05 décembre 2017

Translohr : la fin approche ?

Il ne faut jamais avoir raison trop tôt... et surtout pas avant les autres !

L'échec du Translohr était une certitude pour tous ceux qui connaissent un peu le secteur du transport public urbain, sauf pour ses instigateurs qui croyaient pouvoir bouleverser le marché avec un engin plus cher, moins capacitaire et créant une dépendance industrielle avec un seul constructeur, détenteur du brevet sur le système de guidage. Au total, depuis plus de 10 ans, "seulement" 130 Translohr ont été vendus dans le monde, c'est à dire moins de 10% des ventes annuelles de tramway par les 5 acteurs majeurs pour la seule Europe occidentale (Alstom, Bombardier, CAF, Siemens, Stadler). La reprise en 2012 par Alstom, quelque peu contraint par l'Etat, ne devait que retarder l'échéance.

Alstom annonce une réorganisation des activités de New Translohr en séparant l'activité Translohr de celle d'Aptis, son projet d'autobus électrique. Pour l'instant, Alstom resterait actionnaire de New Translohr (à 51%, les 49% restant étant détenus par la Banque Publique d'Investissements) et serait pour commencer actionnaire unique de la nouvelle entité centrée sur Aptis.

A partir du moment où même Clermont-Ferrand envisage le remplacement de son Translohr à horizon 2025, on peut s'avancer un peu et considérer que la fin du Translohr en France - y compris en Ile de France - est maintenant amorcée. Dommage pour les contribuables, qui après avoir remercié leurs élus locaux pour cette clairvoyance, devront in fine payer la facture de conversion à terme des 3 lignes françaises (une à Clermont et deux en Ile de France), et pour le service de transport en commun en général, puisque le budget alloué à la conversion au tramway de ces lignes aurait pu être mis à profit pour en construire de nouvelles...

 

 

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03 août 2017

Grenoble : 30 ans de tramways

Encore un anniversaire : celui des tramways nouvelle génération de Grenoble, dont la première ligne était mise en service le 3 août 1987. Suivant de près l'expérience nantaise, la capitale dauphinoise a été la première à réintroduire le tramway au coeur même des quartiers les plus centraux alors qu'à Nantes, il ne faisait que les tangenter. Piétonnisation partielle du centre-ville, nouvelle offre de transport et surtout arrivée de la deuxième version du TFS avec plancher bas partiel : une forte demande des élus locaux et des associations d'usagers, en avance sur les questions de commodité d'usage et d'accessibilité pour les personnes handicapées.

Désormais fort de 5 lignes, le réseau grenoblois est néanmoins appelé à connaître d'importants développements compte tenu de la forte pression du trafic routier dans une métropole fréquemment noyée sous la pollution.

Cet anniversaire est évidemment l'occasion de vous rappeler notre dossier sur les tramways de Grenoble !

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31 juillet 2017

Nouveaux développements pour le tram en Afrique du Nord

Algérie : ouverture du réseau de Sidi bel Abbes

Un quatrième réseau de tramways a été mis en service le 25 juillet dernier en Algérie. Après Alger, Oran et Constantine, Sidi bel Abbes a mis en service le 25 juillet dernier un réseau de 2 lignes et 26 stations, sur une longueur de 14,3 km. D'un coût de 260 M$ (28,2 MM de dinars), il est exploité par la SETRAM, filiale du groupe RATP, qui opère déjà les 3 autres réseaux du pays. Le service est assuré par 34 rames Citadis 402 de conception Alstom, mais assemblées en Algérie par CITAL, bénéficiant d'un transfert de technologie. Les travaux ont été assurés par une entreprise turque sous maîtrise d'oeuvre Egis Rail.

plan-tram-sidi-bel-abbes

Le développement du tramway en Algérie se poursuit puisque 5 autres réseaux sont en chantier : Mostaganem, Ouargla, Setif, Annaba et Batna

Maroc : extensions programmées à Casablanca et Rabat-Salé

A Casablanca, la première ligne, longue de 31 km, devrait être rejointe en 2019 par une deuxième ligne de 15 km, récupérant l'une des branches de la ligne T1 actuelle. Elle sera dotée de rames Citadis identiques à celles de T1, c'est à dire des ensembles de 2 rames type 302 monocabines assemblées têtes bêches.

Deux nouvelles lignes sont à l'étude, ajoutant 27 km au réseau de tramways et nécessitant une centaine de rames. Du fait de la fin du contrat avec Alstom, Casa Tram, filiale du groupe RATP, a lancé un appel à candidatures, avec 4 candidats : Alstom est évidemment présent. Bombardier est en groupement avec CAF, tandis que 2 candidatures attirent l'attention : le chinois CRRC et le tchèque Skoda s'intéressent au marché d'Afrique du Nord, pour l'instant développé avec une forte présence française.

Les 2 lignes de Rabat-Salé vont également être prolongées, de 2,4 km à Rabat et de 4,6 km à Salé, avec une ouverture annoncée dans le courant de l'année 2019.

