18 mai 2018

Pollution : l'Europe attaque la France

... mais elle n'est pas la seule puisque 6 pays sont donc mis au banc des accusés par l'Union Européenne, les accusant de ne pas prendre de mesures suffisantes pour respecter les normes de qualité de l'air définies par le Parlement Européen.

Ces 6 pays - France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Roumanie - sont trainés par la Commission Européenne devant la Cour de Justice de l'Union Européenne. Pour la France, l'excès de dioxyde d'azote dans l'air est en cause, avec des taux plus de 2 fois supérieurs à la norme européenne. L'Union Européenne a décidé de ne plus faire de recommandations, demeurant lettres mortes, alors que l'Organisation Mondiale de la Santé estime que la pollution a causé directement ou accéléré le décès de 500 000 personnes en Europe en 2016 dont 48 000 rien qu'en France, qui fut mise en demeure pour la première fois en 2009.

L'Union Européenne a pointé 14 zones de dépassement chronique des taux : Ile de France, Marseille, Toulon, Nice, Lyon, Grenoble, Saint Etienne, Valence, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse, la vallée de l'Arve et la Martinique.

Les sanctions maximales sont lourdes : 11 M€ pour le non-respect de normes et 240 000 € par jour tant que les seuils n'ont pas retrouvé des taux conformes. Jusqu'à présent, les pays condamnés, comme la Pologne, ont échappé à des sanctions financières, mais il va falloir que les pays ciblés soient un peu plus efficaces, et en particulier la France qui s'est drapée de vertu après la signature de l'accord de Paris à la COP21. Pendant ce temps, la pollution continue d'augmenter (merci pour nos poumons).

Le gouvernement essaie de faire bonne figure avec le Plan sur la biodiversité annoncé par Nicolas Hulot, pour lutter contre la raréfaction des espèces animales et en particulier de celles indispensables à la vie humaine (on ne dira jamais assez à quel point les abeilles sont nos amies), mais les grands axes du Plan Climat présenté l'été dernier restent un peu trop anonymes, comme si les responsables politiques considéraient secondaires l'avenir de la population (c'est à dire de leurs électeurs).

Dans la vallée de l'Arve, la pollution ne cesse d'inquiéter la population : 540 plaintes contre X pour mise en danger de la vie d'autrui ont été déposées et 14 familles intentent une autre procédure pour carence fautive contre l'Etat. Il est tout de même sidérant que la population vivant au pied du Mont-Blanc soit victime de pathologies respiratoires liées à la pollution, majoritairement automobile. La Vallée Blanche devient grise, alors qu'elle constitue un haut lieu touristique français de renommée mondiale, avec plus de 12 millions de nuitées par an (un peu moins que le pic des 13,5 millions en 2003), de touristes qui viennent chercher le bon air. Illustration pas si anecdotique de l'incohérence : la disparition du train de nuit Paris - Saint Gervais...

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16 février 2017

Pollution : dernier avertissement de l'Europe

Cinq pays européens, la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni, sont menacés d'une plainte de l'Union Européenne devant la Cour de Justice de l'Union Européenne pour infractions persistantes sur la qualité de l'air. Sans réaction de ces cinq Etats dans les deux mois, la justice communautaire sera saisie.

L'Europe constate que les taux d'alerte aux gaz nocifs pour la santé sont fréquemment dépassés et que ces Etats ne prennent réellement aucune mesure pour réduire ceux taux. Pourtant, la pollution, principalement dans les villes et d'abord liée à la circulation automobile, génère plus de 400 000 décès anticipés par an.

En France, les épisodes de pollution d'une durée encore inédite, l'application récurrente, durant plusieurs jours à Paris, à Lyon et à Grenoble de la circulation alterné, n'ont pas changé grand chose et pire, ont probablement banalisé cette situation.

L'Europe met la pression pour la sortie du Diesel, l'application de mesures de restriction de la circulation routière jusqu'à revenir à des taux de particules "acceptables", une transition énergétique des motorisations et un report modal vers des solutions moins polluantes comme les transports en commun.

Malheureusement, ce n'est pas la première fois que des pays subissent une telle menace, mais aucune action n'a été engagée, ni de la part de Bruxelles, ni des Etats visés.

C'est toujours "arrêtez de respirer qu'on puisse rouler tranquillement". Et on voit bien que certaines mesures manquent cruellement d'efficacité par manque d'adhésion de la population du fait de l'absence de solutions de repli jugées pertinentes.

Plus que jamais, il est urgent de revoir drastiquement l'ensemble des politiques d'urbanisme, de remettre la main sur la consommation sans fin d'espace et surtout de terres arables pour pouvoir maîtriser les flux de déplacements individuels motorisés et encourager l'usage de transports publics qui ne peuvent être efficaces sans maîtrise foncière. Ce propos est tenu de longue date par les urbanistes, mais il est tellement plus facile de laisser persister la situation actuelle, tellement lucrative à court terme, mais si dangereuse à moyen terme...

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