28 octobre 2019

Toulouse lance son téléphérique, maillon d'une ceinture sud

Il s'appellera Téléo et ses cabines seront dessinés par le célèbre designer automobile Pininfarina. Sur la plaquette, cela fait bien mais dans le petit monde des transports, on sait aussi que la patte italienne peut avoir des petits coups de faiblesse car c'est de sa main qu'est sortie l'(in-)esthétique des actuels tramways lillois. Espérons donc une meilleur inspiration pour le téléphérique toulousain.

La liaison aérienne de 3 km reliera donc en fin d'année 2020 l'oncopôle et l'université Paul Sabatier, où elle rejoindra la ligne B du métro, avec un arrêt intermédiaire au centre hospitalier de Rangueil. Les travaux ont débuté cet automne.

carte-telepherique-toulouse

8000 voyageurs par jour sont attendus sur cette liaison franchissant la Garonne : 15 cabines de 35 places se succèderont à un intervalle de 90 secondes. Il faudra 10 minutes pour relier les deux stations terminales, à une vitesse moyenne de 20 km/h et à une hauteur maximale au-dessus du sol de 70 mètres. Le téléphérique devra notamment rattraper plus de 100 mètres de dénivelé entre l'oncopôle, situé en rive gauche de la Garonne, et le plateau de Rangueil, en rive droite.

L'entreprise Poma, bien connue dans le secteur, va mener ce projet. Les cabines seront reliées à 3 câbles : 2 porteurs et un tracteur, comme à Brest. Il y aura seulement 5 pylônes sur le parcours. Le coût de cette opération atteint 82,4 M€.

Téléo sera le maillon central d'une ceinture sud de la zone centrale de l'agglomération. En parallèle, Tisseo prépare 2 lignes de bus de part et d'autre du téléphérique. Dans un premier temps, la reconfiguration de l'avenue Eisenhower va se traduire par la création d'une liaison de 15 km entre la gare de Colomiers et l'oncopôle, la gare des Ramassiers via le terminus du métro A de Basso-Cambo. Avec un intervalle de 10 minutes en pointe et de 30 minutes en journée, cette ligne a vocation à mieux connecter les différentes zones d'activité sur ce corridor. En rive droite, une liaison sera ensuite aménagée entre l'université et la ZAC de Malepère à Saint Orens de Gameville.

Carte_Lignes_Express_Emploi

Le schéma de développement des lignes structurantes de bus dans le bassin de vie toulousain. Les lignes Lineo sont pour la majorité en service. Les lignes Emploi ont pour objectif la connexion des principales zones d'entreprises périphériques. Les lignes Express ont une vocation suburbaine pour augmenter les capacités de rabattement vers le métro. (cartographie Tisseo)

Cette rocade sud sera donc constituée de 3 maillons différents, ce qui n'est pas forcément la solution la plus simple ou la plus fluide pour les voyageurs. Si la traversée de la Garonne par le téléphérique sera rapide, avec une connexion correcte à la ligne B du métro, en journée, avec une cadence à la demi-heure sur les lignes de bus, la performance globale des trajets sur la rocade sera assez moyenne, le gain de temps procuré par Téléo se retrouvant consommé par les délais de correspondance.

Posté par ortferroviaire à 13:56 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 octobre 2019

Métro de Toulouse : fin des travaux sur la ligne A, DUP pour la future ligne

Ligne A : des trains plus capacitaire pour Noël ?

La marche à blanc de la nouvelle exploitation de la ligne A du métro de Toulouse a débuté. Pour Noël, les toulousains devraient pouvoir découvrir la nouvelle exploitation avec des couplages de rames VAL206 et VAL208. Avec une longueur de 52 m, ces convois de 300 places devaient donner un bon bol d'air à une ligne saturée. Elle transporte actuellement 220 000 voyageurs par jour, soit 45% de plus qu'en 2008. C'est notamment la conséquence d'une dynamique démographique très soutenue dans l'ensemble du bassin de vie toulousain. A horizon de 5 ans, le seuil des 250 000 voyageurs journaliers devrait être franchi.