Notre dossier sur les réseaux d'Afrique du Nord a été mis à jour.

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27 juillet 2017

Liège : le tramway financé

Peut-être la fin du premier chapitre du projet de tramway de Liège : la Banque Européenne d'Investissements vient d'accorder un prêt de 210 M€ à la Région de Wallonnie permettant de boucler le plan de financement d'une première phase du tramway. Le prêt accordé permettra à la Société Régionale Wallonne des Transports de s'acquitter des redevances dues au concessionnaire privé, puisque le montage en partenariat public-privé a été retenu.

Trois groupements étaient en lice, avec pour la partie système de transport une compétition entre Alstom, Bombardier et CAF. L'industriel espagnol s'est retiré et Bombardier a également préféré renoncer : Skoda lui a succedé dans le groupement Liège Express. Cependant, le groupement Mobiliège, avec Alstom, a été désigné candidat préférentiel, mais l'attribution du contrat n'aura lieu qu'en fin d'année. Les travaux pourront ainsi débuter en 2018... alors qu'il était initialement prévu - en 2011 - de mettre en service le tramway en 2017. Ce retard s'explique par les nombreuses turpitudes techniques, financières et administratives.

Le projet prévoit un réseau en T avec une ligne de base de 17,8 km entre Seraing et Herstal, sur laquelle se greffe une antenne de 1,2 km vers Bressoux, donnant en outre accès au centre de maintenance et de remisage. Dans un premier temps, seule la partie centrale entre Sclessin et Coronmeuse sera réalisée, soit 12 km et 21 stations pour un coût de 380 M€. Elle desservira évidemment le centre de Liège, avec la place Saint Lambert, et la gare Guillemins.

plan-tram-liège

La mise en service de cette première phase est prévue en 2022... sauf nouveau rebondissement !

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01 mai 2017

Inventaire des tramways français 2017

Nous mettons à jour notre tableau réalisé en 2015 dressant l'inventaire des tramways urbains circulant en France. La nouvelle édition est disponible en téléchargement. N'hésitez pas à nous signaler les erreurs qui subsisteraient !

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10 mars 2017

Avec Aptis, Alstom se lance dans l'autobus électrique

Cela fait partie du plan stratégique d'Alstom : la diversification de son offre de véhicules au mode routier, en tirant parti du rachat de Translohr. En présentant Aptis, un autobus électrique, Alstom souhaite se positionner sur un marché sur lequel pour l'instant les constructeurs classiques avancent avec prudence, tandis que le groupe Bolloré fait une percée à force de vanter son Bluebus et en faisant référence aux contrats d'expérimentation avec la RATP. Autre élément dans ce panorama, le constructeur chinois Yutong qui peut aligner des milliers de véhicules en circulation dans son pays, constituant de fait un rival de plus en plus sérieux.

Le prototype dévoilé est un véhicule de 12 m, dont les 4 roues sont placées aux extrémités, et sont toutes orientables afin de réduire le rayon de giration et permettre des mouvements de translation aux arrêts. De la sorte, l'espace intérieur est complètement dégagé. La recharge des batteries peut être assurée au terminus, au dépôt ou en ligne par le système déjà développé pour la deuxième ligne du tramway de Nice.

alstom-aptis

Le prototype Aptis sur la piste d'essais de Translohr en Alsace. (document Alstom)

Reste à évaluer les coûts d'acquisition et d'exploitation de ces véhicules. D'ores et déjà, Aptis devrait être essayé sur le réseau parisien (lignes 21 et 147) pour évaluer la pertinence des solutions développées par Alstom.

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26 janvier 2017

Nantes : le renouvellement des TFS en vue ?

Outre le lancement des études d'une nouvelle ligne de tramway traversant l'île de Nantes du nord au sud, dont nous avons déjà parlé le 12 janvier dernier, la métropole nantaise a annoncé d'autres orientations pour l'évolution du réseau de transports en commun.

La première concerne la relance du projet de jonction des lignes 1 et 2 entre Ranzay et le domaine universitaire (station Recteur Schmitt), qui avait été mis en sommeil ces dernières années. Une mesure qui s'avère d'autant plus nécessaire qu'avec l'augmentation du trafic, la ligne 2 est en limite de capacité et le flux de correspondance place du Commerce s'avère de moins en moins gérable. Ainsi, une liaison directe par l'est connectera la gare et l'université.

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Nantes - Boulevard Guy Mollet - 29 février 2016 - Un TFS sur la ligne 2, dans le quartier des Facultés. Le renouvellement du matériel apportera une capacité accrue et la future liaison Ranzay - Recteur Schmitt diversifiera les modalités d'accès au domaine universitaire. © transporturbain

La deuxième prévoit le lancement d'un prochain appel d'offres pour engager le renouvellement des 46 rames TFS livrées entre 1984 et 1993, avec une commande qui pourrait porter sur 61 éléments, afin de couvrir les besoins liés aux deux extensions programmées du réseau. Il est aussi prévu de créer un nouveau dépôt pour accueillir ces nouvelles rames annoncées d'une longueur de 45 à 48 m, afin de proposer une cinquantaine de places supplémentaires par rapport aux TFS. Il sera situé à La Chapelle sur Erdre, sur

Peut-être l'occasion d'une véritable concurrence entre constructeurs puisque le réseau nantais dispose aujourd'hui de matériels Alstom (TFS), Bombardier (Incentro) et CAF (Urbos3)...

