21 juin 2019

Lyon : les bus reviendront à l'aéroport en septembre

Situation assez particulière : Rhônexpress avait attaqué en justice le SYTRAL, qui entre temps est devenu son autorité organisatrice, pour atteinte au monopole contractuel jusqu'en 2038 sur la desserte de l'aéroport Saint Exupéry, suite à la création de lignes de bus avec l'extension du périmètre métropolitain. Quoique d'une performance toute relative compte tenu leur tracé et de leur fréquence, ces deux lignes pouvaient intéresser une partie de la clientèle, pouvant arriver par le métro A ou le tramway T3 et ensuite accéder au coût du tarif urbain... c'est à dire à un tarif bien moins élevé que Rhônexpress. En compensation, ce dernier réclamait 1,8 M€. La demande a été rejetée par la justice.

Désormais, le SYTRAL va donc pouvoir restaurer une desserte de l'aéroport, importante zone d'emplois de l'est lyonnais devant être connectee aux communes alentours si tant est qu'on veuille limiter le trafic automobile sur ce type de déplacements... encore faut-il que le service soit adapté à la spécificité des besoins en matière d'amplitude et de fréquence.

 

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16 avril 2019

Lyon : renégociation du contrat Rhônexpress ?

Le temps se brouille entre le SYTRAL et Rhônexpress : l'autorité organisatrice des transports en commun lyonnais souhaite engager la renégociation du contrat de concession contracté entre le groupement Transdev - Vinci et le Département du Rhône, qui était autorité compétente pour ce service avant la création de la Métropole du Grand Lyon. Qautre griefs sont pointés.

Le plus visible - et certainement le plus populaire - porte sur la tarification : 16,30 € l'aller, 28,30 € l'aller-retour pour les titres achetés sur place, respectivement à 15,20 € et 26,70 € pour les billets vendus sur Internet. L'achat anticipé peut abaisser la facture à 21,40 €.

Autre point de négociation, la situation de monopole de Rhônexpress pour la desserte de l'aéroport et la plateforme logistique qui l'entoure. Les services d'autocars qui avaient mis en place par le Département avant leur reprise par le SYTRAL ont été supprimés à la demande du concessionnaire. Les élus de l'Est Lyonnais avait quelque peu haussé le ton... mais les lignes de bus ont bien disparu.

Troisième point : la saturation de T3 et le souhait du SYTRAL de renforcer l'offre. La ligne T3 était initialement desservie toutes les 7 min 30 en pointe. Elle a été renforcée à 6 minutes, ce qui semble constituer le minimum possible pour respecter l'engagement vis à vis de Rhônexpress, à savoir une cadence au quart d'heure et un temps de parcours de 25 minutes pour un service à 2 arrêts intermédiaires à La Soie et Meyzieu Zone industrielle. Des performances déjà altérées les jours de renforcement pour la desserte du Stade des Lumières à Décines.

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Lyon - Place de Francfort - 1er mars 2019 - La cohabitation entre T3 et Rhônexpress semble devenir de plus en plus houleuse. Les exigences du contrat sur la liaison aéroportuaire pourraient devenir contradictoires avec la croissance soutenue du trafic de la ligne T3. © transporturbain

Quatrième point : le SYTRAL n'a manifestement pas digéré l'assignation en justice de Rhônexpress pour réclamer 2,1 M€ de pénalités sur le seul exercice 2015 du fait des travaux réalisés sur la ligne et des perturbations diverses de l'exploitation ne permettant pas à la liaison aéroporturaire de réaliser son service contractuel.

L'analyse de transporturbain

Oui, Rhônexpress est un service onéreux car hors de la tarification des transports publics. Il s'agit donc d'évaluer l'équilibre du contrat par rapport aux principes de la concession aux risques et périls du transporteur. En tout état de cause, dans le contrat actuel, appliquer le tarif urbain ordinaire est inenvisageable

Oui, il est anormal d'avoir supprimé des lignes d'autobus permettant aux habitants de l'Est Lyonnais de rejoindre leur emploi sur la zone aéroportuaire : le monopole imposé par Rhônexpress a conduit à favoriser la voiture dans la deuxième couronne de l'agglomération. Il y a certainement moyen de concilier les deux logiques

Le développement de l'offre sur T3 est la conséquence du succès de ce tramway et des conséquences sur les politiques d'urbanisme : qui se rend à Meyzieu pour la première fois depuis le début du siècle ne reconnaitra pas grand chose de la ville. Même chose dans le secteur de La Bascule à Décines. L'attractivité du tramway a entrainé une explosion des programmes immobiliers et aujourd'hui, l'exploitation n'arrive plus à suivre la demande, tout comme le parc-relais de Meyzieu malgré son extension aux Panettes. Quelques portes de sortie :

