18 octobre 2018

Lyon : début des travaux d'extension du métro

C'est parti pour le nouveau prolongement du métro lyonnais et c'est encore la ligne B qui est concernée. Cinq ans après avoir atteint la gare d'Oullins, le métro va continuer sa percée dans le sud-ouest lyonnais en direction du centre hospitalier Lyon Sud. Promesse de campagne électorale - municipale, légistlative - depuis 1988, le projet n'a cessé d'être reculé. Il est vrai que le ratio entre le coût de l'opération et les prévisions de trafic a souvent été mis en avant, donnant lieu à l'élaboration de projets alternatifs plus légers, mais qui n'ont jamais eu les faveurs du SYTRAL. Il est même question d'aller au-delà du pôle hospitalier vers l'autoroute A45 (amorce de l'A45 désormais abandonnée) pour y créer un pôle de rabattement supplémentaire.

Metro_B_carte_extension_Hopitaux_sud

Après les travaux préliminaires, ce premier coup de pioche donne le départ des travaux de génie civil pour la construction du tunnel. En juin 2023, la ligne B gagnera donc 2,5 km et 2 stations nouvelles : Oullins Centre et Hôpital Lyon Sud, pour un coût de 391 M€ incluant le pôle d'échanges comprenant une gare bus et un parc-relais de 900 places. A cette échéance, la ligne aura été automatisée et dotée du nouveau matériel MPL16, opérations prévues pour la fin d'année 2020. Le SYTRAL table sur 25 000 voyageurs supplémentaires sur cette extension, pour une ligne actuellement empruntée par environ 160 000 voyageurs quotidiens. La ligne sera exploitée à l'aide de 30 éléments MPL16 composés de 2 voitures contre 11 rames de 3 voitures actuellement : il devrait être question d'exploiter la ligne avec des formations de 4 voitures...

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14 octobre 2018

Les tramways d'Erfurt

Nouveau reportage sur les réseaux de tramways allemands, avec la découverte d'Erfurt, capitale du Land de Thuringe. Une agglomération de taille intermédiaire, avec 215 000 habitants, un modèle urbain assez compact autour d'un centre historique plutôt épargné des tourments militaires du 20ème siècle et un résau de tramways composé de 6 lignes à l'histoire pas si ordinaire qu'on pourrait le penser.

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Efurt - Anger - 21 septembre 2018 - Les Combino constituent le matériel majoritaire du réseau d'Erfurt, dans plusieurs configurations. Ce réseau à voie métrique ne manque pas d'attrait dans une ville non moins agréable ! © transporturbain

Apparu assez tardivement très très tôt électrifié, le tramway a subi la pénurie de moyens de l'entre-deux guerres, avec les premières suppressions de lignes, puis celles de la RDA : si le réseau n'a pas été menacé d'élimination totale, du moins fut-il amputé de plusieurs sections dans les années 1960 et jusqu'en 1978. Modernisé dans les années 1990, il a aussi connu quelques extensions, améliorant la couverture de l'agglomération, mais reste stable depuis plus de 10 ans, sans perspective de développement.

Au reste, Erfurt est une ville assez plaisante, sur les bords de la Gera, avec un centre non seulement quadrillé par les tramways, mais aussi majoritairement piétonnier, commerçant et animé.Nous vous recommandons de la découvrir et le site Internet de la ville est très bien conçu y compris en langue française ! C'est aussi une ville chargée d'histoire politique : en 1970, lors de la première rencontre entre les gouvernements de RFA et de RDA, le chancelier ouest-allemand à la fenêtre de l'hôtel situé face à la gare centrale y fut acclamé par la population,

Le nouveau dossier de transporturbain est en ligne : bonne lecture !

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07 octobre 2018

Avignon : présentation du premier tramway

La première des 10 rames Citadis compact destinées au nouveau réseau de tramway d'Avignon a elle aussi fait sa première sortie sur la voie d'essais de l'usine d'Aytré. Elle devrait arriver en fin d'année dans le dépôt de la cité des Papes et débuter ses premiers essais au mois de janvier prochain. La pose des voies de la première ligne, il est vrai courte avec seulement 5,2 km, est quasiment achevée. Elle a été réalisée à l'aide de modules préfabriqués d'une longueur de 6 m avec soudure électrique et non plus aluminothermique des rails. A la clé, une réduction du coût de pose de la voie de 30%. La mise en service est toujours prévue pour l'été 2019.

