12 novembre 2019

Bayonne : du BAB au Trambus électrique

Depuis le début du mois de septembre, Bayonne a rejoint le club assez fermé pour l'instant des réseaux disposant d'un BHNS exploité à l'aide d'autobus électriques fonctionnant sur batteries. C'est un succès de plus à mettre au crédit du constructeur espagnol Irizar, qui y a placé son véhicule, après Amiens et Aix en Provence. Le résultat semble prometteur, même s'il va falloir procéder à des ajustements techniques pour améliorer la priorité aux carrefours et accélérer le service, tandis que le succès imposera à court terme une augmentation de l'offre sur la première ligne Bayonne - Biarritz, avec la mise en service du deuxième axe l'an prochain.

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Bayonne - Pont Saint Esprit - 12 octobre 2019 - Le Trambus franchit l'Adour et approche de la gare de Bayonne. Les aménagements sur le pont sont limités, mais apparaissent pour l'instant suffisants. Les sections en site propre sont correctement aménagés pour faciliter la circulation des bus. Reste à améliorer le fonctionnement des carrefours... comme souvent depuis quelques années sur les lignes en site propre, en bus ou en tram... © transporturbain

Bayonne - Biarritz : les deux principales villes de la conurbation de la côte basque sont aussi reliées par train, médiocrement compte tenu de l'éloignement de la gare de Biarritz, mais ont également été desservies par un chemin de fer local et des tramways. On pouvait même aller par ce moyen de Bayonne à Hendaye sans emprunter les chemins de fer du Midi.... à condition d'avoir le temps.

Le nouveau dossier de transporturbain fait le lien entre les anciens tramways ou chemins de fer d'intérêt local et le nouveau BHNS.

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10 septembre 2019

Bayonne met en service son Trambus électrique

Troisième réalisation du genre mise en service cette année : après Amiens et Aix en Provence, c'est l'agglomération de Bayonne qui rejoint le club des BHNS électriques. Le Trambus constitue la tête d'affiche d'une politique cherchant à réduire la domination de l'automobile dans les déplacements quotidiens, qui représente actuellement 83% des motifs domicile-travail.

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L'allure des bus électriques Irizar devient familière dans les agglomérations de taille moyenne avec 3 mises en service dans l'année. Dommage que le noir envahisse autant la livrée des véhicules... (cliché Bayonne Agglomération)

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C'est la nuit que la couleur apparaît avec l'éclairage intérieur, qui met en évidence les baies vitrées inférieures et les sérigraphies appliquées sur les véhicules. (cliché X)

La première ligne de 12 km et 30 arrêts relie Bayonne à Anglet et Biarritz en une demi-heure, avec 60% du parcours en site propre. La seconde ligne vers Tarnos sera mise en service l'année prochaine. Pour l'instant, 12 autobus électriques sont exploités sur ce premier axe, avec une fréquence de 12 minutes en semaine et une amplitude élargie de 5h30 à minuit en semaine et jusqu'à 2h30 du jeudi soir au samedi soir. La ligne de Tarnos nécessitera 8 véhicules supplémentaires. La recharge s'effectue aux terminus et au dépôt la nuit.

Point commun à Amiens, Aix en Provence et Bayonne : la percée d'Irizar, le constructeur espagnol installé au Pays Basque. Comme à Amiens, Bayonne a adopté son modèle ie.tram en version 18 m avec une capacité de 110 places. Comme à Amiens, sièges en plastique translucide et livrée recourant abondamment au noir sont de mise.

La mise en service a révélé quelques faiblesses, notamment sur le fonctionnement de la priorité aux carrefours, ce qui semble devenir une règle générale sur toutes les nouvelles réalisations de BHNS et de tramway. Espérons également que la fiabilité des autobus ait capitalisé sur l'expérience amiénoise. 

Petit clin d'oeil historique, le Trambus emprunte un ancien tunnel ferroviaire d'une antenne de la ligne des Allées Marines qui rejoignait la rive gauche de l'Adour.

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Lointain ancêtre du Trambus, le Bayonne - Anglet - Biarritz (BAB) assemblait à l'origine de petites locomotives à vapeur munies d'une grande cheminée et des voitures à impériales au confort assez rudimentaire, jusqu'à l'électrification en 1923. Le BAB a disparu en 1953, frappé d'une part d'une relative obsolescence mais surtout d'une politique très hostile aux transports en commun...

