13 décembre 2012

Le Havre prend possession de son tramway

12 décembre 2012 à 12h12. C'était l'heure du rendez-vous et le pari a été tenu, un peu en courant les dernières semaines : Le Havre rejoint donc le club des agglomérations exploitant un tramway, qui compte désormais 22 membres. Le premier réseau en forme de Y comprend 23 stations sur 13 kilomètres. Le tronc commun débute à la plage puis dessert l'hôtel de ville, la gare, et emprunte le nouveau tunnel Jenner qui lui est réservé. Au-delà se séparent les deux lignes, l'une vers Caucriauville et l'autre vers Mont Gaillard. Le tramway du Havre alterne donc une section de plaine dans la ville basse dominée par l'architecture Perret. Ensuite, il rejoint la partie haute avec des sections assez escarpées.

208813Le Havre - place Jenner - 12 décembre 2012 - C'est sur la place Jenner que le top départ de l'inauguration a été donné à 12h12 précises.Les rames ont rapidement été prises d'assaut par des havrais impatients de prendre - enfin ! - leur tramway. © Th. Assa

208823Le Havre - place de l'hôtel de ville - 12 décembre 2012 - C'est sous le soleil que Le Havre a été mis en service, mettant en valeur les nouveaux aménagements urbains réalisés à l'occasion de sa construction. © Th. Assa

208822Le Havre - place de l'hôtel de ville - 12 décembre 2012 - La mise en service du tramway était accompagnée d'une grande fête dans le centre ville. L'esthétique sobre des rames s'insère harmonieusement dans l'urbanisme rénové de l'après-guerre. © Th. Assa

Disparu après guerre dans une ville dévastée et face à un mur d'investissements, le retour du tramway a été décidé par la communauté d'agglomération le 13 mars 2007. Il s'est donc écoulé cinq ans et demi avant que les havrais puisse emprunter leur nouveau mode de transport. Sans surprise, c'est Alstom qui s'est arrogé le marché du matériel roulant avec son Citadis 302, au gabarit de 2,40 m et d'une longueur de 32 m. Le parc s'élève à 22 rames.

Il y avait foule pour cette première journée, tant et si bien que les rames ont affiché complet tout l'après-midi. La circulation des rames devenait un peu chaotique, comme à toute inauguration, d'autant que la gestion de la priorité aux carrefours nécessite encore quelques réglages pour assurer la régularité de l'intervalle.

Et - signe du destin - au deuxième jour d'exploitation, la neige est tombée sur Le Havre, contraignant l'exploitant à interrompre le service des autobus dès 9 heures du matin : seuls le tramway et le funiculaire restaient en exploitation, imperturbables. Pouvait-on imaginer plus belle communication sur les mérites du tramway ?

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Caen et Amiens font marché commun

Les agglomérations de Caen et d'Amiens ont décidé d'unir leurs efforts et de constituer, comme l'ont fait Brest et Dijon, une commande commune pour leurs projets, de tramways, de sorte à abaisser les coûts unitaires par l'effet d'une commande de plus grand volume. Ces deux villes envisagent d'acquérir au total une cinquantaine de rames. 

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Caen : 2 tramways pour 2018

L'agglomération caennaise confirme son engagement pour le tramway. Après avoir décidé de retirer du service en 2018 son TVR, elle a confirmé son choix en retenant le tramway - au détriment du BHNS - pour le second axe en site propre, d'orientation est-ouest. En forme de Y, elle reliera le quartier des Rives de l'Orne à Bretteville sur Odon et au quartier du Chemin Vert.

http://i41.servimg.com/u/f41/09/01/86/34/projet11.jpg

Le coût de ces deux projets, totalisant 23,4 km d'infrastructures, est évalué à 300 millions d'euros. Le début des travaux est prévu mi-2015 et son achèvement trois ans et demi plus tard. L'arrêt de l'exploitation du TVR est envisagé à ce jour en 2017 avec 18 mois de travaux de conversion nécessitant l'interruption de l'exploitation. Le coût relativement faible s'explique par la réutilisation d'une partie des installations réalisées pour le TVR, comme par exemple les installations électriques. On peut également supposer que le gros oeuvre des stations sera conservé et adapté au gabarit du matériel.

