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Un refuge pour attendre le tram ? Pour quoi faire ? La vue a été prise à cent mètres de l'hyper-centre de Kamianske ; la circulation est inexistante, seul le tram passe environ toutes les dix à quinze minutes. Nous sommes bien en Europe, cette Europe un peu oubliée de nos pays à l'agitation frénétique. (Kamianske - Prometei - 14 juin 2018 - © Thierry ASSA)

Lorsque en 1989 le Mur de Berlin tomba, ce fut le début d’une tornade qui annonçait la fin du XXe siècle. Cette tornade n’est pas tout à fait terminée tant les évolutions géopolitiques en Europe sont sans cesse en mouvement. Une génération n’a pas suffi à mettre en place de nouveaux équilibres et il y a fort à parier que les changements violents de 1989-1992 apporteront encore durant de longues années, des événements surprenants.

Dans le monde des transports urbains, les réseaux n’ont évidemment pas continué une vie tranquille. Confrontés à une nouvelle donne économique et sociale, ceux des pays dit jadis  « de l’Est » ont eu à faire face à de profondes mutations et à des difficultés majeures. Si ceux des zones entrées dans l’Union Européenne ont pu bénéficier de cette union pour moderniser progressivement les infrastructures et les services, il en alla tout autrement dans l’ancienne URSS.

Ainsi, depuis 1992, tous les réseaux de tramways ont disparu d’Arménie, d’Azerbaïdjan, de Géorgie ; le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont pu maintenir quelque chose au prix d’autres suppressions. Il en alla de même pour les réseaux de trolleybus. La Russie n’a pas été épargnée qui a perdu quelques réseaux de trams dont, récemment, celui de Tver. La situation en Ukraine n’a pas été facilitée par la Guerre du Donbass, avatar des changements des années 1989-1992 et les tramways ont disparu pour fait de guerre dont ceux de Lugansk en 2014. La Biélorussie a échappé aux difficultés, soutenues par la Russie.

Néanmoins, tant bien que mal, les trams et trolleybus sont maintenus dans des conditions économiques difficiles en Russie ou en Ukraine. Il semblerait que certaines villes aient compris que le tram comme le trolleybus, sont des moyens importants pour conserver un service correct malgré la concurrence des petits autobus privés (Marschroutki). La conservation de ces réseaux, parfois de petite taille, a reçu le soutien des populations locales, attachées à ce symbole de leur vie quotidienne.

Faisons un tour dans l’un d’entre eux, à Kamianske (ancienne Dniprodzerjynsk de l’époque soviétique), ville ukrainienne située dans l'oblast de Dnipro, à 450 km au sud-est de Kiev, dans ce nouveau dossier de transporturbain.

Bonne lecture !