Naissance tardive mais électrification précoce des tramways

Citée fortifiée du 15ème siècle, Erfurt fit tomber ses remparts en 1873 avec le développement de ses faubourgs, accueillant diverses activités industrielles naissante et suscitant l’instauration d’un premier service de transport en commun le 13 mai 1883 à l’aide de tramways hippomobiles. Trois lignes à voie métrique furent rapidement constituées avec une fréquence soutenue de 5 minutes en pointe, justifiée par l’augmentation importante de la population, de l’ordre de 50% sur la seule décennie 1880.

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Erfurt - Anger - 21 septembre 2018 - En ce début de soirée, avec l'élégante mise en lumière de la Poste centrale, la place centrale de la capitale du Land de Thuringe devient plus calme qu'en pleine journée. © transporturbain

Evidemment, la traction animale révéla rapidement ses limites, ne pouvant suivre le rythme soutenu de l’extension de la ville. Le 6 septembre 1892, la municipalité signait le contrat avec Union-Electricitäts-Gesellschaft (future AEG) portant sur l’électrification des tramways pour un montant de 310 000 marks. Erfurt accueillit le 28 mai 1894 un premier tramway électrique à titre d’essai, rapidement jugé concluant puisque la conversion du réseau était intégralement effective le 20 août suivant. Ainsi, Erfurt fut un des premiers réseaux totalement électrifiés, 3 années seulement après la première exploitation commerciale à Halle.

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Premières motrices électriques, vues ici en 1905 : la disposition est classique avec un truck à essieux à empattement court, deux plateformes ouvertes et un compartiment fermé de faibles dimensions. (document SWE)

Néanmoins, l’infrastructure demeurait à voie unique, avec quelques évitements, limitant l’évolution du service. Il fallut toutefois attendre 1912 pour que soient engagés les travaux de mise à double voie des sections urbaines. Seules les branches de Hochheim et Melchendorf restèrent à voie unique, le potentiel de trafic de ces territoires étant alors insuffisant pour justifier l’investissement. Ces opérations furent néanmoins suspendues pendant la première guerre mondiale, durant laquelle le réseau fut très sollicité pour les transports militaires (troupes, blessés, munitions).

Un entre-deux guerres entre contraction et modernisation

Dans une Allemagne exsangue au sortir de la guerre, la crise économique des années 1920 mit à mal l’équilibre financier du réseau, qui fut municipalisé en 1920. Il fallut procéder à plusieurs fermetures de sections, notamment sur la ligne de ceinture des remparts et la Leipzigerstrasse dès 1922. Cependant, face à une inflation galopante, la ville doit vendre certains matériaux, notamment des sections à double voie neuves, pour payer les salaires. A partir de 1924, la Ville put relancer les travaux de mise à double voie du réseau et de restaurer les sections vendues dans l'urgence. L’année suivante, la Ville procéda à la numérotation des 4 lignes repérées jusqu’alors uniquement par un code de couleurs (rouge, bleu, vert, jaune et marron).

C’est d’ailleurs en 1925 qu’apparurent aussi les premiers autobus en complément du service des tramways. Néanmoins, des tramways modernes plus capacitaires étaient également commandées, avec une livraison à partir de 1930 : la ville comptait alors 140 000 habitants.

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Ambiance animée sur Anger dans les années 1930. La configuration a quelque peu évolué puisque les bâtiments sur la gauche ont aujourd'hui disparu. La carte postale est certainement prise depuis le Kunstmuseum.

Les premières motrices type Gotha firent leur apparition en 1936, un an après le retour des tramways à Wiesenhügel, quartier privé de desserte depuis 1918. Plusieurs travaux d’extension étaient initiés, en particulier pour desservir l’aéroport. Néanmoins, l’année 1939 vit circuler les derniers tramways sur l’axe Domplatz – Arnstädterstrasse et le Loberbrücke. Les dernières livraisons eurent lieu en 1944 mais les travaux de la nouvelle branche avaient été interrompus.

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Erfurt - Domplatz - 21 septembre 2018 - Contraste entre l'architecture traditionnelle et la modernité des Combinos 2. Le convoi vient de franchir les appareils de voie neutralisés pendant les travaux de l'axe Domplatz - Anger par Fischermarkt. © E. Fouvreaux

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Erfurt - 22 septembre 2018 - Cadrage différent mais cohérence de style entre la livrée classique des tramways et la maison à colombages qui nous offre un quasi ton sur ton. © transporturbain

Epoque DDR : un maintien a minima

Par rapport à d’autres villes allemandes, Erfurt fut relativement épargnées par les bombardements puisque 17% de la ville « seulement » fut détruite au cours des bombardements d’avril 1945. La reconstruction partielle du réseau permit le retour des tramways de façon progressive au cours de l’année 1946 mais avec une alimentation électrique partielle et donc de fréquentes interruptions de l’exploitation. En outre, les autorités réquisitionnaient le réseau pour l’évacuation des déblais et la reconstruction de la ville. Erfurt équipa en outre quelques lignes de trolleybus, pour s’affranchir des contraintes de rationnement des carburants. Le service normal ne réapparaissait qu’en 1951.

