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Lyon - carrefour des rues Neyret et Pouteau - 13 avril 2013 - Le NMT222 dans son élément : les étroites rues de la Croix Rousse où le trolleybus assure inlassablement et vaillamment son service depuis 65 ans, dont 13 - déjà ! - avec ce matériel ! © transporturbain

La ligne 6 des trolleybus lyonnais nécessite des véhicules à gabarit réduit compte tenu de l’étroitesse des voiries empruntées sur les pentes de la Croix Rousse. Après les VCR (1948 – 1963), les VBH85 ont assuré le service jusqu’en 2000. Cette longévité exceptionnelle a été permise par l’importante rénovation menée en 1984 sur sept voitures, elle-même rendue possible par la réduction du trajet de la ligne.

Cependant, les TCL ont été confronté dans les années 1980 et 1990 au vieillissement du matériel, qui nécessitait de surcroît une équipe dédiée de conducteurs. Des essais d’autobus à gabarit réduit Van Hool et CBM ont été réalisés, mais leurs performances étaient très inférieures à celles des trolleybus dans des rues dont la pente peut atteindre 11%, en particulier rue Pouteau et rue Mottet de Gerando.

Par conséquent, un appel d’offres européen a été lancé en 1996 pour fournir sept trolleybus modernes d’une longueur maximale de 9,7 m et n'excédant pas 2,4 m de large. Le lauréat est un groupement européen : MAN a fourni le châssis de l’autobus NM222. Kiepe a développé la chaîne de traction, développant 180 chevaux, en utilisant un moteur Skoda. Hess s'est chargé de l'assemblage et de la réalisation de la caisse, reprenant plusieurs éléments d'origine MAN.

NMT222

Le résultat est un trolleybus compact, à plancher bas sur la partie avant, présentant d’excellentes qualités de maniabilité, un niveau sonore réduit et une grande souplesse au démarrage. Il fallut toutefois abaisser les lignes aériennes du secteur parcourable par le NMT222, puisque les perches sont plus courtes que sur les précédents matériels. On note aussi que les NMT222 dispose de rattrape-trolley à l'arrière, alors que les Cristalis en sont démunis, le dispositif étant remplacé par une canne téléscopique isolante.

Les sept trolleybus ont été pelliculés d’une fresque évoquant les toits en tuile romaine des immeubles traditionnels lyonnais, surmontée du célèbre Guignol. Livrés à compter de l'été 1999, leur mise en service commercial a eu lieu le 15 janvier 2000.Rénovés en 2011 (opération qui a principalement concerné les selleries et la révision technique), ils continuent d’assurer un excellent service sur cette ligne, en associant souplesse, silence et confort.

Néanmoins, l'emplacement de la motorisation à l'arrière, surélevant le plancher, a empêché l'installation d'une troisième porte, qui existait sur les VBH85, et offrait une grande plateforme arrière facilitant le service à l'heure de pointe.

En dépit de la proposition faite à la RTM d’essayer un de ces véhicules sur les lignes de Notre Dame de la Garde, les sept voitures lyonnaises n’ont pas eu de descendance.