  • des évitements supplémentaires pour continuer à augmenter l'offre... mais les services spéciaux liés au Stade des Lumières constituent un frein important, sans compter les modalités d'arrivée dans le secteur de La Villette ;
  • des services partiels limités au parcours Meyzieu - La Soie, en rabattement sur le métro A ;
  • prolonger le tramway au-delà de Meyzieu vers Pont de Chéruy pour réduire la pression sur les parkings de Meyzieu : la porte semble malheureusement fermée suite à la décision de réaliser un site propre pour autocars sur l'emprise du CFEL au-delà de Meyzieu ;
  • détendre l'horaire sur Rhônexpress, avec le risque de motiver le besoin d'une rame supplémentaire pour assurer la même desserte ;
  • revenir sur T3 à des rames de 32 m... mais circulant en UM2, par allongement des quais à 65 m (maximum envisageable à la station Reconnaissance, la plus dimensionnante) ;
  • créer un nouvel axe en site propre sur la route de Genas pour développer un second itinéraire complémentaire au T3 et ainsi limiter la concentration des flux vers le centre de Lyon autour d'une seule ligne.

Notre dossier sur les tramways de Lyon.

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12 mars 2018

Lyon : crispations sur Rhônexpress

Rhônexpress est un succès commercial : avec 1,28 millions de passagers transportés en 2017, le trafic est assez nettement en avance par rapport aux prévisions initiales tablant sur 1,34 millions de voyageurs en 2024. Cependant, Rhônexpress a engagé l'année dernière une procédure devant le Tribunal Administratif de Lyon contre le SYTRAL, qui, suite à la création de la Métropole du Grand Lyon, est devenu son autorité organisatrice.Une situation peu commune.

En cause ? L'impact des travaux sur la section Lyon - Meyzieu, accueillant également la ligne T3, en lien avec la création de la bretelle de desserte du Stade des Lumières mais aussi la dégradation de l'exploitation les soirs de matches, ne permettant plus de tenir l'objectif contractuel d'une fréquence de 15 minutes et d'un temps de parcours de 25 minutes. En ligne de mire également, la création de lignes de bus parallèles à Rhônexpress pour relier le terminus de T3 à Meyzieu et l'aéroport Saint Exupéry en passant par Genas, considérées comme une concurrence au tramway et donc contraires à la "clause de paysage" du projet. Ces lignes ont cependant été supprimées et ne subsiste d'une ligne assurant la connexion entre T3 et la zone industrielle au nord de l'aéroport.

Ceci dit, Rhônexpress ne verse aucune contribution à l'entretien et au renouvellement de la section Lyon - Meyzieu et la concession pour 30 ans suscite la critique de la Chambre Régionale des Comptes. Rhônexpress doit couvrir ses charges par les seules recettes de billetterie, d'où le tarif élevé, et la contribution publique est cantonnée au remboursement d'un emprunt destiné à réaliser les 7 km entre Meyzieu et l'aéroport, propriété du SYTRAL depuis le retrait du Département.

Illustration de la sensibilité du modèle économique de la concession en matière de transport urbain, même sur un marché spécifique comme celui-ci...

 

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14 février 2018

Lyon : métro E ou connexion Est-Ouest ?

En février 2018, le SYTRAL a présenté les conclusions d'une étude de faisabilité sur une cinquième ligne de métro pour la desserte du 5ème arrondissement, entre la gare d'Alaï (branche Brignais du tram-train) et le centre de Lyon, soit vers Bellecour, soit vers Hôtel de Ville. 6 km avec 5 ou 6 stations, avec un coût d'au moins un milliard d'euros, mais une forte interrogation sur la prévision de trafic et la pertinence du métro.

Quitte à dépenser un milliard, autant faire utile !

Réexaminer la vocation initiale du tram-train de l'Ouest Lyonnais ne serait peut-être pas inutile : son prolongement à la Part-Dieu par la presqu'île serait d'une toute autre portée pour la métropole et autoriserait - enfin - une vraie refonte de la desserte par bus pour organiser des rabattements bien plus en amont que les actuels terminus de Gorge de Loup et au passage délester la ligne D du métro.

Puisque le SYTRAL planche sur une solution souterraine, faisons abstraction un instant de la possibilité d'un tracé en surface et misons sur une solution souterraine, qui sera de toute façon plus courte en distance donc moins onéreuse. Moyennant une reprise du tracé depuis Gorge de loup pour s'affranchir d'une reprise du tunnel existant, pour plonger sous la Saône, la presqu'île et le Rhône, les trams-trains pourraient être envoyés à la Part-Dieu par un tunnel d'environ 4 km.