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En 1957 sur Anger, les tramways des années 1930 font encore bonne impression : l'automobile est rare dans les rues, où on note quand même le contraste entre le livraison par camions et par charette hippomobile !

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Une décennie plus tard, sur Anger, on peut constater sur les aménagements de l'après-guerre ont été pensés pour le service des tramways, avec les refuges d'attente en station, dépourvus cependant de tout abri. On aperçoit un trolleybus avec remorque. (document SWE)

Avec la partition de l’Allemagne, Erfurt se retrouvait « à l’est » : si le tramway n’était pas menacé dans une logique plutôt hostile au transport individuel, le réseau pâtit d’une image négative en dépit de l’acquisition de motrices neuves type Gotha, qui était alors le matériel standard des programmes industriels de la RDA.

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Erfurt - Anger - Mai 1980 - Motrice et remorque Gotha sur la place centrale d'Erfurt : on mesure aisément les faibles moyens pour l'entretien du réseau à l'état des voitures, donnant une image désuète aux tramways. © H. Ludicke

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Erfurt - Anger - 15 mai 1983 - La motrice 131 n'a pas trop mauvaise allure et semble avoir été remise en peinture récemment. L'artère commerçante est désertique et il n'y a pas foule non plus dans le tramway en ce dimanche. ©  S. Holtge

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Erfurt - Fischermarky - Mai 1980 - Enfin une photo avec un peu d'animation pour illustrer l'époque DDR du réseau : les KT4 sont alors le fleuron des tramways et le soleil couchant met en valeur le bâti de cette ville réputée pour son patrimoine bâti. © H. Ludicke

Le réseau fut maintenu aux trois-quarts, grâce à la structure urbaine de la cité, avec un centre dense, constitué de rues étroites peu compatible avec le développement d’un trafic automobile de toute façon limité par les critères d’éligibilité de la population et les délais de livraison. Néanmoins, plusieurs suppressions de desserte devaient intervenir entre 1964 et 1978, notamment entre la Karl Marx Platz et Steigergasse (1964), sur la Stauffenbergallee (1973) et la Brühlerstrasse (1978).

Erfurt développa au cours des années 1960 la construction de deux nouveaux quartiers d’habitat collectif, au nord avec 50 000 habitants et à l’est avec 40 000 habitants, desservies par les premières extensions du réseau. En 1960, l'amorce de la ligne de Messe était mise en service sur Gothaerstrasse et il fallut attendre la fin des années 1970 pour inaugurer les premières nouvelles extensions, notamment vers Urbicher Kreuz et Wiesenhügel.

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Erfurt - Clara-Zetkin Strasse - 1969 - Les trolleybus ont assuré le service de 3 lignes jusqu'en 1975, vers Ringelberg, Melchendorf et Hochheim. Le service était d'abord assuré par des Lowa W600 puis par des Skoda 9Tr ici illustrés. (document SWE)

La modernisation était amorcée puisque ces nouveaux tronçons étaient aménagés en site propre de type ferroviaire sur lesquels une vitesse de 60 km/h pouvait être tenue par les nouvelles motrices Tatra KT4, nouveau modèle unifié de la RDA, apparu en 1975 pour réformer les Gotha : le processus mit tout de même 12 ans puisque ces motrices de faible capacité et peu puissantes ne furent éliminés qu’en 1987…

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Erfurt - Anger - 17 juin 1989 - Composition maximale typique de l'heure de pointe avec 3 KT4 dont 2 en unité multiple et une utilisée en simple remorque. L'arrivée de ce matériel a tout de même amélioré le confort des voyageurs mais n'eut que tardivement raison des Gotha. © H. Kussmagk

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Erfurt - Domplatz - 17 juin 1989 - A nouveau une composition triple de KT4, rejoignant la boucle du terminus située au sud de la place. On notera à gauche les voies interrompues de l'ancienne ligne 2, abandonnée en 1978... mais restaurées depuis. © H. Kussmagk

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Erfurt - Warschauerstrasse - 22 septembre 2018 - Les extensions accompagnant les programmes immobiliers ont été aménagées en site propre, souvent sur voie simplement ballastée, mais concourant à la bonne vitesse moyenne du réseau. © transporturbain

Réunification et extensions modérées du réseau

La réunification allemande en 1990 n’eut pas d’impact majeur sur l’organisation du réseau et le choix du tramway, la gestion restant municipale au travers de la régie Erfurter Verkehrsbetriebe.

