10 février 2014

Les transports dans les élections municipales

A 6 semaines du 1er tour des élections municipales, la question des transports commence à s'inviter progressivement dans les discussions de campagne. Le sujet apparaît désormais bien ancré dans le débat politique local ce qui témoigne d'une prise en considération de son importance, à la fois sur le développement économique, le volet énergétique et la qualité de vie des citadins.

Cependant, les budgets extrêmement tendus des collectivités locales incitent les candidats à une certaine prudence : l'heure n'est plus vraiment aux grands projets destinés à séduire l'électorat, mais à essayer de trouver un compromis entre les besoins - grandissants - et les ressources de plus en plus rares. Qui plus est, le naufrage politique d'une écotaxe, indispensable mais fort mal présentée, va priver durablement les projets de concours de l'Etat : les 450 M€ du 3ème appel à projet du Grenelle Environnement risquent de rester virtuels, alors que 80 projets ont été présentés.

Les transports en commun sont aujourd'hui clairement entrés dans le mode de pensée des élus locaux, et peut-être même parfois avec excès lorsqu'il s'agit de personnaliser - avec ponctuellement quelque outrance - un museau de tramway et rénover complètement des artères de façade à façade. L'heure n'est plus tant à convaincre de la nécessité de transports en commun, le volet "aménagement urbain" constituant la pilule pour faire passer la contrainte exercée sur la circulation automobile que l'on a tant choyée depuis un demi-siècle.

Dans les principales agglomérations françaises, hormis Paris, le débat va porter sur l'extension des réseaux structurants, notamment des tramways. Dans certaines villes, comme à Bordeaux, le sujet fait consensus et les écarts entre majorité et opposition portent plus sur des modalités de second ordre que sur les principes généraux.

Mais les transports en commun sont devenus aussi un instrument de la tactique politicienne entre les candidats. Quelques exemples. 

AToulouse, le maire sortant, Pierre Cohen (PS), défend son projet focalisé sur l'extension de la ligne B du métro, la poursuite du retour du tramway et la création de BHNS complémentaires. En face, Jean-Luc Moudenc (UMP) propose une 3ème ligne de métro en subsitution du tramway et des BHNS. Reste que l'endettement chronique du syndicat des transports toulousains et la complexité de l'organisation administrative avec plusieurs intercommunalités pour la même agglomération ne facilite pas les projets.

A Nice, le maire sortant, Christian Estrosi (UMP) porte la 2ème ligne de tram est-ouest avec son tunnel de 3 km sous le centre-ville. Le candidat "dissident" Olivier Bettati comme son adversaire PS Patrick Allemand veulent remettre en cause un projet dont les marchés de travaux publics sont lancés.

A Lyon, le maire sortant, Gérard Collomb (PS) joue dans le jardin de son rival Michel Havard (UMP) : celui-ci a proposé une 5ème ligne de métro entre la gares de la Part Dieu et de Saint Paul. Gérard Collomb réplique en proposant un métro non pas dans le centre-ville, mais dans l'arrondissement où se présente son adversaire, entre Saint Jean et Alaï.

A Amiens, le débat portera entre partisans et adversaires du tramway, qui semblent aller au-delà du clivage traditionnel entre majorité et opposition. On a aussi remarqué qu'à Avignon, l'opposition ne tarit pas de critiques contre le projet de tramway. En dehors de ces points critiques, les transports en commun vont être notamment l'occasion d'évaluer la dynamique en faveur des tramways et son éventuel essoufflement, que pourrait illustrer une montée en puissance des projets de BHNS, plus économiques il est vrai, mais seulement à court terme, et qui continuent de progresser, comme l'a montré le Mettis de Metz.

Parallèlement, l'analyse des coûts des tramways en France n'est abordée que de façon épidermique, soit - plus rarement - dans une opposition systématique à ce mode de transport, soit dans une approche comptable par la Cour des Comptes ou les Chambres Régionales. Les démarches engagées pour réduire la facture, comme ce fut le cas au Mans, ou à Besançon, méritent d'être poursuivies et d'associer l'industrie ferroviaire et les entreprises de travaux publics pour proposer de nouvelles solutions assurant la réalisation d'infrastructures de tramways à un coût maîtrisé autour de 15 M€ "tout compris" aux conditions économiques actuelles alors qu'il était atteint au début des années 2000. Réduire de 15 à 20% le coût de construction d'une ligne de tramway aurait un double effet, d'abord sur les comptes publics et ensuite pour les citadins en favorisant la poursuite du développement des réseaux.

