Mis en service voici quatre ans, le tramway du Havre est un succès commercial qui incite à la réflexion sur son développement dans les prochaines années. Parmi les enjeux, la desserte des quartiers sud de la ville, notamment autour des anciens docks, objet de vastes projets d'urbanisme, avec en figure de proue le regroupement des différents sites universitaires.

Le devenir de la Lézarde Express Régionale mérite d'être évoqué : avec 25 allers-retours en semaine, elle assure un service rapide rassez attractif entre Le Havre et Montiviliers, et 7 allers-retours sont prolongés à Rolleville. Exploités en X73500 par la SNCF, ces trains sont accessibles aux voyageurs munis de titres urbains.

La Région et l'Agglomération souhaitent doubler la fréquence pour atteindre une cadence au quart d'heure et de la prolonger systématiquement à Rolleville. Cette hypothèse pose plusieurs questions :

  • l'impact sur le fonctionnement de la gare du Havre et la section Le Havre - Bifurcation de Harfleur : la LER représente aujourd'hui 50% des trains qu'elle gère ;
  • l'investissement sur l'infrastructure pour atteindre le cadencement au quart d'heure, sur la ligne Paris - Le Havre et la ligne de Rolleville ;
  • le coût d'exploitation de la desserte, financée par la Région et l'Agglomération, et la soutenabilité du coût du km-train ferroviaire.

Dans ces conditions, examiner une alternative d'exploitation de la LER en tramway devient intéressante. En tramway et non en tram-train, pour éviter les complexités de ce mode de transport dévoyé de son sens initial par des manies bien françaises. L'idée n'est pas saugrenue puisque la voie ferrée entre Harfleur et Rolleville ne reçoit que les trains de la LER. Un "simple" debranchement pour ne plus se connecter à l'axe Paris - Le Havre et une section nouvelle urbaine de 4 km "suffiraient". La conversion de la LER en tramway, formant en quelque sorte la ligne C, serait aussi l'occasion d'examiner les possibilités de maillage complémentaire du centre-ville, notamment de sa pointe sud, ainsi que nous l'esquissons ci-dessous.

LER-tram-urbain

Focus sur le centre du Havre avec une proposition d'antenne entre l'Hôtel de Ville et le boulevard Clémenceau pour desservir le quartier de la cathédrale. L'occasion de réexaminer également l'organisation du réseau dans une configuration à 5 antennes branchées sur un tronc commun Gare - Hôtel de Ville ?

Reste à trouver le bon itinéraire urbain conciliant maillage des quartiers et vitesse moyenne élevée pour garder l'attractivité du service pour Rolleville et Montivilliers, en articulation avec les projets urbains de l'agglomération et les besoins des voyageurs, qu'ils soient aujourd'hui urbains (notamment les enjeux de capacité du réseau de bus) ou ferroviaires (sur leur destination finale au-delà de la gare du Havre), ou en voiture (qu'est-ce qui pourrait les amener à passer aux transports en commun ?).

De la sorte, une ligne ferroviaire "mal classée" (UIC 9 dont à l'avenir incertain) pourrait être "fermée" pour rouvrir sous un nouveau jour. Compte tenu de l'écart de coût de 1 à 5 entre le km-tram et le km-train, l'investissement pourrait être facilement amorti... et contribuer au financement d'une partie du développemen du réseau de tramways.

A suivre dans le dossier de transportrail consacré à cette liaison ferroviaire qui mériterait de devenir un tramway suburbain rapide.