TTOL-CFEL-plan

Notre proposition de principe de tracé (en rouge), à affiner selon les contraintes du sous-sol, pour l'interconnexion Est - Ouest lyonnais. on rappelle aussi la variante en surface (en vert) et l'étude SEMALY de 1990 (en marron).

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Lyon Saint-Paul - 22 septembre 2012 - Terminus dans le Vieux Lyon, pas inintéressant, mais qui ne permet pas un accès direct aux deux centralités lyonnaises de la presqu'île et de la Part-Dieu. La solution en surface n'a pas les faveurs des élus lyonnais d'autant plus avec l'émergence d'études pour une cinquième ligne de métro à l'utilité discutable. © transporturbain

Comment interconnecter deux mondes qui s'ignorent ?

On pourrait s'arrêter là, mais il peut devenir tentant d'explorer la résurrection de vieilles réflexions sur l'interconnexion Est-Ouest, avec une jonction à l'est de la gare de la Part-Dieu, du côté de l'avenue Félix Faure. Sur le plan, cela semble facile... mais quand on y réfléchit, cela se complique un peu, au-delà du fait qu'il faudrait percer un nouveau tunnel d'une longueur proche du projet de métro E, car les infrastructures et l'exploitation sont assez divergentes

TTOL-CFEL

Pour envisager une fusion, la sortie du RFN de l'Ouest Lyonnais semble souhaitable : elle est possible d'après la loi de la réforme ferroviaire du 4 août 2014. Mais du point de vue de l'organisation des travaux, l'affaire est loin d'être simple pour aboutir à une infrastructure homogène d'ouest en est.

L'optimum serait probablement un hybride entre une alimentation 1500 V (migration de l'est) et une exploitation Tram (migration de l'ouest) avec une signalisation légère et plus capacitaire, avec une circulation à droite sur la double voie à l'ouest.

En outre, à l'est, les stations sont conçues pour des rames de 43 m et il semble envisageable, en jouant un peu des coudes, de les allonger à 65 m. A l'ouest, moins de contraintes, d'autant que l'exploitation recourt ponctuellement à des UM3 de Dualis. Le dimensionnement dépend aussi de la fréquence atteignable, notamment à l'ouest, à la faveur d'une exploitation Tram sur une double voie complète de Lyon à Tassin, avec potentiellement des terminus intermédiaires à Charbonnières (branche Sain Bel) et Limonest (branche Lozanne).

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Lyon - Place de la Reconnaissance - 7 avril 2012 - La station Reconnaissance-Balzac est contrainte en longueur et devrait dimensionner le matériel qui assurerait le service diamétralisé Est-Ouest : il semble possible d'allonger les quais pour atteindre une longueur de rame de 65 m. A l'époque du cliché, T3 était encore assuré en rames de 32 m. © transporturbain

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Meyzieu zone industrielle - 1er octobre 2015 - Malgré l'arrivée de rames de 43 m sur T3, la ligne reste saturée. La rame cisaille l'itinéraire de Rhônexpress en provenance du terminus Panettes créé avec un gigantesque parc-relais lié à la réalisation du stade des Lumières de Décines. Exploiter cette ligne avec du matériel encore plus capacitaire apparaît nécessaire surtout avec l'essor urbain particulièrement important le long de la ligne. © transporturbain

L'exploitation reposerait sur les principes suivants :

  • 4 missions de base à la demi-heure Part-Dieu - Ouest Lyonnais (Sain Bel, L'Arbresle, Lozanne, Brignais) ;
  • 2 missions de renfort à la demi-heure Part-Dieu - Ouest Lyonnais (Charbonnières et Limonest) ;
  • 3 missions au quart d'heure Gorge de Loup - Est Lyonnais (2 Meyzieu et 1 Aéroport), hors missions de renfort pour la desserte du stade des Lumières de Décines ;
  • Terminus Gorge de loup avec retournements à l'ouest de la gare existante ;
  • Terminus Part-Dieu souterrain avec 4 voies à quai.

Le portrait-robot du matériel, avec un besoin de l'ordre de 60 rames, pourrait être le suivant :

  • unité de base de 65 m au gabarit 2,65 m, avec 5 caisses
  • vitesse maximale 100 km/h
  • accès à 340 mm avec 2 portes de 1300 mm d'ouverture par face (soit 10 portes par unité)
  • alimentation 1500 V

Une perspective à un milliard d'euros, comparable au projet de métro E étudié en 2017-2018, des noeuds au cerveau assurément, mais sans incertitude côté prévision de trafic et donc sur la pertinence de l'investissement...

