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Milan - 21 juin 2011 - Via Tomasso Grossi - Avec la galerie Victor Emmanuel en arrière-plan, la Peter Witt 1940 de la ligne 1 porte toujours l'orange dont ont été revêtu l'ensemble des véhicules de transports en commun italiens dans les années 1970. A plus de 80 ans, ces motrices assurent encore le tiers du réseau de tramway milanais. © transporturbain

Milan, capitale de la Région de Lombardie, compte 1,3 millions d’habitants au centre du 4ème bassin urbain européen avec 7,1 millions d’habitants. La ville possède l’un des plus importants réseaux de tramways d'Europe occidentale avec 115 km d’infrastructures et 18 lignes. Son métro fête en 2014 ses 50 ans. Il compte aujourd’hui 4 lignes totalisant 94,5 km d’infrastructures desservant 103 stations. La fréquentation journalière atteint 1,15 millions de voyageurs. Une 5ème ligne, elle aussi automatique, est en construction : sa mise en service est prévue en 2015.

Essor des transports publics milanais

Les premiers services de transport urbain par omnibus étaient lancés en 1841. Le 8 juillet 1876, les tramways hippomobiles faisaient leur apparition sur la ligne Milan – Monza, avec un terminus fixé hors les murs à la Porta Venezia, puis le 24 juin 1877 sur la ligne reliant l’Arc de la Paix (Arco della Pace) à Saronno. Compte tenu du succès de fréquentation, la ville acceptait la pose de voies ferrées dans le centre de la cité.

Développant assez tardivement ses premiers tramways, Milan rattrapa progressivement son retard en développant la traction vapeur : le Milan – Vaprio,  mis en service le 6 juin 1878, amorça l’essor des tramways, d’abord de façon éparpillée, sans former de véritable réseau, d’autant qu’elles étaient exploitées par différentes compagnies.

La desserte urbaine restait donc principalement assurée par les services suburbains. L’approche de l’Exposition Nationale de 1881 incita la ville à développer un service urbain de tramways hippomobiles, centrés sur le Duomo, confié à la Société Anonyme des Omnibus.

Les premiers projets d’électrification du réseau urbain apparurent en 1892, sous l’égide de la compagnie Edison, avec une expérimentation proposée entre le Duomo et le cours Sempione, desservant un quartier en cours de construction. A partir de 1895, la compagnie Edison prit les commandes du réseau urbain, achevant son électrification complète en 1901.

De la municipalisation à la modernisation

En 1917, la ville reprenait le contrôle de son réseau par la création de l’Agence des Tramways Municipaux. L’ATM entreprit une importante refonte du réseau pour supprimer le terminus du Duomo saturé, en diamétralisant les lignes. Parallèlement, la politique tarifaire était adaptée à la diversité des besoins.

La modernisation du réseau fut engagée entre les deux guerres, notamment par la commande de 502 motrices Ventotto (série 1500), inspiré des street cars Peter Witt. En outre, en 1931, le réseau fut remanié afin de desservir la nouvelle gare de Milan Centrale, déplacée de plusieurs centaines de mètres. Le réseau ferré cessait toutefois de grandir, l’ATM privilégiant à partir de 1933 le trolleybus pour les dernières extensions, notamment sur la seconde ceinture de boulevards.

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Milan - Piazza Cinco Gornate - 22 juin 2011 - Renouant avec la livrée classique milanaise, les Peter Witt assurent toujours le service de lignes desservant le centre de la ville et des axes de faubourgs à trafic moyen. © transporturbain

Néanmoins, les tramways demeuraient le principal mode de transport du réseau, profitant de l’accélération du service procurée par les Peter Witt circulant sur de larges avenues et bénéficiant en banlieue de voies en accotement. Enfin, en 1939, le réseau surburbain de la Société de Traction Electrique Lombarde fut intégré dans le giron de l’ATM.

