Il y a 60 ans, en 1952, Bruxelles mettait en service ses premières motrices de la série 7000. Ces motrices reprenaient les conceptions du type PCC développé au milieu des années 1930 par les compagnies de tramways américaines, à commencer par l'adhérence totale : tous les bogies sont moteurs, ceux-ci étant branchés en permanence en série-parallèle, afin de procurer les meilleures accélérations. Celles-ci sont déterminées par la position de la pédale de commande, agissant sur un contrôleur à 99 positions, assurant une progression extrêmement souple, y compris au freinage, rhéostatique jusqu'à 4 km/h. Revers de la médaille, ces performances sont atteintes au prix d'une consommation d'électricité assez importante.

controleur PCCObjet particulièrement sensible à maintenir désormais, le contrôleur à 99 positions des PCC procure toujours des performances impressionnantes avec une douceur que l'électronique moderne ne surclasse que d'une courte tête. © transporturbain

Ces motrices reposent sur des bogies à roues élastique et disposent d'un système d'accélération et freinage intégralement électrique procurant de très hautes performances qui, encore aujourd'hui soutiennent la comparaison avec les matériels modernes.  Les PCC belges présentaient une caisse effilées différente des voitures américaines, les Streetcars, alors que leurs voisines hollandaises conservaient ces formes généreuses.

Les motrices PCC ont été livrés d'abord en version simple (les 7000), puis à deux caisses articulées (les 7500 unidirectionnelles puis 7800 bidirectionnelles) et enfin les tricaisses, avec des livraisons échelonnées entre 1952 et 1978. Innovation bruxelloise, le boitier de commande statique, qui permet aux motrices de marcher sur l'erre : jusqu'alors, une PCC était soit en accélération, soit en freinage.

En France, deux réseaux seulement ont vu circuler des PCC. En 1958, Saint-Etienne découvrait ces motrices modernes, souples et véloces. Construites à Strasbourg, il eut été logique qu'une motrice circule sur les voies du réseau alsacien, mais le maire de l'époque, l'éphémère Président du Conseil Pierre Pflimlin, s'y était opposé. Alors que le démantèlement des réseaux touchait son but, l'arrivée de ces motrices modernes dénotait dans le cortège d'autobus Somua, Chausson et Berliet. Onze ans plus tard, Marseille recevait à son tour des PCC, à voie normale, pour le service de la ligne 68, unique survivante d'un des plus beaux réseaux français.

Les PCC ont cessé de circuler en 1998 à Saint Etienne, et en 2004 à Marseille.

061012_60ans-PCCWoluwe - 6 octobre 2012 -  La cour du dépôt de Woluwe avec une batterie de PCC de différentes époques : la présence de la 5001 en deuxième position est motivée par le fait qu'elle a servi de cobaye au diagramme à trois portes avant la livraison des 7000. © transporturbain

 C'est sous une météo particulièrement humide que le Musée des Tramways Urbains de Bruxelles a célébré ce soixantième anniversaire en assurant une journée de circulations sur les lignes 39 et 44 des différentes PCC 7000 préservées, dans leurs différentes versions (à perche, à pantographe, à double équipement, dans les différentes livrées, à filets chocolat ou bleu, ou encore en livrée Express). Fonçant à 60 km/h sur la ligne, les retraitées ont évidemment attiré bien des amateurs, de tous âges, et démontré le caractère avant-gardiste des choix techniques de la conférence des présidents de réseau américains dans l'entre deux guerre : sur des voies correctes sans être parfaites, les PCC roulaient à une telle allure en parfait silence et avec un roulement d'une douceur légendaire.

061012_7047_3Woluwe - 6 octobre 2012 - La 7047 a été restaurée dans l'état d'origine des PCC à leur livraison en 1952. Elle porte la livrée crème à filets marron clair, et capte son courant par une perche et non par un pantographe. © transporturbain