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Station Chamartin - Ligne 10 - 17 février 2012 - Stations immaculées, matériel moderne de grande capacité et à grand gabarit, stations généreusement dimensionnées, le métro de Madrid a assurément pris le tournant de la modernité et de la commodité. © transporturbain

Mis en service à partir de 1919, le métro de Madrid, avec 292 km, est le deuxième par sa longueur dans l’Union Européenne, après Londres, et le huitième dans le monde. Il comprend aujourd’hui 13 lignes. Le premier réseau espagnol se décompose en réalité de quatre sous-ensembles distincts, selon la longueur des stations (60, 90 et 110 m), le gabarit (2,30 m et 2,80 m) et la tension d’alimentation (600 ou 1500 V), trois caractéristiques ayant évolué - et évoluant encore - au fil du temps. Et pour terminer ce portrait, un écartement atypique au pays de la voie large : 1445 mm, soit 10 mm de plus que l’écartement standard.

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Sur les 301 stations, 27 mettent en correspondance deux lignes, 10 en connectent trois et une seule accueille quatre lignes (Avenida de América). D’autre part, 3 stations assurent le transbordement entre trains d’une même ligne afin d’adapter la capacité à la fréquentation. Autre particularité, l’écartement des voies a adopté la cote inusitée de 1445 mm, soit 10 mm de plus que la cote internationale. Les trains roulent à gauche alors que la plupart des trains roulent à droite en Espagne.

Le réseau madrilène ne cache pas ses inspirations puisées dans différentes réalisations antérieures, et notamment Paris. En revanche, contrairement à ce dernier, son développement fut nettement plus long : autant l'armature du métro parisien était constituée dans les 20 premières années de construction, autant celui de Madrid, du fait du contexte politique, ne grandit que très lentement. La précarité extrême de la situation espagnole après la guerre civile et par les conséquences de la deuxième guerre mondiale laissa le réseau dans une configuration limitée. Comme le montre la courbe ci-dessous, le développement du réseau connut un premier soubressaut dans les années 1960, le métro constituant un objet de création d'emplois pour enrayer le chômage. La fin de la période sombre et le retour de la démocratie constitua un tournant majeur : modernisation du réseau ancien et développement de nouvelles lignes se succèdèrent à un rythme soutenu dans la période 1978-1998, avant une véritable explosion dans la première décennie du 21ème siècle, grâce notamment à d'importants concours européens. On reste sidéré devant la capacité à aligner autant d'extensions la même année, avec parfois 12 inaugurations en une seule année !

Madrid, comme Berlin, dispose en réalité de deux réseaux différenciés par leur gabarit : 2,30 m et 2,80 m. C'est une autre différence, technique cette fois, avec le réseau parisien, qui n'amorce cette dualité qu'avec la création du Grand Paris Express.

Le trafic du métro madrilène reste moyen, notamment du fait de sa densité : la ligne 6, la plus chargée du réseau, transporte environ 350 000 voyageurs par jour. Avec les lignes 1, 3, 5 et 10, elles forment le quinté de tête. Les lignes les plus récentes sont en net décalage, du fait d'une moindre densité d'habitat et de projets urbains qui n'ont pas toujours été menés à bien du fait de la crise économique depuis 2008. A l'inverse, la navette Opéra - Principe Pio, avec ses 1010 m, se hisse parmi les lignes les plus densément empruntées.

transporturbain vous propose son dossier consacré au métro de Madrid en trois chapitres :