VALtoulouse

Avec ses rames de 26 m, le métro toulousain, de type VAL, n'arrive plus à absorber le trafic dans une métropole dont la dynamique de croissance de la population compte parmi les plus fortes de France. Le passage à 52 m des compositions sur la ligne A apportera un bol d'air qui sera rapidement consommé... en attendant une nouvelle ligne ? (cliché X)

Le coût de l'opération est estimé à 180 M€ dont 61 pour le génie civil et 66 pour le système d'exploitation. Il aura fallu allonger 4 stations qui n'avaient pas été prédisposées, équiper les demi-quais non utilisés sur les autres, modifier les façades de quais et les automatismes, tant au sol qu'à bord du matériel roulant.

Tisseo Collectivites - Ligne A XXL

Au passage, on notera qu'à Toulouse, l'opération s'est un peu mieux déroulée qu'à Lille, où un chantier similaire ne cesse d'être différé, avec une facture qui augmente, notamment par les difficultés d'Alstom à réaliser le nouveau matériel et le système d'exploitation, s'étant manifestement un peu trop engagé sur la maturité de ses produits pour piquer le marché à Siemens...

L'exploitation avec des couplages entrainera la détente de l'intervalle à 1 min 50 contre 1 min 05 actuellement, limitant le gain réel de capacité à 20% par rapport à la situation actuelle Du fait de ces trains plus longs, l'intervalle théorique minimal sera porté à 1 min 15. A 1 min 50, Tisseo fournira le service maximal avec le matériel actuellement à l'effectif. Cependant, 22 rames supplémentaires, s'ajoutant aux 118 actuelles et affectées aux deux lignes, ont été commandées, dont 15 ariveront en 203 pour procéder à un première augmentation de l'offre.

Troisième ligne : la DUP imminente

Selon La Dépêche du Midi, la troisième ligne de métro toulousaine devrait obtenir à très court terme sa Déclaration d'Utilité Publique, avec 2 réserves sur les stations Sept Deniers et François Verdier. Pour la première, le sujet porte sur la mutualisation des besoins de stationnement pour l'accès au métro et pour les visiteurs du Stade TOulousain. Pour la seconde, il est question de la préservation des platanes.

Manifestement, la commission d'enquête publique a choisi la technique de l'esquive face aux critiques de fond qui ont été exprimées sur le projet. Assurément, sa poursuite sera l'un des sujets de la campagne des élections municipales. Le coût de réalisation et le choix même du tracé, qui contourne le centre-ville, demeurent des questions de fond qui n'ont pas été retranscrites à leur juste hauteur... même s'il semble mission impossible de vouloir traiter tous les besoins en une seule ligne, sauf à multiplier les détours, qui sont au demeurant parmi les critiques au projet actuel.

On notera quand même que la création d'un pôle d'échanges avec la ligne B existante et les trains régionaux à La Vache est en soi une bonne idée... mais avec une station de métro éloignée de 300 m, les correspondances ne sont pas d'une grande qualité.

Cependant, le financement du nouveau métro n'est pas totalement assuré : un phasage n'est peut-être pas à écarter. Dans cette hypothèse, on pourrait penser qu'il favorisera d'abord la section Gare de Colomiers - Gare de Matabiau, sachant que le site de Labège pourra être desservi par la ligne B qui doit aussi être prolongée et par les trains de l'axe Toulouse - Carcassonne, ce qui pourrait redonner de l'allant aux réflexions sur un RER toulousain.

D'ailleurs, dans le débat actuel sur l'évolution du service périurbain entre Toulouse et L'Isle Jourdan, étudiée par SNCF Réseau, il semble que la troisième ligne de métro ne soit pas totalement intégrée, même parmi ses partisans : son effet sur la fréquentation des trains entre Colomiers et Arènes ne serait pas négligeable et serait l'un des facteurs conduisant à ne pas prévoir de nouveaux investissements sur cette section, au profit de la section Colomiers - Brax et peut-être au-delà...