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Erfurt - Blucherstrasse - 29 septembre 2011 - Caténaire régularisée, voie en site propre intégral posée sur ballast et interstations allongées : quand le tramway se mue en Stadtbahn... avec des KT4 toujours en triplette (dont une en remorque) mais dont la rénovation saute heureusement aux yeux. L'extension vers Urbicher Kreuz a été mise en service entre 1979 et 1981. ©  S. Holtge

En revanche, un programme d’investissement permit de moderniser les voies, l’alimentation électrique et d’améliorer le confort des voyageurs dans les stations avec de surcroît une meilleure information, incarnée par l’apparition des premiers panneaux d’annonce des temps d’attente. Autre nouveauté, la livraison par Düwag de nouvelles motrices articulés MGT6D à plancher bas.

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Erfurt - Domstrasse - 21 septembre 2018 - La ligne 2 contourne la cathédrale sur un itinéraire qui avait été abandonné en 1978. La girouette de la MGT6 unidirectionnelle indique le parc-relais du terminus situé près du parc des expositions, incitant la population des localités alentours à remiser leur voiture et utiliser le tramway pour gagner le centre. © transporturbain

La décennie 1990 allait aussi conforter le tramway dans son rôle structurant de l’agglomération puisqu’en 1996, un programme de mise en site propre quasi complète était engagé, assorti de plusieurs extensions du réseau pour lui conférer sa physionomie actuelle :

  • 29 septembre 1990 : Salinenstrasse – Grubenstrasse
  • 23 août 1992 : Grubenstrasse – Zoopark
  • 27 mai 2000 : Krampfertor – Ringelberg avec le retour des tramways sur la Leipzigerstrasse
  • 18 août 2001 : Egapark – Messe
  • 20 juin 2005 : Hauptfriedhof – Bindersleben
  • 5 octobre 2007 : Salinenstrasse – Rieth

Depuis, le réseau de 39,5 km stable, transportant environ 120 000 voyageurs par jour, mais avec une progression soutenue de 7% par an en moyenne sur la période 2010-2017 et une prévision de l’ordre de 10% jusqu’en 2025, du fait du ralentissement démographique et des limites à l’extension urbaine.

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L’agglomération compte 215 000 habitants, avec un taux de motorisation des ménages de seulement 42% : transports en commun et vélo jouent un rôle prépondérant dans cette ville relativement compacte.

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Jouons au jeu avant-après avec ces deux photos prises à peu près au même endroit. Ci-dessus, sur celle qui s'appelait Leninstrasse en ce dimanche 15 mai 1983, la motrice Gotha articulé circule sur une rue quasiment désertique et des voies dans un état moyen. Ci-dessous, le samedi 22 septembre 2018, Leninstrasse est devenue Johannstrasse et accueille ce Combino assurant un service de la ligne 5. On notera que le tramway doit partgager ses voies avec la circulation automobile, conséquence de la création de places de stationnement. © S. Holtge (en haut) et E. Fouvreaux (en bas)

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Erfurt - Mainzerhofstrasse - 21 septembre 2018 - Derrière la cathédrale, la ligne 2 circule sur de paisibles rues pavées et parfois arborées. Le niveau de trafic automobile est faible, ce qui n'impose pas la circulation des tramways en site propre de façon systématique. © transporturbain

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Outre les 6 lignes de tramways, Erfurt est desservie par 25 lignes de bus principalement éclatées dans les faubourgs : seules 7 lignes touchent la zone centrale, à la gare ou, pour une seule d’entre elles, à la Domplatz. Le parc comprend 59 autobus dont 38 standards et 21 articulés, fournis par MAN et Mercedes.

Le matériel roulant

Le matériel roulant est assez classique mais on notera une certaine diversité : les MGT6D forment deux sous-série, monocabine ou bicabine, tandis que l’intérêt des petits Combinos2 composés de 3 caisses circulant en UM2 nous laisse perplexe quant à la pertinence de cette formule.

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Erfurt - Domstrasse -  21 septembre 2018 - Elles sont rares : les MGT6DE bidirectionnelles constituent un des mystères de l'exploitation du réseau d'Erfurt puisque tous les terminus sont en boucle. © transporturbain

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Erfurt - Anger - 21 septembre 2018 - Croisement de deux versions de Combinos : à gauche, la première génération avec un élément à 5 caises, et à droite un couplage de Combinos 2 dans leur version courte, dont on cherche toujours la justification sur ce réseau... © E. Fouvreaux

En octobre 2018, Erfurt a désigné Stadler lauréat d’un marché de 24 rames dont 14 en tranche ferme : le constructeur Suisse fournira des Tramlink de 42 m, issus de la gamme Vossloh, pour un montant total de 56,2 M€. Ce marché bénéficie du soutien du Land de Thuringe (11,2 M€) et de l’Union Européenne (15 M€). Les rames seront assemblées dans les usines de Valence en Espagne et de Pankow, au nord de Berlin.

