Le succès du tourisme balnéaire, encouragé par les Chemins de fer du Midi, provoqua un afflux de visiteurs dans la baie d'Arcachon. Le phénomène fut amplifié avec la construction de la Ville d'Hiver à la fin du 19ème siècle, développant une activité de loisirs hors saison. Un premier projet de tramway apparut en 1887 mais il ne connut pas de suite : la municipalité refusa les nuisances de la traction à vapeur. Un second projet émergea 6 ans plus tard, à l'initiative des frères Péreire, actionnaires du Midi et promoteurs de la Ville d'Hiver, mais ne connut qu'une concrétisation tardive, avec l'appui d'un industriel local, Joseph Odelin. En attendant, quelques omnibus firent leur apparition dans les rues d'Arcachon avec des Cars Ripert circulant sur la chaussée mais sans rails.

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Vue rare d'un car Ripert assurant la desserte du Moulleau, précédant le service par tramways.

Arcachon se dota ainsi en 1911 d'un  service de transport en commun au moyen d'une ligne de tramway de près de 7 km entre Le Moulleau et la Pointe de l'Aiguillon. L'exploitation était assurée par 5 motrices et 3 remorques ouvertes. Son existence fut assez éphémère car le service fut abandonné dans le courant de l'année 1930. La crise économique de la fin des années 1920 et la faiblesse du trafic emportèrent ce "tramway de plaisir".

 

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Le tramway d'Arcachon a été pris en photo pour quelques cartes postales. Le matériel était très classique mais avait tout de même l'avantage de proposer un accès latéral alors que nombre de petits réseaux disposaient de motrices sommaires avec accès par l'angle des plateformes, donnant directement accès à la voie.

L'actuel réseau d'autobus du bassin d'Arcachon a été mis en service en mars 2007 : il comprend 7 lignes urbaines Baia, une ligne estivale et 8 navettes électriques Eho. Le service est assuré du lundi au samedi et le dimanche uniquement en période estivale. La desserte de la dune du Pilat est évidemment la plus fréquentée.

 

Arcachon - Boulevard Leclerc - 1er mai 2017 - La ligne 1 relie la gare à la dune du Pilat, avec seulement 10 allers-retours par jour ce qui ne permet pas d'assurer une correspondance systématique sur les TER Bordeaux - Arcachon. © J.J. Socrate

Aujourd'hui, il n'est plus question de tramway à Arcachon : néanmoins, la population du bassin atteint 140 000 habitants et monte à plus de 500 000 en été, ce qui justifie amplement l'existence et le développement d'un service de transports en commun, d'autant que 20% de la population n'a pas de véhicules. La desserte ferroviaire TER Bordeaux - Arcachon, cadencée à la demi-heure, assure un service de base, sur la rive sud de la baie. Il est parfois évoqué un projet de tram-train, soutenu par des associations locales, afin de renforcer la desserte sur la voie ferrée et restaurer une ligne sur la rive nord du bassin. Néanmoins, dans l'attente, le renforcement du service d'autobus en correspondance avec les trains pourrait déjà procurer de notables améliorations à un budget maîtrisé : on ne compte que 19 départs journaliers sur la ligne 3, qui propose le service le plus consistant entre le pôle de santé et la gare d'Arcachon. Sur les navettes Eho, 16 rotations sont assurées sur chaque circuit. Il existe donc des marges de manoeuvre, pour aboutir à une correspondance systématique sur les TER, même si un horaire estival est proposé.

Enfin, la Région planche sur le renforcement de la desserte TER qui pourrait être cadencée au quart d'heure en pointe à condition d'augmenter la capacité de l'infrastructure entre Bordeaux et Facture : c'était un des objectifs de la LGV entre Bordeaux et Dax, dont la réalisation semble cependant devoir très nettement différée. D'autres solutions devront être mises en oeuvre pour améliorer l'efficacité des transports en commun dans la baie d'Arcachon dans attendre de tels investissements.