La troisième porte sur le Busway, qui devrait être prolongé au delà de l'actuel terminus Porte de Vertou, en franchissant le boulevard périphérique sud en direction du quartier des Clouzeaux à Vertou, où sera implanté le dépôt destiné à l'accueil des futurs mégabus électriques de 24 m dont l'appel d'offres est en cours, pour remplacer les Citaro 18 m fonctionnant au GNV, dont la capacité de 110 places est insuffisante compte tenu de la fréquentation de la ligne 4.

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07 décembre 2016

Lille : Alstom en difficulté sur le métro

En 2012, à la surprise générale, Alstom remportait un marché de 266 M€ destiné à augmenter la capacité de transport de la ligne 1 du métro lillois par l'acquisition de nouvelles rames de 52 m en remplacement des éléments VAL de 26 m (notre article du 11 mai 2012). Surprise car Siemens était candidat largement favori au regard de son implantation historique à Lille et de son produit déjà éprouvé, alors qu'Alstom comptait faire de ce marché le laboratoire de développement de son nouveau produit Urbalis Fluence. Parallèlement, les travaux d'adaptation des stations, d'un coût de 450 M€, ont été engagés.

Mais voilà, le nouveau matériel et le système de pilotage automatique associé se font attendre. Annoncé en 2016, l'arrivée du nouveau métro a d'abord été repoussée en 2018 puis en 2020. c'est manifestement le contrôle-commande qui génère ce retard, à la fois dans le développement mais aussi dans la gestion de l'interface - temporaire - destiné à faire cohabiter les deux systèmes (Alstom et Siemens) pendant la période de transition entre le matériel actuel et les nouvelles rames.

Et ce retard complique les relations entre la Métropole lilloise et son exploitant, Transpole, filiale de Keolis, car la première doit verser une compensation pour manque à gagner à son délégataire, du fait du retard pris dans la mise à disposition des nouveaux équipements, contrariant les objectifs d'amélioration que la Métropole avait fixé à son opérateur.

En attendant, les voyageurs s'entassent dans les VAL 206 et VAL 208 qui, même s'ils passent toutes les 60 à 90 secondes, n'en sont pas moins difficiles d'accès à l'heure de pointe...

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09 novembre 2016

Caen : le Citadis succédera au TVR

L'affaire de l'usine de Belfort aurait-elle encore fait des émules ? L'agglomération de Caen a désigné Alstom vainqueur de l'appel d'offres pour la fourniture de 23 tramways qui  remplaceront le TVR dont l'arrêt d'exploitation est prévu dans le courant de l'année 2017. Une option de 9 rames supplémentaires s'ajoute à ce marché. Le montant de la tranche ferme atteint 51,5 M€ hors taxes soit 2,24 M€ par rame. Il s'agira de Citadis 305, avec 6 doubles portes, d'une longueur de 33 m et au gabarit 2,40 m. Ces rames offriront 210 places, soit 60 de plus que les TVR qui vont être remplacées.

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05 novembre 2016

Tramway ou BHNS : quelle empreinte écologique ?

Après la parution de l'étude réalisée par TTK et KCW pour la FNAUT, une nouvelle étude remet sur la table le choix entre tramway et BHNS. Elle est à l'initiative d'Alstom, associée au cabinet Carbone 4 pour évaluer l'empreinte écologique globale (construction et exploitation) des deux modes.

L'étude a été réalisée sur la base d'une ligne de 10 km, en comparant les deux modes à capacité de transport équivalente, donc mécaniquement avec un parc d'autobus plus important du fait de la moindre capacité unitaire par rapport au tramway. Sur une durée de vie de 30 ans,  le tramway génère deux fois moins d'équivalent CO² que le BHNS. Certes, l'infrastructure est plus polluante à construire, puisque les aménagements de BHNS peuvent être réduits au minimum, mais c'est sur l'exploitation que le tramway reprend l'avantage, par sa moindre surface de roulement, son contact fer-fer, sa durée de vie plus importante (sur 30 ans, il faut renouveler au moins une fois la flotte d'autobus) et sa plus grande attractivité par rapport au BHNS dans une logique de report modal.

L'avantage reste en faveur du tramway même s'il s'agit de BHNS hybrides, ou électriques sur batteries, du fait de la construction et du recyclage des batteries. En revanche, l'étude ne s'est pas intéressée au trolleybus qui peut tirer son épingle du jeu justement en s'affranchissant des batteries (du moins pour le régime normal d'exploitation).

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