Mais on le sait : les élections ne sont que trop rarement l'occasion de se poser les bonnes questions...

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18 décembre 2013

La personnalisation des bus a un coût

Envoyé par un de nos lecteurs havrais (merci à lui !), cette chronique bien renseignée sur les particularismes du marché de l'autobus en France et les desiderata des élus locaux en matière de BHNS.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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19 septembre 2013

Tram ou BHNS ?

On entend encore souvent dire que le tramway est un investissement trop élevé et que l'amélioration des dessertes par bus est une solution équivalente et de moindre coût. L'essor du bus à haut niveau de service (BHNS) a indéniablement permis de montrer que le bus avait des possibilités pour casser son image de mode de transport lent et inconfortable. Néanmoins, toute chose ayant ses limites, le BHNS n'est pas une solution pouvant se substituer au tramway en toutes circonstances.

transporturbain lance donc cette étude sur les coûts comparatifs entre le tramway et le BHNS, dans les différentes conceptions qu'il peut recouvrir. Elle s'intéresse d'abord aux coûts d'investissements et aborde la question plus délicate des coûts d'exploitation.

La vocation de cette étude est d'être enrichie : si vous souhaitez réagir ou y contribuer, apportez vos commentaires ici !

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12 février 2013

Nancy appelle tram ses bus

Le 24 août 2013, l'agglomération de Nancy mettra en service une deuxième ligne de transport en site propre qui complètera la première ligne exploitée avec le tristement célèbre TVR. Baptisé Stanway, cette ligne de bus à haut niveau de service est présentée par les élus nancéiens comme un tramway. Longue de  13,5 km, la ligne relie Laneuville à Malzéville, sera en site propre sur 60% du trajet et devrait transporter 16 000 voyageurs par jour.

L'agglomération s'est dotée de 24 autobus Créalis Neo acquis auprès d'Irisbus à 650 000 euros pièce pour une capacité de 120 places, soit 5417 € la place, pour un matériel dont la durée de vie est de 15 ans. Comparativement aux tramways - aux vrais s'entend - dont la durée de vie est de 40 ans (soit 2,67 fois plus longue que le BHNS), le coût de la place offerte avec un tel matériel atteint 2,67 x 5417 soit 14445 € sur 40 ans. Or avec un tramway à 2 M€ pour 220 places, le coût à la place n'atteint que 9090 €.

Certes, il y a les infrastructures mais dont la durée d'amortissement est également d'une durée de l'ordre de 40 ans...

Toujours est-il qu'avec 16 000 voyageurs par jour, le tramway n'est pas justifiable socio-économiquement parlant, mais cela fait mieux en termes de communication auprès du grand public qui depuis 13 ans avale les couleuvres du TVR !

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18 novembre 2012

Amiens vote pour le tramway

Depuis quatre ans, l'agglomération d'Amiens étudiait l'amélioration de son réseau de transports en commun et comparait les avantages et inconvénients du BHNS et du tramway. Finalement, hier soir, le tramway a été adopté à la majorité du conseil municipal. La première ligne, d'orientation nord - sud, devrait desservir l'hôpital, la gare et la citadelle.

Le contexte est peu favorable aux transports en commun dans cette agglomération : le réseau a perdu près de 40% de sa fréquentation entre 1997 et 2007. Les élus amiénois espèrent donc que le tramway sera l'outil permettant de relancer un réseau jugé peu attractif par la population. Il est vrai que les conditions de circulation sont assez favorables dans la capitale picarde...

280610_CITAROalbert1er_1Amiens, mail Albert 1er - 28 juin 2010 - Le réaménagement de la gare en 2009-2010 a permis de créer quelques aménagements pour les autobus sur le maire Albert 1er notamment emprunté par une ligne à haut niveau de service équipée de Citaro customisés. © transporturbain

Petite précision : c'est un tramway sur rails qui a été adopté par Amiens...

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