Nice et la Côte d'Azur constituent probablement l'un des plus beaux écrins urbains de France, quoique la consommation foncière galopante depuis les années 1950 a quelque peu malmené ce site marqué par la proximité entre la mer et la montagne. L'urbanisme linéaire du litoral a également constitué l'occasion de développer un des réseaux de tramways urbains et interurbains les plus renommés, associant deux Etats - la France et la Principauté de Monaco - et quatre villes : Cannes, Nice, Monaco et Menton, avec à la clé diverses expérimentations, pas toujours couronnées de succès...

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Nice - Avenue Jean Médecin - 28 décembre 2015 - Intense animation sur la principale artère commerçante de Nice, livrée aux seuls piétons et tramways et ici décorée pour les fêtes de fin d'année. On notera le trafic important avec pas moins de 5 tramways visibles sur ce cliché. Au passage, on en profitera pour apprécier l'éclairage de la ville, très propice aux clichés nocturnes ! © transporturbain

Bastion de l'empire financier Mariage, le réseau niçois présentait certaines analogies avec celui de la capitale : les motrices L de la STCRP furent déclinées pour la voie métrique niçoise et les potelets d'arrêt reproduisaient le disque rouge et or.

La disparition du premier réseau, achevée au début de l'année 1953, précéda un mouvement d'explosion des constructions et du trafic automobile, incarnée par la voie rapide surplombant les voies de la gare. Dans un tissu urbain très dense, les trolleybus (jusqu'en 1970) et les autobus ont rencontré des difficultés grandissantes de circulation. Ce n'est qu'après un "changement de dynastie" municipale que l'inflexion fut donnée et il fallut attendre le début du 21ème siècle pour qu'elle se concrétise par la création d'une première ligne. Très urbaine, limitée à la seule ville de Nice, elle compte parmi les plus densément utilisées de France, mais se distingue aussi par une faible vitesse commerciale. Sur le plan technique, le matériel roulant est muni de batteries pour franchir sans fils les places Masséna et Garibaldi.

La deuxième ligne, dont la mise en service est prévue fin 2018, innovera par le choix d'une alimentation sans fil sur la totalité du parcours. Contrairement à la première, elle traversera le centre de Nice essentiellement en tunnel. Destinée à la desserte de la métropole sur un axe est-ouest, elle pourrait amorcer la renaissance d'un réseau de plus grande ampleur.

Notre dossier sur les tramways de Nice comprend 3 volets :

Chapitre 1 : des origines à l'électrification

Chapitre 2 : de l'apogée au déclin

Chapitre 3 : le renouveau