Posté par ortferroviaire à 10:06 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , ,
03 février 2019

2019 : année décisive pour les projets toulousains

Alors que l'enquête d'utilité publique de la troisième ligne de métro et du prolongement de la ligne B à Labège est prévue cet été, des travaux de sondage ont lieu afin d'étudier les conditions de réalisation du tunnel et des stations de cette ligne reliant Colomiers à Labège. Pas moins de 152 forages vont être réalisés sur l'ensemble du tracé pour préciser les modalités techniques de réalisation et ajuster au besoin le tracé de référence

En attendant, l'appel d'offres pour designer le maître d'oeuvre des travaux a été relancé en fin d'année 2018, après un premier tour de piste déclaré infructueux, entraînant de fait un décalage de la réalisation du projet à 2025 au lieu de 2024, annoncé par la Métropole... qui vient de recevoir un rapport de la Chambre régionale des Comptes qui pointe certaines défaillances dans la gestion de Tisséo Collectivités... et considère que la troisième ligne de métro n'est pas en mesure d'être mise en service avant 2027 : nul doute que ce rapport fera couler de l'encre sous les ponts de la Garonne...

Cette année sera également marquée par un autre appel d'offres : celui du système d'exploitation et du matériel roulant, dont on sait qu'il ne sera pas au gabarit du VAL existant, mais entre 2,50 m et 2,70 m. Les rames devraient mesurer 30 ou 40 m, ce qui laisse présager de la possibilité d'un Cityval comme celui de la deuxième ligne de Rennes.

Autre projet soumis à enquête publique cette année à Toulouse, le téléphérique reliant l'Oncopole et l'université Paul Sabatier par l'hôpital de Rangueil.

Enfin, les travaux de doublement de la capacité de la ligne A du métro toulousain pour l'exploitation de rames doubles de 52 m devraient s'achever cette année, apportant un salutaire bol d'air aux voyageurs.

Posté par ortferroviaire à 20:34 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,
04 octobre 2017

Toulouse : un métro peut en cacher un autre

A Toulouse, le sujet du moment en matière de transports urbains, c'est la troisième ligne de métro baptisée Toulouse Aerospace Express.

Surprise dans les dernières décisions de la Métropole : alors qu'on croyait enterré le projet initial de desserte du sud-est de l'agglomération par un prolongement de Ramonville à Labège Innopôle de la ligne B, celui-ci refait finalement surface. C'est le cas de le dire puisque cette extension de 2700 m sera réalisée en viaduc. Singularité du projet, elle sera réalisée à voie unique, pour limiter le coût. Seule une rame sur 4 de la ligne B - ce qui devrait assurer une desserte toutes les 8 à 10 minutes - desservira les 2 nouvelles stations de ce prolongement, dont le coût est évalué à 180 M€. Il devrait accueillir 14 000 voyageurs par jour.

La mise en service de cette extension est prévue en 2024 en même temps que la troisième ligne. C'est donc l'aboutissement - du moins pour l'instant - d'un feuilleton toulousain - on n'ose dire à l'eau de rose - qui aura duré une décennie, marquée par de multiples fâcheries entre élus locaux, dans un contexte d'organisation administrative fragmenté, ce qui n'a guère incité à la rationalité. On peut par exemple s'interroger sur l'impact de la relance du prolongement de la ligne B sur le bilan socio-économique de la troisième ligne...

Notre dossier sur le métro de Toulouse.

Posté par ortferroviaire à 17:31 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,
19 juillet 2017

Métros et tramways de Toulouse

Ils manquaient à notre liste depuis trop longtemps. Ils sont désormais disponibles : transporturbain vous propose ses dossiers sur les tramways et le métro de Toulouse, alors que le premier réseau ferré a disparu voici 60 ans, et au moment où la métropole définit le tracé de sa troisième ligne de métro. 

Ces deux modes de transport sont étroitement liés à Toulouse puisque le tramway est réapparu en 2008 dans les débats en négatif de la politique précédente, qui durant plus de 20 ans, avait privilégié le métro avec la construction de deux lignes, et a été mis en sommeil en 2014 par le retour sur la place publique du métro et l'actuel projet de troisième ligne.