Des circulations touristiques

Outre les 6 lignes régulières, le matériel historique circule sur le réseau de façon quotidienne, ce qui est suffisamment insolite pour être souligné, pour un circuit touristique parcourant la plupart des lignes, du Zoopark à l'Egapark en passant par les rues centrales et évidemment sur Anger, la grande place du quartier commerçant. Il faut bien admettre qu'elles font plutôt recette le week-end qu'en pleine semaine, mais on ne boudera pas notre plaisir à croiser des motrices Gotha rutilantes, dans leur version classique ou articulée façon « deux pièces cuisine », et des Tatra KT4.

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Erfurt - Anger - 22 septembre 2018 - Choc des générations (sinon plus) : le convoi formé d'une motrice et d'une remorque Gotha est rutilant, et fait aujourd'hui partie de la mise en scène du patrimoine historique. Elle vient de croiser une rame Combino. © E. Fouvreaux

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Erfurt - Anger - 21 septembre 2018 - Dans la série Gotha, une rame en configuration deux-pièces-cuisine a également été préservée pour des circulations touristiques : pas de nostalgie de l'époque DDR mais une politique de mise en avant des évolutions techniques. © transporturbain

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Erfurt - Magdeburger Allee - 22 septembre 2018 - Les KT4 sont également mises à contribution pour assurer les circulations touristiques. On notera au passage la station aménagée avec les voies décaissées et l'accès aux rames par la chaussée. © transporturbain

Un réseau simple mais efficace

Le service sur le réseau est de bonne qualité avec une cadence de 8 minutes du lundi au vendredi, entre 10 et 12 minutes le week-end. La conduite est rapide, profitant d’une circulation en site propre majoritaire (une bande peinte sur la chaussée, c’est un site propre, rappelons-le…) et d’interstations relativement longues sur les faubourgs.

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Erfurt - Magdeburger Allee - 22 septembre 2018 - Site propre matérialisé par une simple bande peinte sur la chaussée, mais interdiction de demi-tour avec les potelets. Les tramways peuvent filer à vive allure sur la Magdeburger Allee. © transporturbain

S’il n’y a pas de priorité formelle aux carrefours, les conducteurs arrivent à gérer leur allure pour passer dans le cycle routier : cependant, ici comme dans nombre de villes européennes, on échappe à la logique « tout carrefour doit être muni de feux tricolores ». Dans le centre, animé et très commerçant, le tramway s’impose sans difficultés, d’autant que les voitures ont été reléguées au large. Sur les grands axes, les motrices filent à bonne allure, entre 50 et 60 km/h le plus souvent : on n’y passe pas les carrefours à 25 km/h, la vitesse en courbe est assez soutenue, même avec les Combinos à plancher bas intégral et pour être complet, les appareils de voie et croisements sont pris généralement à 20 voire 25 km/h… Bref, une exploitation assez intensive sur un réseau somme toute tranquille…

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Erfurt - Magdeburger Allee - 22 septembre 2018 - Sur la même avenue, avec ici une configuration légèrement sinueuse : l'espace réservé aux tramways est matérialisé par un bitume de couleur différente. © Fouvreaux

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Erfurt - Windthorstrasse - 22 septembre 2018 - Autre exemple de configuration avec arrêt en pleine voie et surélévation de la chaussée routière dans la quartier résidentiel et arboré situé au sud de la gare, caractérisé également par ses agréables maisons colorées. © transporturbain

Outre les tramways, la desserte du centre d’Erfurt est assurée avec une ligne de bus tangentielle entre la gare centrale et la Nordbahnhof, ainsi qu’une radiale à l’ouest aboutissant à la Domplatz. Pour le reste, les autobus sont éclatés et assure une fonction de rabattement sur les lignes de tramways ou à la gare pour le quart sud-est

La correspondance entre le train et le tramway à la gare centrale est des plus rapides puisque la station est située sous la gare, directement accessible depuis la galerie commerciale.

Au cours de notre visite en septembre 2018, le réseau était en configuration provisoire en raison des travaux de renouvellement des voies entre Anger et Domplatz.

Enfin, on notera que les hôtels fournissent généralement une carte de libre circulation sur le réseau durant le séjour, ce qui s’avère pour le moins incitatif. Néanmoins, la communauté tarifaire avec son système alvéolaire propose une complémentarité efficace entre le train et le réseau urbain comme dans toutes les villes allemandes.

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Erfurt - Bahnhofstrasse - 22 septembre 2018 - Evidemment, trains et tramways sont en correspondance quasiment immédiate, la station étant située sous les quais ferroviaires. © transporturbain