08 mars 2017

Métro de Bruxelles : un quadragénaire et des projets

Avec un peu de décalage sur le calendrier exact, transporturbain célèbre les 40 ans du métro bruxellois, alors que celui-ci est à la veille d'importantes évolutions, avec la création d'une nouvelle ligne et le lancement du programme d'automatisation de l'exploitation du réseau. Ceci dit, la conduite de projet dans la capitale belge étant un exercice d'équilibriste, cette nouvelle étape pour le métro devrait être retardée pour cause de restrictions budgétaires, alors que le nouveau matériel roulant est déjà commandé. Bilan, la STIB demande en dernière minute l'installation de cabines de conduite dans son nouveau matériel.

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Station Delacroix - 28 juillet 2012 - Composition U5 sur la ligne 6 : l'automatisation du réseau, quoique retardée, entrainera le remplacement du matériel d'origine. Les voyageurs y gagneront la climatisation et l'intercirculation. © transporturbain

L'histoire du métro bruxellois est assez atypique puisqu'avant le métro, il y a eu... le prémétro, c'est à dire l'exploitation de sections souterraines en tramway, pour améliorer leur vitesse commerciale. Outre ce volet, ce qui est intéressant dans ce choix, c'est non seulement la progressivité de la construction du réseau, et la possibilité de pouvoir utiliser plus rapidement chaque section réalisée, grâce aux rampes provisoires de raccordement à la surface, mais aussi l'intégration en amont des caractéristiques du métro tout en préservant la compatibilité avec l'exploitation "temporaire" par tramway. Les guillemets ne sont pas inutiles puisque certaines sections ne seront probablement pas converties en métro lourd (cas de la Grande Ceinture exploitée en tramway sous l'indice 7) et d'autres auront connu une exploitation par tramway pendant plus de 30 ans.

Le nouveau dossier de transporturbain vous propose donc de partir dans les tunnels bruxellois ! A vos commentaires !

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20 septembre 2016

Bruxelles : 40 ans de métro

Dans les années 1950, notamment en vue de l'Exposition Universelle de Bruxelles, la STIB avait construit un premier tunnel pour son réseau de tramways, dit de la Constitution, entre la gare du Midi et le boulevard Lemonnier pour fluidifier le trafic sur un secteur très chargé. Enterrer progressivement les tramways sur les principaux troncs communs pouvait aussi constituer l'amorce d'un métro : ainsi, Bruxelles "inventait" le prémétro : des tunnels à grand gabarit, pouvant être construits par étape, avec des raccordements "provisoires" à la surface au moyen de rampes métalliques démontables, et un génie civil des stations conçu pour le métro, mais avec une zone adaptée à quais bas pour le service voyageur en tramway.

En 1969, le tunnel De Brouckere - Schuman, sur l'axe est-ouest, amorçait la réalisation de la première ligne de métro, mise en service le 20 septembre 1976. En forme de Y, elle reprenait le tunnel du prémétro et y ajoutait deux branches au-delà de Mérode vers Tomberg et Beaulieu.

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Bruxelles - Station Simonis - 28 juillet 2012 - Quarante ans pour le métro de Bruxelles : parfois quelques années de plus pour les tunnels et quelques années de moins pour les rames d'origine aux faces "mandarine", toujours en service. L'automatisation ouvre un nouveau chapitre de l'histoire du réseau de la capitale belge. © transporturbain

Dans les années 1970, d'autres sections de prémétro ont été mises en service :

  • sur la petite ceinture d'abord avec en 1970 un premier maillon entre Madou et la porte de Namur, prolongé place Rogier en 1974 et à Simonis en 1986. Le 2 octobre 1988, ce tunnel était à son tour exploité en métro lourd, donnant naissance à la ligne 2 ;
  • le tunnel Nord-Midi, dans l'ancien lit de la Senne, fut mis en service en 1972 de Lemonnier à la gare du Nord et prolongé à la porte de Hal en 1993. Il est toujours exploité en tramways mais sa conversion en métro automatique est décidée ;
  • le tunnel de la grande ceinture (actuelle ligne 7 des tramways) a été ouvert entre 1972 et 1975 entre Diamant et Boileau, et bénéficiera d'une extension pour intégrer la bifurcation de la place Meiser afin de supprimer un point noir du réseau.

Actuellement long de 40 km, le métro bruxellois dessert 59 stations et transporte 135 millions de voyageurs par an. Il est constitué de deux axes est-ouest comprenant un tronc commun entre la gare de l'Ouest et Mérode, et d'un étrange schéma en forme de 6 comprenant un "6" complet, baptisé logiquement ligne 6, et d'une ligne 2 assurant la boucle de base du "6". La STIB engage désormais l'automatisation du réseau, tirant profit des besoins de renouvellement du matériel roulant et des systèmes de signalisation, dans une logique proche de celle qui a prévalu à l'automatisation de la ligne 1 à Paris. Autre projet, la conversion du pré-métro Gare du Nord - Albert en une véritable ligne de métro entre Bordet et Albert, avec la construction de 4,4 km de tunnel et une exploitation là encore automatisée.

Nous consacrerons d'ici la fin de l'année un dossier au métro bruxellois. Le STIB a ouvert un site événementiel pour célébrer cet anniversaire.

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13 décembre 2013

Bruxelles : des tramways flamands en ville ?

Bruxelles a déjà connu la coexistence de 2 réseaux de tramways, entre les lignes bruxelloises exploitées par la STIB, à voie normale, et le réseau vicinal de la SNCV (Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux) qui était lui à écartement métrique.

Le gouvernement flamand a décidé de construire 3 lignes de tramways dans le cadre du projet BrabantNet, en partie connectées au réseau existant, totalisant 60 km d'infrastructures et représentant un budget de 500 M€. L'objectif est de les mettre en service en 2020.

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La première ligne sera orientée vers le nord-ouest, depuis Villebroek, et sera essentiellement implantée le long de l'autoroute A12 afin d'assurer un temps de parcours de 30 minutes. Elle desservira notamment Meise, Londerzeel et Breendonk. Elle rejoindra les tramways de la STIB du côté du Heysel et utilisera le réseau existant pour aboutir à la gare du Nord. Son caractère interurbain très prononcé avec des stations tous les 6 à 7 km le long de l'A12, pourrait donner lieu à des choix techniques d'infrastructure et de matériel roulant assez différents du réseau urbain.

La deuxième ligne partira elle de la gare du Nord pour rejoindre l'aéroport de Zaventem en 25 minutes, en desservant notamment le quartier de l'OTAN, avec un temps de parcours de 25 minutes, en suivant l'autoroute A201 après un parcours urbain notamment sur l'avenue Rogier et le tracé de la ligne 62, dont la Région de Bruxelles envisageait déjà le prolongement au pied des pistes.

La troisième ligne assurera la liaison entre l'aéroport et Jette, effectuant ainsi une veste rocade au nord de l'agglomération en suivant le ring.

Cette décision du gouvernement flamand ravive les débats, assez vifs, avec la Région de Bruxelles et la STIB, qui considère que ces projets doivent avant tout intégrer une démarche globale de planification des infrastructures de transport, et que la position flamande actuelle se place dans une vision concurrentielle puisqu'une partie des tracés se superpose à des projets actuellements à l'étude à la Région de Bruxelles. Le tracé de la ligne de l'aéroport est en effet considéré - non sans bonnes raisons - redondant par rapport à celui de la ligne 62 de la STIB...

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