Métro et restructuration du réseau

Bien qu’ayant subi de sérieux dommages de guerre, le réseau milanais fut pour l’essentiel restauré, mais la nouvelle planification urbaine décidée en 1953 devait marquer une rupture radicale par l’élimination des tramways dans le centre-ville, avec la construction du métro. Le 6 août 1955, la compagnie Metropolitano Milanese fut constituée et chargée de la construction de la première ligne, entre Lotto et Sesto Marelli (12,5 km) ouverte le 1er novembre 1964.

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Milan - station Loreto - août 2013 - D'allure fonctionnelle, les stations du métro milanais portent la couleur de la ligne qui les dessert : ici le rouge pour la ligne 1. © Th. Godin

Par ailleurs, l’autobus, ayant bénéficié de progrès techniques dans la motorisation et l’aménagement, permit l’élimination des tramways sur certains axes. L’arrivée de nouvelles motrices articulées à 2 caisses Stanga (4600-4700) à partir de 1955 devait aussi rationaliser le parc en éliminant pas moins de 6 séries anciennes. Deux sections ferrées étaient mises en service vers Taliedo en 1964 et Gratosoglio en 1969. Néanmoins, l’essentiel du réseau suburbain devait être démantelé durant les années 1950 et 1960.

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Milan - Porta Genovese - 22 juin 2011 - Les 4700 d'origine Stanga ont été sommairement modernisées et repeintes aux couleurs initiales du réseau. Elles assurent notamment la ligne 2. Notez le plan de voie et la succession très rapprochées des deux aiguilles sur la voie contiguë à la motrice. © transporturbain

En 1969, la deuxième ligne était mise en service entre Caiazzo et Cascina Gobba. ouvrant une période de 10 ans d’extensions régulières du réseau pour atteindre 40,6 km et 50 stations.

Le développement du métro renforça l’attractivité de l’ensemble du réseau de transports publics, entraînant une hausse du trafic dont bénéficiaient logiquement les tramways grâce aux nombreuses correspondances

Par ailleurs, le 9 mars 1970, l’introduction du ticket horaire autorisant les correspondances provoqua une importante refonte du réseau de surface et la rationalisation des lignes en supprimant de nombreux troncs communs. L’extension du métro entraîna une nouvelle contraction dès 1970 : pas moins de 6 extensions étaient mises en service dans la décennie.

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Milan - août 2013 - La ligne 2 est encore majoritairement équipée du matériel d'origine du réseau souterrain, qui a été en partie modernisé avec la modification des portes et l'installation de la climatisation dans les voitures . © Th. Godin

Pour autant, l’arrivée des Jumbrotram (4800) en 1971, issus de l’allongement de 4600, indiquait que le tramway restait indispensable au réseau milanais marquait le souci d’adapter – même de façon économique – le tramway à l’évolution du trafic. L’arrivée des premières motrices 4900, en 1976, marquait un tournant. Ces motrices devaient initialement assurer le service des lignes 90/91 à la place des trolleybus, mais la conversion de ces lignes circulaires ne fut pas concrétisé. En revanche, en 1981, les voies de la Via Larga furent mises en service, améliorant la circulation des tramways.

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Milan - Via Francesco Barecca - 22 juin 2011 - Les 4900 ne brillent guère par leur esthétique mais offrent des performances soutenues et un bon niveau de confort, une fois franchies les 3 marches d'accès. Notez le pavage typiquement milanais de la voirie. © transporturbain

L’amorce de la ligne 3 du métro fut lancée dès 1981 et ouverte le 3 mai 1990 avec 9 stations entre la gare centrale et la Porta Romana. Pas moins de 9 extensions du réseau ont été mises en service entre 1990 et 2005, concernant les 3 lignes.

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Milan - mars 2013 - La ligne 3 a été réalisée dans les années 1980 et 1990. Plusieurs stations de cette ligne sont plus étroites, s'adaptant au niveau de trafic. Néanmoins, les trains à grand gabarit comportent 6 voitures. © Th. Godin

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