lignes du réseau Artois Gohelle (où il fut aussi envisagé un tramway), avec les liaisons Béthune - Bruay et Lens - Hénin-Beaumont soit 50 km de parcours ;
  • le BHNS de Pau entre la gare et l'hôpital, prévu en septembre, avec des bus articulés munis d'une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène ;
  • le Tram'bus de Bayonne (appellation locale du BHNS) ;
  • la liaison Aixpress à Aix en Provence avec des bus électriques à batteries ;
  • les 4 lignes du réseau d'Amiens (qui succède lui aussi à un projet de tramway), prévues fin mars ;
  • la 4ème ligne de TEOR à Rouen entre le Zénith et Boulingrin ;
  • le BHNS d'Angoulême, d'une vingtaine de kilomètres, s'appuyant sur 5,5 km d'aménagements spécifiques ;
  • 3 nouvelles lignes Lineo à Toulouse, mais qui ne sont pas forcément éligibles au qualificatif de BHNS par la consistance limitée de leurs aménagements ;
  • la 1ère section du BHNS de Sophia-Antipolis.

Merci à nos lecteurs qui ont permis de compléter cette liste !

Posté par ortferroviaire à 19:04 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , ,
19 novembre 2018

Amiens : début des essais des bus électriques

Le réseau de BHNS amiénois baptisé Nemo sera mis en service au mois de mars prochain mais les deux premiers autobus articulés "ie tram" du constructeur espagnol Irizar, livrés début novembre, débutent leurs essais, notamment pour vérifier la compatibilité entre le véhicule et les bornes de recharge des batteries implantées sur le parcours. Ensuite, d'autres essais plus conventionnels vont être menés, pour tester la conformité du gabarit sur les voiries réaménagées, le système de priorité aux carrefours, le tout avec une formation des conducteurs, moins pour la maîtrise des bus articulés (qui existent déjà de longue date à Amiens) mais surtout pour appréhender la conduite d'un véhicule électrique (le trolleybus à Amiens, c'est une histoire révolue depuis 1964) et  surtout la procédure d'accostage pour la recharge des batteries pendant les arrêts.

amiens-bhns

Présentation des autobus électriques ie tram produits par le constructeur espagnol Irizar, également lauréat des projets de BHNS d'Aix en Provence et de Bayonne. Le matériel amienois se caractérise par des sérigraphies sur les côtés du véhicules et un liseré rouge qui égaie une livrée un peu sombre... (cliché X)

Posté par ortferroviaire à 09:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
12 septembre 2018

Un BHNS à Fort de France

Voici un mois, a été inauguré le premier BHNS installé dans une agglomération des outre-mer, à Fort de France. Long de 13,9 km et en site propre sur la totalité du parcours, le tracé comprend 18 stations.

Le projet remonte au début des années 1990, avec le constat d'un nombre sans cesse croissant de voitures vers Fort de France, sur un réseau limité : la seule autoroute des outre-mer français se trouve saturé avec plus de 120 000 véhicules / jour. L'hyperconcentration urbaine de la Martinique conjuguée à un modèle urbain aux déplacements fondés sur la voiture a donc fait émerger le besoin d'une rupture avec la mise en oeuvre d'une offre plus attractive de transports en commun et d'une meilleure coordination entre les collectivités locales, pour aboutir à la formation de la Communauté d'Agglomération du Centre de la Martinique.

Le BHNS, d'orientation principale ouest-est comprend un tronc commun et deux antennes à l'est avec un intervalle de 7 min 30 en semaine sur le tronc commun et de 15 minutes sur les deux branches. Le samedi, la desserte est allégée avec un intervalle de 10 minutes sur le tronc commun... et de 25 minutes le dimanche avec de surcroît un dernier départ à 18h15 des terminus extérieurs.