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23 juin 2019

Amiens : on a testé Nemo

Enfin ! Un peu plus d'un mois après l'inauguration du nouveau réseau composé de 4 lignes de bus à haut niveau de service, nous avons effectué notre premier test des lignes baptisées Nemo et de leurs autobus articulés électriques ie.tram produits par Irizar.

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Amiens - Place Alphonse Fiquet - 21 juin 2019 - Intermodalité en gare centrale d'Amiens : les arrêts sont plutôt disposés autour du carrefour du boulevard Albert Ier, lui-même en travaux ce qui rend l'accès aux arrêts parfois délicat. © transporturbain

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Amiens - Boulevard Albert Ier - 21 juin 2019 - Voies réservées mal délimitées = stationnement irrégulier assuré... © transporturbain

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Amiens - Rue Leclerc - 21 juin 2019 - La ligne N4 n'est pas encore équipée des prometteurs bus électriques Irizar mais les Citaro articulés ont été redécorés pour adopter l'identité Nemo. Notez le couloir réservé dans l'axe de la chaussée à hauteut de cet arrêt aménagé en ilôt. © transporturbain

Du côté du matériel roulant, le bilan est assez satisfaisant et on a presque envie de dire qu'il ne manque que des perches pour en faire de bons trolleybus : le basque est nerveux, performant, mais reste silencieux. L'intérieur est très clair, amplifié par les sièges en plastique translucide : très à la mode mais pas forcément des plus confortables. C'est d'ailleurs une conséquence de la masse à vide accrue de ces autobus du fait des batteries : il faut alléger au maximum les aménagements intérieurs. C'est aussi la raison pour laquelle, dans la partie avant du véhicule, le nombre de places assises est très faible, puisqu'autour de la deuxième porte, on trouve 2 emplacements pour fauteuils roulant et un pour les poussettes. Au passage, la palette d'accès est manuelle, et il arrive même que les voyageurs s'occupent eux-mêmes de la manutention, ce qui accélère le service (en évitant au conducteur de quitter son poste) et montre qu'il existe encore une certaine forme de sociabilité et d'entraide. Tant mieux ! C'est aussi la raison pour laquelle l'intérieur recourt largement au plastique, toujours dans la chasse aux kilos.

Si le bus nerveux, cette qualité est à manier avec prudence : la tenue de route semble correcte sur chaussée sèche mais bien plus délicate sur des chaussées humides. C'est la conséquence du positionnement imposé des batteries en toiture, rehaussant le centre de gravité de l'autobus.

Toujours au chapitre du matériel roulant, la mode veut qu'on peigne les autobus en noir, de préférence avec un peu de gris métallisé : les plus sarcastiques diront que cela fait un peu trop corbillard, les spécialistes de la communication expliqueront que cela traduit un certain standing du transport public. Pour notre part, on trouve que cela fait triste surtout (que les picards n'y voient aucune offense) dans une ville où le taux d'ensoleillement n'est pas forcément très élevé.

Passons maintenant aux aménagements et à l'exploitation. Pour l'instant, les lignes N1, N2 et N3 sont exploitées avec le matériel Irizar dont les livraisons ne sont pas achevées. La ligne N4 demeure assurée en autobus articulés Citaro redécorés pour la cohérence des 4 lignes. Les travaux de voirie ne sont pas achévés et certaines situations sont un peu confuses y compris devant la gare où le piéton ne sait pas d'emblée où il se situe... l'automobiliste non plus. Les lignes Nemo ne bénéficient pas encore totalement des aménagements prévus. Ceux réalisés sont assez simples mais parfois dimensionnés au plus juste : croisement et girations sont parfois un peu délicates, et sur certains axes, la multiplication des plateaux piétonniers ralentit les bus tout en multipliant les secousses. Aux arrêts, l'information reste limitée en attendant la mise en place des écrans d'information dynamique.

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Amiens - IUT - 13 juillet 2019 - Le pantographe du véhicule se lève pour rejoindre la borne de rechargement : l'ajustement du véhicule doit être précis pour que le captage soit efficace pendant le stationnement au terminus. © Ph. Nemery

L'exploitation semble progresser au fur et à mesure de la fiabilisation des autobus (mais il y a du chemin à parcourir). Les intervalles sont globalement respectés mais il faudra que les automobilistes soient un peu plus disciplinés car ils ont un peu trop tendance à considérer les voies pour autobus comme des voies de stationnement.