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Notre dossier sur le projet de tramway d'Avignon.

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Caen : première livraison de tramway

Elle avait été présentée à l'usine, la voici maintenant sur ses terres, plus précisément sur ses rails : le premier Citadis du tramway de Caen a été livré par Alstom dans le nouveau dépôt dont la construction s'achève. Les premières sections de voie, depuis celui-ci, vont être mises à contribution pour procéder aux premiers essais dans le secteur de la Grâce de Dieu d'ici mi-octobre. C'est dans un an que le nouveau tramway doit être mis en service, avec une marche à blanc prévue au cours de l'été 2019.

Notre dossier sur le réseau de Caen, d'un tramway à l'autre.

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04 octobre 2018

Florence engage l'extension de ses tramways

Vous avez pu récemment découvrir le dossier de transporturbain consacré aux tramways de Florence et nous avions déjà abordé les projets d'extensions du réseau. En quelques mois, il s'est passé pas mal de choses, avec notamment le prolongement de la ligne T1 vers l'hôpital Careggi et l'inauguration imminente de T2 pour la desserte de l'aéroport : la marche à blanc a d'ailleurs débuté hier.

Les coups de gouvernail contradictoires étant monnaie courante en Italie, la consistance des projets de développement du réseau semble enfin stabilisée puisque certaines opérations vont être mises en chantier dès le début de l'année prochaine. Sont ainsi concernés le prolongement de T2 au pôle scientifique, au-delà de l'aéroport mais aussi vers la piazza San Marco : la municipalité a enfin réussi à trouver un tracé limitant les oppositions. Il est vrai que le projet initial par le Duomo paraissait quelque peu improbable en raison de la configuration des rues, de la densité touristique et de la grande sensibilité architecturale. Résultat, l'UNESCO a rejoint le cortège des oppositions. Le nouveau tracé contourne l'hypercentre par les anciens remparts avant de rejoindre la piazza San Marco par un itinéraire dissocié jugé moins sensible.

En revanche, on saluera la confirmation du lancement d'une troisième ligne à caractère express, réutilisant en partie l'actuelle voie ferrée aboutissant à la gare du Prato, mal desservie, avec de nouvelles sections parallèles aux voies ferrées conservées après le parc de Cascine avant de rejoindre la voirie, ce qu'on pourrait qualifier de tram-train du premier type dans l'ébauche de classification de ce dossier de transportrail.

Nous en avons profité pour actualiser notre dossier sur les tramways de Florence.

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01 octobre 2018

Anvers : une nouvelle ligne (provisoire) de tramways

Elle surprend d'abord par son indice : 70. Bien que nouvelle, elle est exploitée par des motrices PCC rénovées, mais pas de prime jeunesse tout de même. Mais cela ne semble pas effrayer ni l'exploitant De Lijn, ni les édiles. Autre singularité, c'est la première ligne à ne pas desservir le centre d'Anvers. Et finalement, on comprend que c'est une ligne provisoire, sur une infrastructure qui, elle, est bien définitive, dans le cadre du développement de la desserte des quartiers nord de la cité portuaire.

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Tracé de la ligne provisoire 70 utilisant la nouvelle section Eilandje - Kinepolis.

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Evolution du réseau en lien avec le retour du tramway sur Operaplein et vers Havenhuis, pour la desserte des quartiers nord d'Anvers, proche de la zone portuaire. Le réseau anversois va donc connaitre de nouvelles évolutions...

La ligne 70 relie donc le parc-relais de Luchtbal, dejà desservi par la ligne 6, et rejoint le terminus Eilandje de la ligne 7. Long de 5 km, comprenant 8 stations, le parcours de la ligne 70 nécessite 14 minutes, avec une confortable vitesse moyenne de 21,4 km/h.

Prochaine évolution d'ampleur du réseau anversois : le retour des tramways sur Operaplein avec une nouvelle ligne - le dit-on - devrait être baptisée 1.