BHNS-fdf

BHNSfdf-almadies

Le terminus Almadies du BHNS martiniquais, avec ses Exquicity 24 mètres misant sur un important nombre de places assises pour attirer un maximum de voyageurs, tout en préservant une capacité totale élévée pour limiter le trafic automobile. © F. Fèvre

TCSP-Mozaik-bus1

Aménagement intérieur des Exquicity vu depuis la première porte : la disposition intérieure mise sur un niveau de confort élevé pour un autobus afin d'inciter les martiniquais à lâcher un peu la voiture... (document Mozaïk)

TCSP-Mozaik-bus2

TCSP-Mozaik-bus3

Présentation dans le nouveau dépôt spécialement aménagé des Exquicity dont on note la diversité des couleurs. (document Mozaïk)

Le service est assuré avec 14 Exquicity hybrides en version bi-articulée, dont 10 actuellement nécessaires pour assurer le service, avec une réserve tout de même assez généreuse.

Le projet d'un coût total de 380 M€ a fait l'objet d'un partenariat public-privé entre la Région Martinique et Vinci sur une durée de 20 ans à compter du 21 novembre 2013 sur un périmètre représentant 200 M€ d'investissement portant sur la transformation des échangeurs autoroutiers, des ouvrages d'art pour l'insertion du BHNS au centre de la voie rapide, la requalification du fond de mer, l'aménagement des stations, le dépôt et les 14 Exquicity. Ce partenariat est l'issue choisie en 2013 par la Région pour mettre fin à la dérive du calendrier du projet qui aurait dû être achevé en 2011, qui mettait en péril la subvention de l'Union Européenne.

Désormais, les habitants de Fort de France ont à découvrir ce nouveau service, mais le démarrage après un mois d'exploitation semble des plus timides. Il n'est effectivement pas facile de faire oublier un tel passif...

 

Posté par ortferroviaire à 19:54 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,
04 septembre 2018

Limoges commande de nouveaux trolleybus

Mais que se passe-t-il dans le petit monde du transport urbain ? Le trolleybus serait-il en train d'être - enfin - considéré comme une solution pertinente face aux autobus sur batteries ?

Trolleybus IMC : Limoges devant Saint Etienne

Le 17 juillet dernier, nous vous annoncions le lancement de l'appel d'offres pour 25 véhicules à Saint Etienne, mais la plus fidèle des villes françaises au trolleybus lui dame discrètement le pion : Limoges a en effet désigné Iveco Bus et son Créalis pour une commande de 2 trolleybus articulés (en remplacement d'une option de Swisstrolley4) et une tranche optionnelle de 4 véhicules. Livraison prévue en avril prochain. L'appareillage électrique sera fourni par Skoda Electric, dans le cadre du partenariat industriel avec Iveco Bus. Ils viendront compléter le parc actuel comprenant 27 Cristalis ETB12 (en rénovation) et 4 Swisstrolley4 articulés.

CrealisIMC-limoges

Limoges aura donc le bénéfice du premier réseau français exploitant des trolleybus de nouvelle génération dits In Motion Charging, c'est à dire à recharge en ligne de batteries pour circuler hors du réseau de bifilaires, sur une distance maximale de 15 km. On se souvient que la municipalité avait un temps critiqué l'existence des trolleybus et la pollution visuelle des lignes aériennes, mais l'attachement des limougeauds à ce mode de transport semble avoir tempéré les ardeurs des élus qui, manifestement, semblaient n'avoir d'yeux que pour l'autobus hybride.

Finalement, la nouvelle génération de trolleybus renoue avec un principe simple fondé sur un chassis et une carrosserie issue des autobus. Pour Iveco Bus (ex-Irisbus, ex-RVI), la page du Cristalis trop complexe est donc tournée : la nouveauté se situe réellement sur la motorisation et le dispositif d'autonomie s'affranchissant du moteur thermique apparu en France en 1977 avec les ER100... mais rappelons que dès le début des années 1950, les trolleybus Jacquemond étaient dotés de batteries (d'autonomie nettement plus faible cependant).

BHNS de Limoges : une suite logique pour le réseau de trolleybus

Au passage, on en profitera pour suggérer d'examiner sérieusement l'évolution du projet de BHNS de Limoges afin d'envisager son exploitation par trolleybus, puisque environ le tiers du parcours des deux lignes (d'une longueur totale de 22,5 km) s'effectuera sur des artères déjà équipées de lignes aériennes (utilisées par les lignes 1, 2 et 6). Il est question de véhicules électriques mais il n'est pas fait mention explicite au trolleybus.