Le financement sera assuré notamment par une subvention de 45 millions d'euros de l'Etat. Une participation de l'Union Européenne - via le FEDER - est aussi espérée.

La conversion de la ligne 1 relance les perspectives de prolongement des quatre branches existantes, extensions rendues impossibles par l'existence même du TVR dont la production a été - heureusement - stoppée après les déboires rencontrés à Caen comme à Nancy.

TVR-caen_sivatteCaen - 10 décembre 2012 - C'est cette chose, que certains ont voulu appeler tramway, qui sera remplacée dans quelques années par un mode de transport fiable, qui lui peut être qualifié de tramway puisqu'il roule sur deux rails. © J. Sivatte

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12 décembre 2012

Maroc : inauguration du tramway de Casablanca

Alors que le tramway continue son retour avec succès dans nos agglomérations, l'ingénierie française remporte également des succès à l'étranger. Après la mise en service du tramway à Alger, c'est maintenant Casablanca qui renoue avec ce mode de transport, inauguré aujourd'hui par le roi du Maroc, en présence du premier ministre français en visite officielle. Le tramway sera ouvert au public à compter de demain.

La ligne, longue de 31 km et comprenant 48 stations, forme un Y avec à l'est un terminus unique à Sidi Moumen et deux terminus à l'ouest, dans le quartier Hay Hassani et aux facultés, qui se séparent après les hôpitaux et la faculté de médecine. La ligne est exploitée à l'aide de 37 rames Citadis, larges de 2,65 m, composées de deux éléments ne comprenant qu'une seule cabine de conduite, assemblés tête-bêche pour former une rame réversible. La capacité approche les 450 places en charge normale et 600 en charge exceptionnelle, pour cette ligne qui devrait transporter 250 000 voyageurs d'est en ouest de la capitale économique du pays.

Le réseau de transports urbain de Casablanca est désormais exploité par RATP Dev pour cinq années renouvelables. CasaTransport va donc devoir "éduquer" la population et les automobilistes avec ce nouveau mode de transport, en site propre, prioritaire aux carrefours : il est déjà prévu d'installer un agent de police à chaque carrefour pour discipliner la circulation. L'objectif de CasaTransport est d'atteindre une vitesse commerciale de 19 km/h.

Une deuxième ligne est déjà envisagée à court terme, d'une longueur de 17 km : elle reprendra la branche Hay Hassani de la première ligne et ira irriguer le sud-ouest de la capitale écononomique, jusqu'au quartier Hay Mohammadi.

Trois autres villes du Maroc (Fes, Marrakech et Meknès) étudient actuellement la construction d'un réseau de tramways et ont décidé de faire appel à l'ingénierie française : ces villes ont pris la mesure du risque d'une circulation automobile excessive et s'orientent progressivement vers une stratégie de modification des comportements par la mise en oeuvre d'un service de transport en commun moderne, et plus efficace que les autobus, souvent rustiques, qui assurent aujourd'hui un service au fonctionnement erratique.

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08 décembre 2012

Dijon met en service sa deuxième ligne

Trois mois après la mise en service de T1, la ligne T2 a été mise en service. Longue de 11,5 km, elle relie Quétigny au parc d'entreprises de Valmy, situé dans la zone d'activités de la Toison d'Or. Elle est en tronc commun avec T1 entre la gare et la place de la République. La première ligne est déjà un succès : 36 000 voyageurs quotidiens contre 30 000 escomptés, en dépit d'un fonctionnement qui reste encore largement perfectible.

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01 décembre 2012

Limoges : livraison du premier Swisstrolley

Voici le premier Swisstrolley livré par Hess à Limoges. La commande est modeste, 4 véhicules, mais elle pourrait - du moins c'est ce que nous pouvons espérer - donner un espoir aux partisans du trolleybus en France. Ces véhicules devraient circuler sur la ligne 4.

