La décennie 2000 a été marquée par un certain renouveau de ce mode de transport avec la création de C1, C2, le prolongement de C3 et de la ligne 13, devenue C13, et les livraisons de 113 Cristalis. Cependant, l’effectif est encore inférieur au parc de fin des années 1980, puisqu’on comptait 136 ER100.

Lyon reste attachée au trolleybus, contrairement aux autres agglomérations françaises, exception faite de Limoges. Adaptée aux axes intermédiaires dont le trafic ne justifie pas le passage au tramway, la traction électrique bénéficie encore d’un important potentiel sur le réseau. L'évolution technologique peut même amplifier encore le domaine de pertinence puisque le développement de trolleybus à longue autonomie par batteries, tel que développé par Hess, Solaris et même Iveco Bus, peut véritablement procurer à un mode de transport qu'on disait condamné les conditions d'une renaissance viable.

C'est le constat fait par le SYTRAL et Keolis Lyon, aboutissant en septembre 2018 à la présentation d'un plan d'équipement de nouvelles lignes en trolleybus à l'aide de cette nouvelle technologie de véhicules.

transporturbain vous propose d'abord son point de vue sur une extension raisonnée du trolleybus à Lyon.

C6 ou le maillon manquant ?

La ligne C6 assure la liaison Part-Dieu - Ecully Le Perollier. Elle est assurée en autobus mais circule sous les bifilaires de la ligne C1 entre la Part-Dieu et l'extrémité Est de la rue Duquesne puis rejoint celles de la ligne C14 en entrant sur la rue Marietton, jusqu'à la sortie du tunnel réservé aux transports en commun sur le plateau de La Duchère. Si C14 le dessert par l'ouest, C6 l'atteint par le sud, mais une troisième section sous bifilaires existe sur l'avenue Sakharov.

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Lyon - Place de l'Abbé Pierre - 4 septembre 2011 - La ligne C6 dans le quartier de La Duchère, en complète restructuration. Plus de la moitié de son parcours est déjà sous bifilaires. © transporturbain

Il serait donc tentant d'équiper la totalité de la ligne C6, compte tenu de la rudesse de son profil à partir de la gare de Vaise, et d'en faire un axe structurant du réseau, reliant Vaise et la Part-Dieu sans recharger les sections centrales du métro, moyennant un renforcement de l'offre, en abaissant l'intervalle à 6 ou 8 minutes contre 10 à 12 atuellement.

L’électrification de C6 pourrait amorcer ensuite celle de la ligne 89 Gare de Vaise – Porte de Lyon dont le parcours au-delà du Perollier est également assez difficile. Cependant, il serait possible d'exploiter la ligne 89 en traction électrique sans pour autant équiper l'intégralité du parcours en bifilaires : ce serait une première occasion d'utiliser des trolleybus à recharge en ligne, et de se contenter d'équiper d'un point de recharge la zone de terminus de la Porte de Lyon.

C11 : retrouver des complémentarités historiques

La ligne C11 Saxe-Gambetta - Laurent Bonnevay impose aux voyageurs une correspondance sur la ligne D du métro dans sa zone la pus chargée pour atteindre la presqu'île. Le retour de C11 à Bellecour (terminus abandonné en 1991), voire à Saint Jean, pourrait être facilité par le développement des nouveaux trolleybus à recharge en ligne, évitant la pose de bifilaires, d'autant que le trajet est assez court. Pour le sud de Villeurbanne, la seconde liaison directe vers le coeur de Lyon serait rétablie, avec un effet probable de rééquilibrage des charges par rapport à C3.

Dans le même objectif, il serait tentant de prolonger C11 au-delà de Laurent Bonnevay, d'autant que les bifilaires sont déjà présentes, et d'allonger le tronc commun avec C3 pour intégrer la desserte des quartiers Est de Vaulx en Velin, ce qui passerait par une refonte assez sensible de 4 lignes de trolleybus. Evidemment, la circulation en autonomie serait de mise sur les voiries non électrifiées actuellement.