Il n'en demeure pas moins que le retard de l'offre de transports en commun à Toulouse est important comparé au développement de cette métropole, à l'urbanisation mal maîtrisée et une organisation politique complexe, faite de rivalités de territoires et de personnes. La troisième ligne de métro en projet s'inspire des principes directeurs du Grand Paris Express, appliqué au tissu économique toulousain, fortement lié à l'industrie aéronautique : c'est le métro pour relier les différents sites d'Airbus et de l'Aérospatiale. Mais sera-t-il suffisant ?

 

Posté par ortferroviaire à 11:40 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

07 juillet 2017

Toulouse présente sa 3ème ligne de métro

Le comité syndical de Tisséo-Collectivités, l'ancien SMTC toulousain, a officialisé le 5 juillet le tracé de la troisième ligne de métro longue de 27 km, entre les gares de Colomiers et de Labège, baptisée Toulouse Aerospace Express. Le coût total du projet est évalué à 2,33 MM€.

IMAGE_TISSEO_TRACE_03

Cette nouvelle ligne, c'est un peu le Grand Paris Express transposé à Toulouse. D'abord par le tracé, qui contourne le centre de l'agglomération. Ensuite par le choix du tracé desservant les 3 sites d'emplois du groupe Airbus, la future cité des affaires à proximité de la gare Matabiau, et le "quartier européen de l'innovation" de Montaudran et Labège. D'après Tisseo, un emploi sur deux de la métropole serait desservi par ce métro.

Ce métro sera connecté au réseau ferroviaire : sur les 20 stations, 5 desserviront des gares : Colomiers et Labège évidemment, Matabiau au coeur de la ligne, mais aussi les stations de La Vache - Route de Launaguet et de Montaudran.

Tisso envisage des rames de 40 à 45 m, circulant sur une infrastructure en souterrain sur 60% du parcours et  une fréquentation de 200 000 voyageurs par jour à la mise en service, envisagée dès 2024, "en même temps que la LGV Bordeaux - Toulouse" s'empresse de rappeler le maire de Toulouse...

Le nouveau métro ne desservira pas l'aéroport, ce qui crée surprise et mécontentement, notamment de la part de la direction de l'aéroport. Tisseo annonce un "people moover" sur les infrastructures de la ligne T2 du tramway. Comprendre une navette de tramway entre la future station Jean Maga du métro et le terminal. Il faudra construire une station de plus sur le tramway pour assurer la correspondance.

Nul doute qu'il y aura une forte compétition du monde ferroviaire pour fournir les automatismes et le matériel roulant de cette nouvelle ligne qui, si elle semble d'inscrire dans un renforcement des transports en commun sur un territoire saturé et dont la croissance démographique reste soutenu, va tout de même consommer une grande partie des moyens mobilisables. D'ailleurs pour l'instant, les élus toulousains n'évoquent pas le financement : un point qui, en général, crée quelques discussions animées dans la ville rose...

Posté par JJ_Socrate à 11:30 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,
31 mars 2017

Toulouse : début des travaux de capacité sur la ligne A

Avec 210 000 voyageurs par jour, la ligne A du métro de Toulouse est saturée car les petites rames VAL206 et VAL208, même avec une cadence à la minute, n'arrivent plus à absorber le flux. Or les prévisions de trafic tablent sur 285 000 voyageurs par jour en 2025 dans une métropole à la démographie galopante et au passage toujours aussi consommatrice d'espace.

Après avoir obtenu la déclaration d'utilité publique le 23 mars dernier, Tisseo peut engager les travaux de modification des infrastructures de cette ligne pour l'exploiter avec des formations doubles de 52 m de long. Le coût de l'opération est estimé à 180 M€ dont 61 pour le génie civil et 66 pour le système d'exploitation. Il faudra notamment allonger 4 stations qui n'avaient pas été prédisposées, équiper les demi-quais non utilisés sur les autres, modifier les façades de quais et les automatismes. Voir le site dédié au projet.

