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Bordeaux - Quai Richelieu - 5 février 2017 - C'est un des sites les plus remarquable du réseau bordelais : la perspective des quais de la Garonne, le pont de Pierre, et l'aménagement de la correspondance entre les lignes A et C dans une station Porte de Bourgogne à 4 voies. Dire qu'auparavant, cet espace était entièrement dévolu à la voiture... © E. Fouvreaux

Le retour du tramway dans les rues de Bordeaux est d'abord lié à un changement de cap politique. Jacques Chaban-Delmas, figure emblématique de la vie politique française après la libération, régnait sur la ville depuis 1947. Il avait enterré les tramways en 1958 et mené, comme tant d'autres, une politique adaptant la ville à la voiture, noircissant les façades, taillant dans les trottoirs et transformant les places bordelaises en parking géant.

Dans les années 1980, il avait cédé aux sirènes du VAL, en vain. Trop cher, se limitant à la seule desserte de l'hypercentre, il ne faisait pas consensus et la consistance du sous-sol, tandis que la réalisation des premiers projets de tramways (Nantes et Grenoble) redonnaient des arguments à ses partisans. Bilan, des palabres et au final du temps perdu.

Lorsqu'en 1995, Jacques Chaban-Delmas lâche enfin son fauteuil et qu'Alain Juppé lui succède, il n'est plus question de VAL : le nouveau maire n'a pas caché pendant la campagne électorale qu'il penchait en faveur du tramway. Il était temps de sortir de l'impasse : la ville souffrait de l'emprise de l'automobile et le réseau d'autobus ne brillait pas par son efficacité.

L'engagement simultané de la réalisation des sections centrales des trois lignes projetées constituait un défi technique et politique, le projet affrontant une opposition frontale. Qui plus est, Bordeaux se lançait dans l'aventure de l'alimentation par le sol, qui ne manqua pas de donner des sueurs froides aux techniciens.

Quinze ans après sa mise en service, les soucis de l'APS sont oubliés (peut-être pas les surcoûts) et le tramway est ancré dans le paysage bordelais, d'autant qu'il a permis de mener en parallèle une politique de restauration des façades mais aussi des espaces publics : que dire des quais de la Garonne réhumanisés, mettant en valeur une continuité architecturale remarquable ?

Le succès a son revers avec des sections centrales approchant de la saturation, d'autant que la Métropole poursuit le prolongement en banlieue des trois lignes, franchissant désormais la rocade. Une quatrième ligne est en chantier et les perspectives de développement dans les quinze prochaines années font probablement de Bordeaux l'un des plus importants réseaux de France.

transporturbain vous propose un dossier en trois volets consacré aux tramways bordelais :

Chapitre 1 : Le premier réseau

Chapitre 2 : Le réseau actuel

Chapitre 3 : Quelles extensions possibles ?