BHNS-limoges-trolleybus

Le bouclage par lignes aériennes entre les places Jourdan et Carnot semble s'imposer avec évidence. On notera aussi que la section à l'ouest, au Val de l'Aurence, n'est pas définie, mais qu'elle pourrait par exemple utiliser la section actuelle de la ligne 6. Le schéma retenu par le projet de BHNS est donc intrinsèquement compatible avec la nouvelle génération de trolleybus en lissant l'investissement en lignes aériennes et en autorisant des extensions au-delà des installations existantes : on prendra pour seul exemple la desserte de Panazol, qui pourrait être assuré par trolleybus mais en autonomie.

Profitons-en pour rappeler aussi les dossiers de transporturbain sur le trolleybus et le principe du BHNS.

Posté par ortferroviaire à 14:15 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

09 juin 2018

Nice : le nouveau tram se prépare

Baptisé Charles Ginésy, le nouveau centre de maintenance des lignes 2 et 3 du réseau de tramway de Nice a été inauguré le 4 juin dernier. Il porte le nom d'un ancien président du Conseil Général des Alpes-Maritime, réputé bâtisseur mais surtout connu pour ses grands travaux routiers.

A cette occasion, le calendrier de mise en service a été précisé : c'est donc bien le 30 juin prochain qu'ouvrira la première section aérienne de la ligne T2 entre le carrefour de Magnan et la plaine du Var, au CADAM. Ce sera d'ailleurs une des rares nouveautés de l'année 2018 en la matière, avec le prolongement du T3b à Paris.

Ensuite, T2 atteindra l'aéroport à la fin de cette année. Le port Lympia sera desservi à l'automne 2019, après l'achèvement des travaux du tunnel et, dans la foulée, le tramway atteindra le stade niçois de l'Allianz Riviera. Au total, 11,3 km avec 20 stations dont 4 souterraines formeront cette nouvelle ligne, comprenant un tronc commun du port à la gare Saint Augustin et deux antennes, vers l'aéroport et la plaine du Var. Coût du projet : 780 M€, soit plus de 330 M€ de dépassement par rapport au premier projet, qui ne prévoyait pas de section souterraine. Autre dépassement, celui du délai, puisque la mise en service était initialement envisagée en 2016.

trace-ligne-2-tramway-nice

Le tracé de cette ligne donna lieu à des tergiversations, y compris une éphémère proposition de transit par la Promenade des Anglais, ce qui, hormis l'effet d'image, n'avait aucun intérêt pour les niçois. Il faut bien admettre que ce tunnel procurera en principe une bonne vitesse commerciale et devrait faciliter les extensions à l'ouest : avec un temps de parcours de 26 minutes, la vitesse moyenne sera de 26 km/h, ce qui est très élevé pour un réseau urbain. Les prévisions de trafic tablent sur 140 000 voyageurs par jour à l'achèvement de la ligne T2

travaux-tunnel-nice

Le tunnelier a achevé sa mission et a été démonté en février 2018. L'équipement du tunnel se poursuit avant les essais et l'homologation de l'ouvrage. Le tramway atteindra le vieux port niçois dans 15 mois environ. (photo tramway de Nice)

Rappelons que la deuxième ligne niçoise innovera avec ces rames Alstom Citadis type 405 : ce sont les premières de la nouvelle génération sur bogies Ixège, et elles sont équipées d'un système de recharge en station pendant 20 secondes, lui permettant de s'affranchir d'une ligne aérienne sur la section en voirie : la section en tunnel sera pour sa part classiquement alimentée par fil aérien.

En revanche, la mise en exploitation le 30 juin s'annonce d'autant plus partielle que seules 5 rames seront disponibles sur les 8 contractuellement prévues : Alstom reconnait un retard de près de deux mois en raison de difficultés avec un fournisseur. Comme la ligne 2 est isolée de la ligne 1, et de surcroît alimentée uniquement par le SRS (Système de Recharge en Station), les premiers mois s'annoncent donc tendus...