Le dossier de transporturbain, retraçant le cheminement du projet Nemo et l'échec du retour du tramway à Amiens, a été mis à jour.

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24 mai 2019

Amiens : premier BHNS électrique par biberonnage en France

Mis en service le 11 mai dernier, le BHNS Nemo de l'agglomération d'Amiens se distingue à plusieurs égards. D'abord, il a pris la succession d'un projet de tramway insuffisamment soutenu localement, torpillé après l'alternance politique des élections municipales de 2014. Ensuite, Il s'agit d'un réseau composé de 4 lignes, entrainant une restructuration plus large de la desserte de l'agglomération. C'est aussi le premier BHNS électrique fonctionnant avec un dispositif de biberonnage en station, déjà expérimenté à Genève sur la ligne 23 et introduit en fin d'année dernière sur la ligne 17 à Berne (projet TOSA). Enfin, c'est la première exploitation commerciale à grande échelle d'autobus Irizar, dans la version articulée ie.tram18.

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Borne de recharge des batteries en station. Les conducteurs bénéficient d'une assistance pour lever le pantographe de captage pendant l'arrêt. (cliché X)

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Devant la gare d'Amiens, dont la place avait été transformée voici une bonne décennie. L'allure de ces véhicules n'est pas sans rappeler le tramway de Tours... mais sans recours à un designer célèbre. (cliché X)

D'une longueur de 18,73 m, les 43 véhicules commandés disposent de 32 places assises et de 4 portes. La porte avant est à vantail unique de 80 cm d'ouverture et les autres portes à 2 vantaux procurent une ouverture de 1,20 m.

La motorisation est founie par Alconza, filiale du groupe Irizar, d'une puissance de 235 kW et développant un couple maximal de 2300 Nm. Les batteries lithium-ion  nécessitent un temps de charge d'environ 5 minutes pour une puisssance maximale de 500 kW.

Les conducteurs sont assistés par un système embarqué pour l'accostage aux points de rechargement afin de positionner le pantographe, dissimulé dans le caréange de la toiture, . Ce guidage optique permet de corriger la trajectoire du bus pour que celui-ci se positionne au mieux sous le point de captage du courant. D'autres opérateurs ont fait le choix inverse avec des pantographes sur la borne de recharge qui descendent sur une zone de captage installée en toiture.

Jusqu'au 16 juin, le service est gratuit... le temps de roder le nouveau système, que les conducteurs s'habituent à ce nouveau type de véhicules. Irizar doit également achever la livraison des véhicules et fiabiliser le système de rechargement qui a causé quelques tracas les premiers jours avec de notables perturbations du service.

L'un de nos lecteurs nous a transmis (merci à lui) ses premiers commentaires :

  • actuellement, un tiers du parcours prévu d'être équipé en BHNS bénéficie d'un site propre, les équipements en station sont encore en cours d'installation et certains arrêts n'ont même pas encore d'abri ;
  • la ligne n4 est exploitée pour l'instant en bus articulés avec une livrée spécifiques. L'équipement BHNS est en cours mais les bus circulent actuellement au milieu des voitures ;
  • des déviations ont été mises en place sur les lignes n2 et n3 en raison de dysfonctionnements sur le site propre conxernant soit la gestion d'une section à voie unique soit les barrières de protection du site propre ;
  • le carrefour à l'ouest de la station Polycliniques vers Promenade se retrouve encombré par le bus en attente d'ouverture de son signal ;
  • quand ils fonctionnent, les ie.tram 18 sont assez performants, l'intérieur est lumineux. La Métropole a fait le choix de sièges en plastique pour l'hygiène ;
  • le libre-accès par les 4 portes améliore les temps de stationnement aux arrêts ;
  • certains regroupements de correspondances s'avèrent peu efficaces (Tanneurs, La Veillère et Vogel regroupés à l'arrêt Vogel).

Nous reviendrons ultérieurement sur Nemo (quand nous trouverons le temps d'aller faire un tour à Amiens...).

Irizar produira également les autobus électriques de Aixpress, le BHNS d'Aix en Provence, tandis qu'une autre nouveauté se profile avec Fébus, le BHNS de Pau, qui sera exploité avec des bus munis d'une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène, fournis par Van Hool.

Dans tout ce foisonnement technologique, Saint Etienne fera preuve de classicisme (et de prudence) avec l'arrivée des nouveaux trolleybus Solaris... tandis qu'on attend le résultat de la commande de 20 trolleybus articulés à Lyon.

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