Les chantiers se dérouleront sur 3 étés durant lesquels la ligne A sera fermée durant 35 jours en 2017, 2018 et 2019. Le réseau de bus sera modifié avec la création de lignes temporaires pour compenser l'absence du métro. Mais elles ne pourront que transporter que 20% de la clientèle estivale de la ligne A, malgré un passage toutes les 3 minutes.

Pendant ce temps, le projet de 3ème ligne, qui ne fait pas l'unanimité, se poursuit : un conseil scientifique est désignée pour étudier les orientations de ce projet entre Colomiers et Labège.

PS : oui, nous avons un dossier à réaliser sur le métro de Toulouse (et le tramway aussi d'ailleurs). Patience... ça va venir !

Posté par ortferroviaire à 13:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
26 août 2016

Toulouse : 3,8 milliards € pour les transports

"Le plus ambitieux plan pour les transports urbains après Paris" : c'est ce qu'affirme le président de Toulouse Métropole. Le 25 juillet dernier, une enveloppe de 3,8 MM€ a été actée pour le développement des transports urbains dans la métropole toulousaine jusqu'en 2030. La majorité de ce budget sera allouée à la création d'une troisième ligne de métro, évaluée à 2,2 MM€. Sont également intégrés les opérations de doublement de la capacité de la ligne A (180 M€), le prolongement - en voie unique - de la ligne B à Labège (180 M€), le téléphérique au sud de la ville (62 M€) et la création de 10 lignes de BHNS (97 M€).

Ainsi, la hache de guerre au sud-est de l'agglomération, entre les partisans du prolongement de la ligne B et la création d'une nouvelle ligne de métro pour la desserte de l'Innopôle, est enterrée au moyen d'un non-choix.

PDU-toulouse

La Métropole prendra en charge les trois quarts de cet investissement en recourant essentiellement à l'emprunt. Le Département de Haute Garonne contribuera à hauteur de 201 M€. La Région Occitanie apportera 150 M€. La même somme est attendue de l'Etat y compris de crédits européens. Les intercommunalités toulousaines (c'est une spécificité locale : le PTU regroupe 4 intercommunalités dont le périmètre est plus large que le PTU et la nouvelle Métropole n'y a rien changé). Il reste tout de même une zone d'ombre de 171 M€ sur ce plan de financement, pour lequel la Métropole attend un effort de l'Etat, du Département, de la Région et de certaines communes, qui pour l'instant sont réticentes. L'ensemble des contributions Etat - Région - Département - Collectivités reste à stabiliser, d'où la multiplication des déclarations politiques sur le décalage entre les ambitions et les moyens.

En attendant, le débat public sur la troisième ligne de métro aura lieu du 12 septembre au 17 décembre prochain.

http://static.ladepeche.fr/content/media/image/large/2016/03/31/201603312017-full.jpg

La particularité de la ligne de métro projetée est de contourner le centre de Toulouse. Le coût élevé du projet ne manquera pas d'y être évoqué, tout comme la question globale de l'augmentation des déplacements dans une métropole à la démographique presque galopante. On ne peut écarter le retour sur la scène du débat concernant la desserte de Labège par la ligne B, la solution de voie unique pour conserver le principe en minimisant les coûts semblant tout de même assez précaire.

Il sera aussi assurément question de l'équilibre des investissements, la poursuite de la priorité au métro étant considérée comme une concentration des ressources sur un faible projet sur un territoire de densité de population somme toute moyenne et un territoire à l'urbanisation très consommatrice d'espace. Le tramway est en marge du débat, les extensions un temps envisagé dans le centre de Toulouse n'étant plus d'actualité, ce qui limitera le rôle de ce mode de transport à un niveau subalterne. Plus globalement, l'enjeu de l'articulation entre les transports urbains toulousains et l'offre ferroviaire devrait être mis sur la table, tant dans ce débat public que dans les suites des Etats Généraux du Rail lancés par la Région.