A l'occasion de cette inauguration, deux nouvelles perspectives ont été tracées : le prolongement de la ligne 3 du stade au pont de La Manda à Carros, pour la connexion aux Chemins de fer de Provence d'une part, et la poursuite de la ligne 2 vers Saint Laurent du Var puis Cagnes sur mer.

En revanche, le prolongement de la ligne T1 vers le quartier de L'Ariane est remis en cause puisque la Métropole annonce le lancement d'un plan de conversion de plusieurs lignes de bus au BHNS, en commençant par cet axe. L'argument avancé est un délai de mise en oeuvre plus rapide. Et puis un moindre coût ?

Posté par ortferroviaire à 20:27 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Clermont-Ferrand : le BHNS électrique plutôt que le tramway

Les nouvelles lignes de TCSP dans l'agglomération clermontoise seront équipées de BHNS électriques. L'hypothèse d'un tramway sur la deuxième ligne, qui aurait probablement emporté la conversion de la ligne de Translohr, semble donc abandonnée... mais l'avenir du tramway sur pneus reste toujours incertain.

L'argumentaire met en avant la possibilité de réaliser deux nouvelles lignes pour le même prix. La première, d'orientation est-ouest, reliera le centre de Royat à l'aéroport d'Aulnat sur un tracé long de 11 km. Elle reprend l'itinéraire de l'actuelle ligne B du réseau clermontois. La seconde, d'une longueur de 17 km, amorcée au quartier des Tamaris à Clermont-Ferrand, rejoindra le lycée de Cournon d'Auvergne, couvrant le secteur sud-est de l'agglomération. Elles seront majoritairement en site propre avec priorité aux carrefours. Les modalités de traction électrique ne sont pas encore connues, entre charge au terminus, en ligne ou au dépôt.

TCSPclermont

L'objectif de la métropole clermontoise est d'atteindre 52 millions de voyageurs en 2032 contre 33 actuellement, avec un investissement évalué à 240 M€ comprenant les sections en site propre, le matériel roulant et la restructuration du réseau de bus associé, avec une dépense annuelle supplémentaire de 9 M€ par an pour l'exploitation.

Notre dossier sur le Translohr de Clermont-Ferrand.

Posté par ortferroviaire à 17:02 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,
29 mars 2018

Nimes : premiers essais du Trambus2

Nîmes Métropole dispose d'une première ligne de BHNS de 7,2 km et 14 stations reliant l'écusson central à l'échangeur de Caissargues donnant accès à l'A54. Le projet avait été initié en 2004, un an après l'adoption du Plan de Déplacements Urbains. Le processus fut assez laborieux car la mise en service n'est intervenue que le 29 septembre 2012 sur une première section entre les Arènes et Caissargues : en cause, des réticences, des oppositions et un recours contre la Déclaration d'Utilité Publique obtenue en 2010 devant le Tribunal Administratif à propos de l'abattage de certains arbres sur le boulevard Gambetta. Il fallut phaser le projet si bien que la boucle autour de l'écusson ne fut relancée qu'en 2014 pour une mise en service le 3 septembre 2016.

BHNS1nimes

Tracé actuel de la ligne T1 de BHNS de l'agglomération nîmoise.

090813_T1arenes2

Nîmes - Arènes - 9 août 2013 - En attendant la réalisation de la boucle autour de l'écusson, les BHNS faisaient le tour des Arènes. Les Crealis disposent d'emplacements pour le guidage optique pour l'accostage en station. © transporturbain

Cette première réalisation transporte 12 000 voyageurs par jour, soit 20% du trafic du réseau nimois : c'est peu eu égard au service proposé, avec un intervalle de 5 minutes en pointe, une vitesse commerciale de 18 km/h et 11 bus articulés Iveco Créalis. Qui plus est, l'exploitation semble ces derniers temps perturbée par des problèmes de priorité aux carrefours.