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29 septembre 2018

Bruxelles : quand le 94 devient le 8

Coup double pour le réseau de tramways bruxellois. Vendredi 28 septembre, la station Roodebeek est devenue un pôle d'échanges dans l'est bruxellois, avec une nouvelle correspondance métro-tram. Ce devait être initialement la ligne 94 Place Louise - Musée du Tram... mais c'est finalement la ligne 8, nouvelle appellation destinée à classer l'itinéraire parmi les axes structurants. C'est la deuxième extension du réseau cette année après la création de la ligne 9 au début du mois.

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Woluwe Saint Lambert - Avenue Paul Hymans - 28 septembre 2018 - La nouvelle ligne 8 assure notamment la desserte du centre commercial de Woluwe. Elle a aussi été l'occasion de transformer le boulevard de Woluwe. C'est aussi une nouvelle connexion pour faciliter l'accès au Musée du Tram... © Ch. Scheemaekers

Ces 2,8 km comportent 4 nouvelles stations. Le coût de l'opération atteint 24,5 M€ dont 10 M€ pour l'infrastructure ferroviaire proprement dite. La réalisation de ce court tronçon n'a pas été de tout repos car toute la procédure administrative avait dû être reprise depuis le début alors que les premiers travaux avaient débuté. Le contexte institutionnel bruxellois n'étant pas de tout repos, le prolongement à Roodebeek a souffert de ce retard qui a quelque peu bousculé le gouvernement de la capitale mais aussi la STIB.

En revanche, 8 ou 94, l'itinéraire entre la place Louise et Roodebeek semble atteindre les limites fixées par la STIB pour préserver les conditions d'exploitation des lignes avec un longueur maximale de 15 km. Le 31 août 2013, la ligne 94 perdait sa section entre Stade et la place Louise pour faciliter sa régulation, avec la restauration d'une ligne 93. Le prolongement à Roodebeek rallonge donc son parcours, du tiers de ce qui lui avait été ôté. Alors même qu'au cours de l'inauguration, il était évoqué un nouveau prolongement de la ligne (certains suggèrent qu'elle atteigne l'aéroport), il va peut-être falloir mettre à l'étude une nouvelle séance de reformatage de cet itinéraire au parcours en U assez particulier.

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24 septembre 2018

Liège : encore un succès pour CAF

Le groupement emmené par Colas et CAF a remporté le contrat de partenariat public-privé pour la construction du nouveau tramway de Liège. La mise en service de la première ligne de 12,5 km est envisagée en fin d'année 2022. Elle reliera Sclessin à Coronmeuse avec une antenne vers Droixhe, où sera situé le dépôt. Une vingtaine de rames Urbos est donc prévue, en version 43 m. CAF est également chargé de la maintenance du matériel roulant, de la signalisation, de l'alimentation électrique et du système de télécommunications du réseau. Colas est pour sa part chargé de la réalisation de l'infrastructure, incluant le génie civil de l'atelier de maintenance.

plan-tram-liège

Le projet accumule un retard important par rapport aux premières prévisions car en 2015, le mécanisme de financement du projet n'a pas été jugé recevable, amenant à relancer la procédure de PPP, au prix d'au moins deux années de décalage du calendrier de réalisation. En revanche, cette situation a eu pour effet positif de mobiliser l'opinion, dans l'attente d'une nouvelle offre de transports dans l'agglomération. L'arrivée du tramway sera l'occasion de repenser l'architecture du réseau urbain dont la fréquentation a doublé sur la décennie 2000-2010, période sur laquelle repose les prévisions d'évolution des besoins de déplacement et de part de marché des transports en commun. Suivant globalement la vallée de la Meuse, le tramway sera la colonne vertébrale du nouveau réseau qui devra miser sur la complémentarité bus-tramway du fait de cette configuration en vallée et d'un choix de tracé qui n'intègre pas la réunion des deux rives (sauf la courte antenne d'abord liée à l'implantation du dépôt)... en attendant un jour une deuxième ligne ?

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14 septembre 2018

Lyon : la consécration du retour du trolleybus

Après Limoges et Saint Etienne, nous vous annioncions il y a quelques jours que Lyon ne resterait pas en marge de la renaissance du trolleybus... et on est servis !

Le SYTRAL a annoncé aujourd'hui un virage décisif en faveur du transport électrique. L'impulsion donnée est importante puisque d'ici 2025, le réseau sera doté de 250 véhicules électriques.