C1 – C8 – C11 – C13 : la grande restructuration

Notre point d'entrée, c'est la longueur de la ligne C13 Montessuy - Grange Blanche et sa forte charge. L'accumulation de travaux a rapidement entrainé sa scission en deux lignes distinctes mais subsiste également une capacité insuffisante surtout entre Part-Dieu et Grange Blanche où elle a succédé à la ligne 28 Part-Dieu - Laurent Bonnevay qui avait réussi non sans mal à être équipée de bus articulés... alors que C13 se contente de véhicules de 12 m. Les riverains de l’avenue Lacassagne ont donc perdu en capacité… à entrer dans les véhicules (ne parlons même pas de confort).

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Lyon - Avenue Lacassagne - 3 juillet 2010 - Passant devant le dépôt des Pins et sa fresque sur l'histoire des transports en commun, l'ancienne ligne 28 Part Dieu - Bonnevay, qui avait réussi à bénéficier d'autobus articulés devant sa saturation. Désormais, sur la section Part Dieu - Grange Blanche, les voyageurs, pas moins nombreux, doivent se contenter d'autobus standard. Quand "Atoubus" devient "Amoinsbus"... © transporturbain

De son côté, la ligne C8 Grange Blanche – Vaulx en Velin Résistance est marquée par une dissymétrie de son trafic entre la partie Grange Blanche – La Soie, qui lui permet de desservir les hôpitaux Est, et Bonnevay – Vaulx en Velin où, nonobstant l’emploi d’autobus articulés, elle serpente dans les différents quartiers vaudais avec une charge très modeste pouvant se satisfaire de véhicules standards.

Notre schéma repose sur la logique suivante :

  • C1 serait déviée par Charpennes pour offrir la correspondance métro comme C2,
  • C13 seralit limitée au parcours Part-Dieu - Montessuy,
  • C8 reformatée en récupérant les sections Cité Internationale - Brotteaux (ex-C1), Part Dieu - Grange Blanche (ex-C13), formant ainsi une diagonale Cité internationale - Part-Dieu - Grange Blanche - Hôpitaux Est - La Soie - Laurent Bonnevay, exploitée par trolleybus articulés,
  • C11 serait prolongée de Laurent Bonnevay à Vaulx Résistance (en remplacement de C8) outre le retour à Bellecour déjà cité ci-avant, visant elle aussi une exploitation par trolleybus articulés.

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C4 : des extensions des deux côtés ?

Desservant l'axe Jaurès - Saxe - Foch en rive gauche, la ligne C4 dispose d'un intéressant potentiel pour compléter le maillage du réseau, afin d'améliorer l'accès au campus de La Doua pour délester l'itinéraire de référence par T1. Le prolongement de la Cité Internationale à la station Gaston Berger irait dans ce sens. La section hors bifilaires entre l'avenue Rossellini et le campus de La Doua pourrait être parcourue sur les batteries.

Au sud de Jean Macé, une liaison vers la confluence serait envisageable en se substituant au tracé de la ligne C7 par le boulevard Yves Farge, celle-ci étant reportée rue de Gerland qui n'est desservie que par une médiocre navette de quartier alors que les constructions de logements y ont fleuri. Pour cette section, là aussi, les bifilaires ne semblent pas indispensables.

Et à plus long terme ?

L’ouest lyonnais est un terrain propice à la traction électrique du fait du vallonnement prononcé. La ligne 19 serait assez facile à équiper du fait de ses troncs communs avec les lignes C14 (entre Hôtel de Ville et Pont Mouton) puis dans l'hypothèse d'électrification de C6 (pour la montée au Perollier). Même chose pour la ligne 2 Croix Rousse - Gare de Vaise - Saint Rambert, avec des troncs communs existants (avec C13 et C14), cette dernière pouvant raisonnablement amorcer le rééquipement des lignes 20 (Saint Cyr) et 22 (Saint Fortunat) au départ de la gare de Vaise.

Il est régulièrement évoqué la conversion – ou plutôt le retour – du trolleybus sur la ligne C20 Bellecour - Francheville, qui pourrait déclencher par effet de tronc commun des réflexions sur d’autres lignes ayant pour point commun d'emprunter la montée de Choulans. On pensera ainsi d'abord aux lignes :

  • C19 Perrache - Sainte Foy - Francheville Taffignon ;
  • C21 Perrache - Point du Jour - Ménival - Alaï - Tassin - Gorge de loup ;
  • 46 Perrache - Point du Jour - Champvert - Boyer ;
  • 49 Perrache - Chavril - Sainte Foy Châtelain.