Initialement, la métropole avait envisagée une ligne de tramway pour le second axe de TCSP, mais l'alternance politique et le maigre budget de l'agglomération entrainèrent l'abandon de cette hypothèse au profit d'une solution par BHNS : longue de 11,5 km, avec 21 stations, cette ligne reliera l'IUT au Mas de Mingue et la Paloma, la nouvelle salle de spectacles. Cette nouvelle ligne sera complétée d'une navette pour la desserte du centre hospitalier Carémeau.

BHNS2nimes

Tracé de la nouvelle ligne T2 dite Diagonal.

La première phase entre la gare et le terminus Laennec sera mise en service en fin d'année 2019, tandis que le Mas de Mingue sera desservi à partir de 2021. Le coût total de cette opération atteint 118 M€, soit 110 M€ de moins que l'estimation initiale du tramway. Il serait ensuite question de rejoindre les gares de Saint Césaire, au sud-ouest, et de Marguerittes, au nord-est de l'agglomération.

Compte tenu d'une prévision de trafic de 25 000 voyageurs par jour, la métropole a renoncé à l'exploitation par bus articulés de 18 m et commandé 16 autobus biarticulés de 24 m : lauréat de l'appel d'offres, Van Hool propose son Exquicity en version hybride électrique - GNV. Le premier véhicule est actuellement en essais.

Par ailleurs, le prolongement de la ligne T1 de l'échangeur de l'A54 au centre de Caissargues est engagé, pour un coût de 16 M€ avec 4 stations supplémentaires.

Posté par ortferroviaire à 22:01 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
04 novembre 2017

Bordeaux : encore une DUP annulée

Cela devient une habitude. Le Tribunal Administratif de Bordeaux a annulé la déclaration d'utilité publique du BHNS devant relier la gare Saint Jean à Saint Aubin de Médoc, suite à la requête d'une association opposée au projet. Le projet est considéré comme une atteinte à la propriété privée et jugé trop onéreux par rapport aux avantages qu'il pourrait procurer. La justice valide la position des opposants considérant que les prévisions de trafic ne sont pas cohérentes avec la fréquentation actuelle des autobus desservant le corridor concerné par le BHNS. En outre, ce BHNS est considéré redondant avec la ligne D du tramway actuellement en construction et qui avait déjà fait l'objet d'un recours en annulation.

Le Tribunal Administratif de Bordeaux semble assez enclin à retarder les projets de transports en commun dans l'agglomération bordelaise, puisque la DUP du prolongement de la ligne C à Blanquefort et de la ligne D avaient aussi subi le même sort.

Pas de quoi inquiéter sur le fond Bordeaux Métropole, qui fait appel en cassation de cette décision afin de poursuivre le projet, non sans faire remarquer que ce retard pénalisera les utilisateurs des transports en commun et aura mécaniquement un coût pour la collectivité, et que la croissance de la population dans l'agglomération est une réalité déjà perceptible, justifiant une politique des déplacements essayant de proposer un maximum de fonctionnalités pour le réseau de bus et tramways.

 

Posté par ortferroviaire à 14:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
24 octobre 2017

Après Bayonne, Amiens choisir Irizar

Deuxième succès pour le constructeur espagnol d'autobus, toujours dans le domaine des BHNS électriques. Après Bayonne, c'est Amiens qui adopte l'i2e, cette fois en version 18 m. Une jolie commande puisqu'elle comprend 43 véhicules à l'allure profilée, mais pour l'instant orné d'une livrée à dominante noire. Ces autobus à rechargement au terminus disposent d'un pantographe installé sur le véhicule. Le constructeur annonce un temps de "mise en contact" de 5 minutes pour permettre au véhicule d'assurer un trajet complet en toute autonomie.

Présentation à Busworld 2017 du BHNS d'Amiens avec son allure profilée et le système de biberonnage. (cliché Irizar)

Le coût d'acquisition des véhicules est de 30 M€. Amiens Métropole n'a pas encore tranché entre la location et l'achat des batteries.

Posté par ortferroviaire à 17:04 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,