Premiers aménagements pour le tramway

En 1972, le plan de circulation du centre-ville devait tenir compte du tramway : l’artère nord-sud fut mise en sens unique et les voies furent légèrement ripées pour créer un couloir à contresens dans le sens sud-nord. En 1974, à la faveur d’une opération urbaine (la création du centre commercial Centre Deux), une première section de la ligne 4 était mise en site propre, physiquement séparée de la circulation automobile.

C'était alors tout simplement le premier aménagement de la sorte créé en France pour des tramways. Limité à quelques centaines de mètres, cette réalisation marquait un tournant dans l’histoire des transports en commun dans un contexte de renchérissement de l’énergie.

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Saint Etienne - Centre Deux - 1975 - Esthétiquement dans son temps, le quartier Centre Deux a donné à la ligne 4 une section en site propre, la première de l'ère moderne du tramway. © J.H. Manara

En 1980, la SNCF mit en service une nouvelle gare située au droit de la ligne 4 et prolongeait une partie des trains Lyon – Saint Etienne jusqu’à ce nouvel arrêt baptisé Carnot. La correspondance immédiate avec le tramway contribuait à l’amélioration des transports dans le bassin stéphanois et constitue la première opération d’intermodalité organisée entre train et tramway en France. Une partie de la Grande-rue était piétonnisée, autour de la place de l’Hôtel de ville, et place du Peuple.

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Saint Etienne - Place du Peuple - 1982 - Le nouvel aménagement de la place centrale de Saint Etienne réduisait l'espace dévolu à l'automobile pour que le piéton se réapproprie les lieux. Les tramways en ont également bénéficé. Ici, la motrice 552, une des cinq rames articulées acquises dans les années 1970 pour augmenter la capacité de transport. © J.H. Manara

La même année, la STAS (Société des Transports de l’Agglomération Stéphanoise), qui succédait à la CFVE, engageait un programme de modernisation des PCC qui conduit à la suppression des receveurs (les derniers en France, le 2 novembre 1982) et à la généralisation du libre-service sur le réseau. Elles adoptaient progressivement la nouvelle livrée dans laquelle le blanc succède au crème.

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Saint Etienne - Place du Peuple - 1983 - Essai resté sans lendemain, une des cinq PCC articulées avait été modernisée par Heuliez pour leur donner une allure plus moderne, qui n'est pas très éloignée de ce que seront deux ans plus tard les TFS grenoblois. En arrière-plan un PR100 quitte l'axe central, où les autobus cohabitent avec le tramway. © J.H. Manara

Le 17 février 1983, la ligne 4 était prolongée de Bellevue à Soleure : c'était le premier prolongement d’une ligne de tramway en France après des décennies de démantèlement des réseaux !

Le tramway de Saint Etienne était à cette époque l'objet d'un reportage au journal Antenne 2 Midi sur le tramway de Saint Etienne en 1983, alors que les travaux de Nantes venaient d'être stoppés suite aux élections municipales.

Renouvellement du matériel et extension du réseau

Le prolongement de la ligne 4 de Terrasse à l’hôpital Nord nécessite l’augmentation du parc : la STAS lance un appel d’offres pour la fourniture de 15 motrices modernes à plancher surbaissé, remporté par Vevey-Alsthom. La mise en service de la nouvelle section le 7 décembre 1991 constitue une double nouveauté, le tramway desservant Saint-Priest-en-Jarez par une infrastructure en site propre, et bénéficiant du confort et de la commodité du nouveau matériel. Afin de procéder à la réforme des PCC, une seconde tranche de vingt motrices est commandée et réceptionnée au printemps 1998. Après quarante ans de service, les PCC peuvent être mises en retraite, ce qui permet à la STAS de remplacer la perche des éléments Vevey par un pantographe.

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Saint Priest en Jarez - Hôpital Nord - 1992 - Les nouvelles motrices Vevey-Alsthom ont été livrées pour l'ouverture du prolongement de la ligne 4 de Terrasse au centre hospitalier. Notez la perche, initialement installée sur ces rames circulant en mixité avec les PCC. © J.H. Manara

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Saint Priest en Jarez - Hôpital Nord - 1992 - Dans les années 1980, les PCC ont été révisées et ont revêtu la livrée STAS à base blanche. La rame 01, tête de série, s'engage sur la boucle terminale. © J.H. Manara

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Saint Etienne - Place Bellevue - octobre 2002 - Le prolongement à Soleure avait été effectué a minima en matière d'aménagement urbain. Au début des années 2000, la place Bellevue fut remaniée pour créer un pôle d'échanges bus-tram sans pour autant pénaliser l'important marché forain qui s'y tient. © transporturbain 

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Saint Etienne - Rue du Général Foy - 2 décembre 2005 - Est-il besoin de rappeler que le tramway sait très bien composer avec des voiries de faible largeur et extrêmement commerçantes ? © transporturbain 

Le retour du tramway à Châtraucreux

Le tramway ne desservait pas Châteaucreux, la principale gare stéphanoise. L’agglomération décidait à la fin des années 1990 d’engager la transformation du quartier de la gare et intègrait la création d’une section de tramway débranchée de la ligne 4 depuis la place du Peuple. La mise en service était effective le 7 octobre 2005. La nouvelle ligne 5 reliait les anciens terminus intermédiaires de Bellevue et de Terrasse sur l’axe nord-sud, mais en passant par la gare Châteaucreux. Ainsi, l’intervalle entre deux rames sur chaque section demeurait de l’ordre de 3 minutes malgré l'allègement du service sur la ligne 4. La longueur du réseau était portée à 11,7 km et le nombre de stations à 37. Le cap des 80 000 voyageurs quotidiens était largement franchi.

Avec cette extension, d'autres travaux ont été menés dans le but d'améliorer la régularité du réseau. La section Peuple - Anatole France étant l'une des plus critiques, la ville de Saint Etienne a repensé le plan de circulation de l'hypercentre et le tracé du tramway. Afin de disposer d'une voie en site propre dans chaque sens, la rue du Général Foy a été réservée aux tramways descendant de Bellevue vers la place du Peuple. A la montée, les tramways empruntent désormais le cours Victor Hugo.

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Saint Etienne - Rue du Général Foy - 31 décembre 2012 - Après les travaux de réaménagement du centre-ville liés à la nouvelle ligne Peuple - Châteaucreux, seuls les tramways vers le nord prennent l'axe historique, en bénéficiant d'un couloir réservé. © transporturbain

Les correspondances facilitées avec le train, les autobus urbains et interurbains contribuaient à l’augmentation de la fréquentation du tramway, exploité de façon intensive puisque nécessitant l’engagement quotidien de 32 des 35 motrices. 

Manquant de lisibilité, la dénomination des lignes a été rectifiée dans le cadre de la refonte du réseau stéphanois mise en œuvre le 30 août 2010 : la ligne 4 est devenue T1, tandis que la ligne 5 éclatait en deux itinéraires : T2 Châteaucreux – Hôpital Nord et T3 Châteaucreux – Solaure. 

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Saint Etienne - Boulevard Ambroise Paré - 31 décembre 2012 - Deux rames Alstom-Vevey dans la dernière livrée du réseau : le vert a cédé sa place à une teinte "anis" tirant sur le jaune, élégamment mariée au gris métallisé. © transporturbain

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