Posté par ortferroviaire à 15:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
22 juin 2016

Toulouse : L'Europe finance les études pour le métro

Dans le cadre du deuxième appel à projets du Mécanisme pour l'Interconnexion en Europe, la Comission européenne a attribué 9,8 M€ de subvention aux études sur la troisième ligne de métro de Toulouse, éligible au titre de la connexion entre les modes ferroviaires et aériens. Cette aide représente 50% du coût des études, soit le taux maximal.Le projet franchit donc une nouvelle étape par le financement des études.

Posté par ortferroviaire à 17:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
22 décembre 2015

Toulouse face à la saturation du métro

L'agglomération toulousaine connaît une croissance démographique très soutenue depuis près de 20 ans, de l'ordre de 12 000 à 15 000 habitants supplémentaires par an, ce qui accentue les problèmes de déplacements sur son territoire et met d'autant plus en avant le retard en matière d'offre de transport. Les deux lignes de métro sont en limite de capacité. Première priorité, l'allongement des stations de la ligne A pour recevoir des trains formés de 2 éléments VAL, soit 52 m. Avec 213 000 voyageurs par jour actuellement, les prévisions de trafic font état d'une augmentation de 50 000 à 60 000 voyageurs d'ici 2020.

VALtoulouse

Toulouse - Station Bagatelle - 18 août 2010 - Une rame VAL208 sur la ligne A : Tisséo dispose déjà d'un parc suffisant pour exploiter la ligne A avec des rames doubles grâce à une acquisition anticipée. (cliché X)

Le coût de ces travaux est de 180 M€ alors qu'il ne concerne que 4 stations de la ligne, les autres ayant déjà été construites en intégrant une réserve pour extension ultérieure, qu'il faudra aménager et équiper, comme c'est également le cas sur la ligne 1 de Lille en proie aux mêmes difficultés. Les travaux entraineront une interruption estivale de l'exploitation en 2017, 2018 et 2019. Ils intègrent aussi le percement d'un second ouvrage de correspondance à la station Jean Jaurès entre les lignes A et B.

Annoncé pendant la campagne des élections municipales de 2014, le projet de troisième ligne de métro semble se confirmer avec la définition d'un tracé de référence et de quelques variantes. Avec un socle de tracé long de 21 km et comprenant 17 stations, auxquels s'ajoutent 8 km de variantes de desserte pour un coût total évalué à 1,7 à 2 MM€, le Toulouse Aerospace Express relierait le site Airbus de Colomiers à l'Innopôle de Labège en desservant le nord et l'est de l'agglomération, en proposant des correspondances avec la ligne A (à Matabiau), la ligne B (La Vache et Montaudran) ainsi qu'avec les deux lignes de tramway (selon le choix de tracé dans la zone de Blagnac). Elle serait empruntée par au moins 200 000 voyageurs par jour.

Les études préliminaires seront engagées en 2016 avec saisine de la Commission Nationale du Débat Public pour organiser un débat sur le projet. L'objectif de l'agglomération est d'obtenir une déclaration d'utilité publique en 2019 en vue d'une mise en service en 2024.

Cette troisième ligne de métro bouscule fortement le projet initial de prolongement de la ligne B vers Labège Innopôle combiné à une station TER sur la ligne de Toulouse à Narbonne, ce qui n'est pas sans provoquer quelques tensions sur un territoire dont la structure administrative est faite de plusieurs syndicats intercommunaux dont l'entretien des rivalités n'est pas la moindre des préoccupations...

Enfin, l'agglomération toulousaine envisage de créer un premier téléphérique, Aérotram, enjambant la Garonne, entre le cancéropôle, l'hôpital de Rangueil et l'université Paul Sabatier pour assurer la correspondance avec la ligne B du métro. D'un coût de 44 à 63 M€, le téléphérique assurerait la liaison en 10 minutes contre au mieux 20 en voiture et 45 en transports en commun. Les prévisions de trafic tablent sur 6000 à 7000 voyageurs par jour soit un niveau de ligne de bus. La mise en service est espérée en 2020. Au-delà, un prolongement vers la ligne A à Basso-Cambo voire vers la troisième ligne de métro est envisagé.

Posté par ortferroviaire à 11:11 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : , ,