Un peu plus de 3 ans après la mise en place de la nouvelle offre bus et trolleybus baptisée Atoubus, l'annonce d'un programme d'ajustement de l'offre concernant la quasi totalité des lignes vient renforcer les interrogations sur le plan mis en oeuvre en 2011.

La liste des modifications est assez longue : la voici. En résumé :

  • Sur lignes lignes majeures C1, C2 et C14, perte de 33% de capacité entre la prise de service et 6h30 en passant l'intervalle de 20 à 30 min ;
  • Sur les lignes majeures C3, C4, C18 et C25, augmentation de l'intervalle en flanc de pointe descendant, entre 19h et 21h avec la perte d'un service par heure, sauf sur C18 où deux services sont supprimés ;
  • Sur la ligne majeure C26, application ubuesque d'un "cadencement" aux 35 min à partir de 21h30, non mémorisable au lieu de la demi-heure ;
  • Sur les lignes majeures C5, C7, C8, C12, C15, C16, C17, C19, C21, C25 et C26, allègement de l'offre du samedi impactant généralement le service d'après midi qui perd un service par heure, mais aussi l'extrême matinée jusqu'à 7h30 ;
  • Sur les lignes majeures C7, C10, C13, C16, C23 et C25, allègement de l'offre du dimanche avec en moyenne un service de moins par heure et surtout des fréquences conçues selon le nombre de véhicules plutôt que dans l'objectif de proposer une offre lisibles : prolifération de fréquences de 25, 35, 40, 50 ou 70 min, totalement illisibles ;
  • Sur les lignes complémentaires, 8, 24, 33, 38 et 54, l'écart de fréquence entre l'heure creuse du matin et celle de l'après-midi est supprimé en appliquant la plus faible offre, soit un service de moins par heure ;
  • Sur les lignes complémentaires 4, 7, 8, 16, 19, 20, 22, 24, 27, 33, 35, 39, 46, 49, 54, 57, 62, 67, 68, 85 et 87, allègement de l'ensemble de l'offre pendant les vacances scolaires avec là encore un service de moins par heure creuse, mais qui n'épargne pas non plus les heures de pointe ;
  • Toujours le samedi, allègement du service sur 28 lignes complémentaires allant même jusqu'à la suppression complète concernant les lignes 76, S11, S12 et S13 ;
  • Le dimanche, allègement du service sur les lignes 7, 8, 31, 67 et 68, avec en outre la suppression du service de la ligne 27.

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Lyon - Boulevard Vivier Merle - 31 décembre 2012 - Reliant la gare de la Part Dieu au centre hospitalier Lyon Sud, Atoubus avait amélioré la fréquence de l'ancienne ligne 47. Retour quasiment à la case départ avec l'ajustement à la baisse de l'offre. Il faudra désormais patienter un quart d'heure au lieu de 12 minutes en journée : un service de moins par heure... © transporturbain

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Lyon - Place Bellecour - 14 avril 2013 - La ligne 27 Saint Jean - Villeurbanne Centre paie un lourd tribut avec un cadencement aux 20 minutes toute la journée. Son faible trafic et sa redondance avec de nombreuses autres lignes la mettent en situation de suppression potentielle : ce sera déjà le cas le dimanche. © transporturbain

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Lyon - Rue Viala - 17 juin 2012 - La ligne C26 Grange Blanche - Cité Internationale est l'une des plus problématiques du réseau en raison de son irrégularité chronique et d'une capacité notoirement insuffisante. Elle n'échappe cependant pas à un nivelage par le bas de son offre en soirée et toute la journée du samedi. © transporturbain

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Lyon - Place de la Croix Rousse - 13 avril 2013 - Assurant la liaison Croix Rousse - Caluire - Sathonay - Rillieux, la ligne 33 est elle aussi affaiblie, en heures creuses et le samedi. © transporturbain

Pourtant, la fréquentation du samedi a augmenté de 21% depuis 3 ans, et celle du dimanche de 19%. L'érosion de l'offre sur ces lignes, et surtout l'ampleur du mouvement, laisse interrogatif alors que dans le même temps, nombre de lignes sont en situation de saturation chronique avec une impossibilité de monter dans les autobus dès le terminus : c'est par exemple le cas de la ligne C26 où on enregistre fréquemment plus de 100 personnes au départ de Grange Blanche. Même situation à la Part Dieu, notamment sur les lignes C9 et C13 qui laissent des grappes entières de voyageurs à quai, faute d'une offre adaptée à la demande. Une situation pointée par les associations depuis 3 ans, et demeurée sans réponse de la part de l'autorité organisatrice.

Lyon n'est pas la seule ville à réduire son offre de transport : Nancy l'a aussi mise en oeuvre en 2014 et Reims vient de la décider à hauteur de 8% de la production kilométrique pour réduire le déficit d'exploitation.