Dans un premier temps, la ligne C16 Charpennes - Grange Blanche - Surville sera équipée d'autobus électriques à batteries avec recharge nocturne. Une expérimentation d'autobus à pile à combustible et hydrogène sera menée sur la ligne ZI6 Jean Macé - Usines de Saint Fons en utilisant l'usine de production d'hydrogène de la Compagnie Nationale du Rhône

En parallèle, trois étapes de développement du réseau de trolleybus lyonnais avec des véhicules à recharge dynamique des batteries d'autonomie :

  • dès 2020, la ligne C13 Grange Blanche - Part-Dieu - Hôtel de Ville - Cuire - Montessuy sera équipée d'une vingtaine de trolleybus articulés qui circuleront en autonomie dans le secteur de la Part Dieu du fait de l'accumulation de travaux urbains dans le secteur ;
  • en 2022, 4 nouvelles lignes seront converties : C6 Part-Dieu - Gare de Vaise - Le Perollier, 19 Hôtel de Ville - Gorge de loup - Le Perollier, 25 Part-Dieu - Bron Sept Chemins, 38 Part-Dieu - Cuire - Caluire Bascule ;
  • en 2024, 2 autres lignes sont à leur tour équipées : C5 Cordeliers - Rillieux - Vancia et C25 Part-Dieu - Parilly - Saint Priest - Zone industrielle Sogaris

Au total, 69 trolleybus devront être acquis pour équiper ces lignes, avec évidemment la question du devenir des Cristalis ETB12 affectés en principe à la ligne C13, mais qui sont de fait répartis sur d'autres lignes ou en cours de rénovation, du fait des travaux du secteur de la Part-Dieu qui ont conduit à couper la ligne en deux sections (Montessuy - Hôtel de Ville en trolleybus, Hôtel de Ville - Grange Blanche en autobus). En complément, 11 autobus électriques viendront équiper la ligne C16.

Plan-bus-trolley-électriques-SYTRAL

Sur la carte des extensions annoncées par le SYTRAL, nous avons ajouté, en rouge, les sections de bifilaires déjà existantes. Exception faite de la ligne C16, les annonces du jour montrent l'ampleur de l'extension du réseau électrique.

A horizon 2025, outre les 131 trolleybus existants (124 Cristalis et les 7 NMT222 à gabarit réduit), s'ajouteraient les 69 trolleybus du plan annoncé et, au moins pour commencer, les 11 bus électriques de C16 qui semblent appelés à faire des émules sur d'autres lignes. Soit 211 véhicules. Pour la quarantaine de véhicules complémentaires pour atteindre l'objectif de 250 véhicules propres, les orientations ne sont pas encore définies.

L'extension du réseau de trolleybus annoncée ouvre la voie à des développements ultérieurs : l'autobus électrique n'est pas totalement à écarter mais le sujet des batteries reste sensible et le trolleybus peut s'en affranchir aisément. S'il n'est pas question de couvrir tout le réseau de bifilaires, il y a assurément matière à capitaliser sur les extensions annoncées :

  • l'équipement de C6 conforte l'idée déjà émise par transporturbain d'équiper dans la foulée la ligne 89 Gare de Vaise - Porte de Lyon, en tronc commun avec C6 de Vaise au Perollier avec la possibilité de fonctionner sur batteries au-delà du Perrolier ;
  • l'équipement de C5 pourrait entrainer celui de la ligne 9 Cordeliers - Sathonay Manutention, moyennant la pose de bifilaires dans la traversée de Saint Clair, et en circulant sur batteries de Caluire Bascule à Sathonay ;
  • les lignes existantes de C2 ouvrent potentiellement la voie à l'équipement de la ligne 70 moyennant l'électrification de la section Caluire 2 - Pont de Fontaines, avec par ricochet la possibilité d'équiper la ligne 33 Croix Rousse - Sathonay - Rillieux, profiant de l'équipement de la ligne 38 elle aussi annoncée.