.S'y ajouteraient aisément deux lignes marquées par la rudesse de leur profil et la possibilité de retravailler leurs itinéraires un peu trop alambiqués :

  • 45 Croix Rousse - Gorge de loup - Eglise de Tassin - Champvert - Point du Jour - Valdo ;
  • 90 Valmy - Saint Just - Gorge de loup - Champvert - Point du Jour - Sainte Foy Châtelain.

Compte tenu de la complexité de leur itinéraire, nous nous limitons à évoquer l'intérêt de la traction électrique sur ces secteurs, sans nous prononcer sur de nouveaux itinéraires. Tout au plus notera-t-on l'intérêt d'une liaison claire et rapide entre Gorge de loup (métro D, tram-train) et la gare d'Oullins (métro B, TER) qui pourrait constituer le socle d'une nouvelle ligne 90.

Sur le plateau nord enfin, on pensera à la ligne 38 Part-Dieu - Caluire Bascule, qui affronte la redoutable Montée de La Boucle, mais aussi à la ligne 70 Part-Dieu - Neuville qui fait parcours commun avec C2 jusqu'au centre commercial Caluire 2. La combinaison des électrifications du 38 et du 70 pourraient d'ailleurs donner l'idée d'électrifier la ligne 33 Croix Rousse - Caluire - Sathonay - Rillieux.

Pour le reste, un tronc commun conséquent existe entre la ligne C13 et la ligne 25 (Part-Dieu - Bron Sept Chemins) sur l'avenue Lacassagne, mais depuis Atoubus, cette dernière est devenue fantômatique. La traction électrique n'aurait de sens qu'avec une revitalisation d'envergure de cette ligne, ce qui n'est pas forcément saugrenu puisque le dernier PDU adopté en 2018 prévoit la réalisation d'aménagements de type TCSP sur la route de Genas, empruntée par la ligne 25, pour une liaison vers Grange Blanche et/ou Part-Dieu.

D'autres lignes encore mériteraient réflexion, notamment les axes à fort trafic que sont C10 (Bellecour - Saint Genis Laval), C12 (Bellecour - Hôpital Feyzin-Vénissieux) et C25 (Part-Dieu - Saint Priest)...

Point important à souligner : l'émergence des trolleybus à batteries, avec une autonomie d'environ 15 km en l'état actuel de la technique, ouvre la voie au remplacement des autobus par des trolleybus sans forcément équiper la totalité du parcours de bifilaires, rendant donc l'investissement un peu plus facile d'accès.

Septembre 2018 : le SYTRAL relance le trolleybus

Après les annonces de Limoges et Saint Etienne, commandant respectivement 4 et 25 trolleybus de nouvelle génération, le réseau lyonnais a confirmé son attachement au trolleybus en annonçant une série de mesures d'une ampleur inégalée depuis 40 ans avec l'équipement de 6 lignes :

  • C5 Cordeliers - Cité internationale - Rillieux - Vancia ;
  • C6 Part-Dieu - Gare de Vaise - Ecully Le Perollier ;
  • C25 Part-Dieu - Parilly - Saint Priest ;
  • 19 Hôtel de Ville - Gorge de loup - Ecully Le Perollier ;
  • 25 Part-Dieu - Montchat - Bron Sept Chemins ;
  • 38 Part-Dieu - Cuire - Caluire Bascule.

La logique d'engager les trolleybus en misant sur les troncs communs avec le réseau existant semble avoir guidé les choix du SYTRAL et on peut mesurer au vu de ce programme les possibilités de phases ultérieures, car nul doute que le trolleybus de nouvelle génération pourrait relancer un mode de transport qu'on disait oublié au début des années 2010.

Ajoutons tout de même que le SYTRAL prévoit aussi d'équiper la ligne C13 en trolleybus articulés à batteries pour augmenter la capacité et gérer durablement les travaux dans le secteur de la Part-Dieu, ce qui porte le besoin à au moins 70 véhicules supplémentaires.

Le SYTRAL a également décidé d'expérimenter les autobus électriques à batteries sur la ligne C16 Charpennes - Surville, tandis que des bus à hydrogène seront essayés sur la desserte de la zone industrielle de Saint Fons où existe déjà un centre de production d'hydrogène.

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En marron les lignes existantes / en orange les projets actés par le SYTRAL / en rose nos propositions complémentaires