La réalisation de la ligne de chemin de fer entre Amiens et Boulogne sur mer, desservant la Côte d’Opale, a suscité le développement d’une station balnéaire au Touquet. Cependant, le train passe à l’écart de la côte et dessert la ville d’Etaples. Le fort engouement pour cette station, qui prit le nom – révélateur – de Paris-Plage, posait la question du trajet depuis la gare d’Etaples.

Plusieurs entrepreneurs ont donc élaboré dès la fin du 19ème siècle des projets de liaisons par tramways. Le premier projet, celui de Charles Prévost, fut déclaré d’utilité publique le 12 janvier 1895 mais demeura sans suite en raison de nombreuses faiblesses dans le projet, notamment le franchissement de la Canche et les importantes acquisitions foncières préalables. Trois ans plus tard, la banque Adam reprit le projet et pilota les travaux achevés en juillet 1900, au point que la mise en service fut effective le 15 juillet.

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Franchissement du pont d'Etaples par un convoi tracté par la motrice n°1, en direction du Touquet.

D’une longueur de 6400 m, la ligne débutait le long des voies de la ligne Paris – Boulogne et rejoignait l’estuaire de la Canche franchie par un ouvrage métallique. Le tramway était ensuite établi en accotement de la voirie jusqu’au Touquet, où le terminus était installé rue de Paris, entre les rues Saint Amand et de la Paix.

Etabli à voie métrique, le tramway était de profil assez facile hormis quelques courtes rampes assez modestes (36 pour mille), avec des courbes de 20 m de rayon. Alimenté en 600 V par fil de contact, le tramway reliait Etaples au Touquet en 25 minutes.

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Le tramway dans la rue de Paris, artère très commerçante et qui, encore aujourd'hui, est des plus animées.

A Etaples, un service de transbordement des messageries était assuré avec les Chemins de fer du Nord. Au Touquet, il fallut développer assez rapidement les installations du fait du succès de la ligne et de la correspondance avec la ligne de Berck-Plage.

Le service était assuré à hauteur de 12 allers-retours en basse saison, d’octobre à fin mai et 18 allers-retours en haute saison, avec des correspondances organisées avec les trains du Nord, proposant même des billets communs.

Initialement, 4 motrices SACM – Thomson-Houston sur truck Brill avaient été livrées, rejointes par trois unités supplémentaires avant 1914. En complément, 12 remorques et 4 fourgons avaient été livrées pour augmenter la capacité et acheminer bagages et messageries.

Après la guerre, le succès de la station du Touquet reprit vigueur et il fallut augmenter le service jusqu’à 32 allers-retours, soit un départ toutes les 30 minutes.

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Evolution du matériel, avec une livrée claire : sur cette carte postale, on note un premier convoi avec un fourgon à bagages en position centrale et un second à l'arrière-plan.

Cependant, comme tous les réseaux, la crise économique affecta l’économie de la ligne et, pour diminuer les coûts d’exploitation, il fallut engager des autobus aux périodes creuses.

La ligne ne résista pas à la bataille de France en mai-juin 1940. La fermeture administrative fut prononcée le 9 octobre suivant.

Aujourd’hui, la liaison entre Etaples et Le Touquet est assurée :

  • par le réseau d’autocar départemental : la ligne 513 Etaples – Le Touquet – Berck assure 10 rotations journalières en semaine et 6 les dimanches et fêtes ;
  • par une ligne à caractère urbain, financée par l’agglomération, circulant le week-end, les jours fériés et durant les vacances scolaires des 3 zones.

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Gare d'Etaples - 28 août 2017 - Successeur du tramway, ce Citélis 10 vient d'arriver du Touquet. Sa capacité est insuffisante par rapport à la fréquentation. © transporturbain