Au-delà, pour donner quelques perspectives nouvelles :

  • la ligne C11 pourrait profiter de véhicules à batteries pour renouer avec son terminus historique à Bellecour, pour éviter une rupture de charge, mais aussi pour reprendre la section Laurent Bonnevay - Vaux Résistance de C8, en profitant des bifilaires de C3 jusqu'à la mairie de Vaulx en Velin puis des batteries sur la section terminale ;
  • osera-t-on proposer de profiter de l'équipement du 19 pour convertir le 3 moyennant l'électrification au moins jusqu'à l'entrée de Dardilly ?
  • l'électrification de la montée des Esses pourrait amorcer la conversion du duo 2/45 : pour la première, l'équipement de la rue de Saint Cyr pourrait profiter au trio 20, 22 et 23 vers Saint Cyr, Saint Fortunat et Saint Didier ; pour la seconde, compte tenu de son profil, il faudra équiper la section Pont Mouton - Valdo ;
  • l'équipement de la ligne 45 serait d'autant plus justifié si le corridor convergeant vers la montée de Choulans était lui aussi équipé, concernant potentiellement 5 lignes : C19 (Perrache - Sainte Foy - Francheville Taffignon), C20 (Bellecour - Grange Bruyère - Francheville), C21 (Perrache - Alaï - Gorge de loup), 46 (Perrache - Point du Jour - Boyer) et 49 (Perrache - Chavril - Sainte Foy).

L'autobus électrique à batteries pourrait compléter la décarbonation du réseau routier urbain lyonnais.

A lire également notre analyse sur les atouts du trolleybus.

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12 septembre 2018

Un BHNS à Fort de France

Voici un mois, a été inauguré le premier BHNS installé dans une agglomération des outre-mer, à Fort de France. Long de 13,9 km et en site propre sur la totalité du parcours, le tracé comprend 18 stations.

Le projet remonte au début des années 1990, avec le constat d'un nombre sans cesse croissant de voitures vers Fort de France, sur un réseau limité : la seule autoroute des outre-mer français se trouve saturé avec plus de 120 000 véhicules / jour. L'hyperconcentration urbaine de la Martinique conjuguée à un modèle urbain aux déplacements fondés sur la voiture a donc fait émerger le besoin d'une rupture avec la mise en oeuvre d'une offre plus attractive de transports en commun et d'une meilleure coordination entre les collectivités locales, pour aboutir à la formation de la Communauté d'Agglomération du Centre de la Martinique.

Le BHNS, d'orientation principale ouest-est comprend un tronc commun et deux antennes à l'est avec un intervalle de 7 min 30 en semaine sur le tronc commun et de 15 minutes sur les deux branches. Le samedi, la desserte est allégée avec un intervalle de 10 minutes sur le tronc commun... et de 25 minutes le dimanche avec de surcroît un dernier départ à 18h15 des terminus extérieurs.

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Le terminus Almadies du BHNS martiniquais, avec ses Exquicity 24 mètres misant sur un important nombre de places assises pour attirer un maximum de voyageurs, tout en préservant une capacité totale élévée pour limiter le trafic automobile. © F. Fèvre

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Aménagement intérieur des Exquicity vu depuis la première porte : la disposition intérieure mise sur un niveau de confort élevé pour un autobus afin d'inciter les martiniquais à lâcher un peu la voiture... (document Mozaïk)

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Présentation dans le nouveau dépôt spécialement aménagé des Exquicity dont on note la diversité des couleurs. (document Mozaïk)

Le service est assuré avec 14 Exquicity hybrides en version bi-articulée, dont 10 actuellement nécessaires pour assurer le service, avec une réserve tout de même assez généreuse.

Le projet d'un coût total de 380 M€ a fait l'objet d'un partenariat public-privé entre la Région Martinique et Vinci sur une durée de 20 ans à compter du 21 novembre 2013 sur un périmètre représentant 200 M€ d'investissement portant sur la transformation des échangeurs autoroutiers, des ouvrages d'art pour l'insertion du BHNS au centre de la voie rapide, la requalification du fond de mer, l'aménagement des stations, le dépôt et les 14 Exquicity. Ce partenariat est l'issue choisie en 2013 par la Région pour mettre fin à la dérive du calendrier du projet qui aurait dû être achevé en 2011, qui mettait en péril la subvention de l'Union Européenne.

Désormais, les habitants de Fort de France ont à découvrir ce nouveau service, mais le démarrage après un mois d'exploitation semble des plus timides. Il n'est effectivement pas facile de faire oublier un tel passif...

 

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