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11 août 2011

Rhônexpress, l'aéroport lyonnais relié par le rail

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Pusignan, 11 août 2010 - Troisième jour de service pour Rhônexpress qui file à 100 km/h après Meyzieu sur une ligne dédiée aux caractéristiques ferroviaires, quoiqu'au gabarit tramway (2,65 m)... le tout dans un silence remarquable ! © transporturbain

C'est au milieu de l'été que le tramway rapide reliant la gare de Lyon Part-Dieu à l'aéroport Saint-Exupéry a été mis en service. Ce 9 août, Rhônexpress, concessionnaire du service délégué par le Conseil Général du Rhône, a donc pris son envol avec une fréquence de 15 minutes. Sur 15 km, de la Part-Dieu à Meyzieu ZI, les 6 rames Tango fournies par Stadler, offrant 76 places assises, circulent en mixité avec les rames du T3 des TCL. Rhônexpress ne dessert que La Soie (correspondance métro) et Meyzieu ZI, avant de filer en solitaire à 100 km/h vers l'aéroport.

Le consortium formé de la Caisse des Dépôts et Consignations, de Vinci et de Veolia a assuré la construction des 8 km reliant Meyzieu à l'aéroport, hors du périmètre des transports urbains. L'exploitation et la maintenance lui sont confiés pour 30 ans. Au passage, Rhônexpress s'arroge le titre de tramway le plus rapide de France (voire d'Europe) tant en vitesse commerciale qu'en pointe, puisqu'il ne faut que 25 min pour parcourir les 23 km de la ligne. Le coût de cette section Meyzieu - Aéroport, incluant l'atelier dédié au matériel roulant et la fourniture des 6 rames, est de 120 M€ dont 65 M€ pour l'infrastructure.

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Pusignan, 11 août 2010 - Rhônexpress marque aussi l'entrée de Stadler parmi les fournisseurs de tramways en France. C'est aussi le premier tramway de type urbain (comprendre non équipé pour le réseau ferroviaire) apte à 100 km/h. © transporturbain

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18 décembre 2009

Rhônexpress : premier tramway Stadler en France

Dans quelques mois, Lyon aura - enfin ! - sa liaison entre la gare de la Part-Dieu et l'aéroport Saint-Exupéry. Pour y parvenir, des années de réflexion et de débats sur la réutilisation de l'ancien chemin de fer de l'Est de Lyon. Finalement, l'accord de 2001 a permis de créer sur l'emprise départementale deux services ferroviaires : un tramway urbain express, T3, entre la gare et les limites du Grand Lyon, dans la zone industrielle de Meyzieu, mis en service voici trois ans ; Leslys, devenu Rhônexpress, assurera la liaison Centre - Aéroport, sous la responsabilité du Département, tout en partageant les mêmes voies sur les 15 km reliant la Part-Dieu à Meyzieu.

Au-delà, une nouvelle ligne de 8 km a été construite, après l'abandon du tracé par le nord de Pusignan et les réserves réalisées au début des années 1990. Rhônexpress coupe à travers champs pour rejoindre l'aéroport, avec un terminus situé dans la gare TGV.

Le projet a été réalisé sous la forme d'une concession associant principalement Veolia (pour l'exploitation et la maintenance) et Vinci (pour la construction). N'étant pas un service public financé par la collectivité, ce sont les voyageurs qui paieront la totalité du coût d'exploitation. N'escomptez donc pas utiliser Rhônexpress pour aller "plus vite" de Lyon à Meyzieu : il devrait vous en coûter 14 euros.

Deux arrêts intermédiaires sont prévus : à La Soie, pour récupérer les voyageurs venus de la ligne A du métro, et à Meyzieu Zone Industrielle, où un grand parc-relais (déjà saturé) est proposé.

L'exploitation sera assuré par 6 rames Tango fournies par le suisse Stadler, et construites dans l'usine située en Allemagne près de Berlin. Un souci de confort a été recherché à bord de ce matériel dans lequel se trouvera une hôtesse destiné à faciliter le voyage pour la préparation de l'embarquement, tandis que des écrans diffuseront programmes et informations sur le trafic et la vie culturelle lyonnaise.

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25 novembre 2009 - La première rame de RhônExpress est quasiment terminée dans les usines du constructeur suisse Stadler. La livrée particulièrement élégante ne manquera pas d'être prisée des photographes... © J. Esmieu

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17 décembre 2009 - La première rame de RhônExpress est livrée à l'atelier de Meyzieu. Dans quelques mois, leur mise en service commercial marquera l'aboutissement du projet de renaissance du Chemin de Fer de l'Est de Lyon... © J. Esmieu

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