Hess a accepté de retravailler la face avant de son véhicule, qui connait un grand succès en Suisse, pour lui donner un air plus profilé... en un mot pour le faire ressembler au Cristalis de sorte à éviter de trop marquer la différence entre les deux modèles.

Y aura-t-il d'autres commandes à Limoges, par exemple avec l'électrification de la ligne 10 aujourd'hui assurée en autobus articulés ? Et bien évidemment, on ne peut qu'espérer que Lyon ait un oeil attentif et objectif sur cette première, de sorte à envisager une nouvelle phase de l'extension du réseau.

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22 novembre 2012

Lyon électrifie la ligne C13

Avec la restructuration du réseau d'autobus et de trolleybus (Atoubus), la ligne 13 (devenue C13) Montessuy - Hôtel de ville a été prolongée à Grange Blanche par Cordeliers, Part Dieu et l'avenue Lacassagne. L'itinéraire n'étant pas intégralement doté de lignes aériennes, l'exploitation est assurée par autobus Diesel. Le parc de trolleybus Cristalis libéré a été transféré à la ligne C14 résultant de la fusion de la section de plaine du 18 (Jean Macé - Terreaux) et de la ligne 44 (Hôtel de ville - Les Sources), l'allongement de la ligne nécessitant un surcroît de parc.

030911_C13cuire4Cuire - 3 septembre 2011 - La ligne C13 est exploitée depuis sa création avec des autobus, la section Part Dieu - Grange Blanche n'étant pas équipée de bifilaires. Les Citélis sont bien à la peine pour monter à la Croix Rousse... © transporturbain

L'électrification de la ligne C13 est donc engagée et sera réalisée d'ici l'été 2014. Les travaux seront réalisés en commençant par le secteur de Grange Blanche et en "descendant" vers la Part Dieu.

Les bifilaires reviendront donc sur l'avenue Lacassage, d'où ils furent déposés à la fin des années 1960, puisque la ligne 28 Cordeliers - Montchat / Vinatier était exploitée par trolleybus jusqu'à la fin de 1969. Les lignes aériennes sur la rue Professeur Florence et la place d'Arsonval susbistèrent jusqu'en 1984, à la suppression des trolleybus sur la ligne 1 Saint Jean - Vinatier.

Reste une question, et non des moindres : y aura-t-il assez de Cristalis pour exploiter la ligne C13 en trolleybus ? La question mérite d'être posée puisque le service des lignes C4, C11, C13, C14 et C18 nécessite 64 voitures en lignes pour un effectif de 69 ETB12. Ces lignes étant réparties sur quatre dépôts (C4 à Alsace, C11 à La Soie, C13 et C18 à Caluire et C14 à Saint Simon), il faudra donc une disponibilité totale du parc pour assurer la totalité du service de ces lignes en trolleybus. Compte tenu de la fiabilité des Cristalis, cet objectif nous semble très - trop ? - ambitieux, et on ne peut écarter que des autobus soient engagés à la première indisponibilité.

Pourtant, une commande de trolleybus ne serait pas superflue, tant par l'intérêt de ce mode de transport à Lyon que par la fréquentation élevée de la ligne C13 (plus de 25000 voyageurs par jour) : l'exploitation en autobus standard de 65 places succédant aux véhicules articulés de la ligne 28 offrant 110 places avec la même fréquence n'a pas été la mesure la plus intelligente de la restructuration du réseau lyonnais...

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18 novembre 2012

Amiens vote pour le tramway

Depuis quatre ans, l'agglomération d'Amiens étudiait l'amélioration de son réseau de transports en commun et comparait les avantages et inconvénients du BHNS et du tramway. Finalement, hier soir, le tramway a été adopté à la majorité du conseil municipal. La première ligne, d'orientation nord - sud, devrait desservir l'hôpital, la gare et la citadelle.

Le contexte est peu favorable aux transports en commun dans cette agglomération : le réseau a perdu près de 40% de sa fréquentation entre 1997 et 2007. Les élus amiénois espèrent donc que le tramway sera l'outil permettant de relancer un réseau jugé peu attractif par la population. Il est vrai que les conditions de circulation sont assez favorables dans la capitale picarde...

280610_CITAROalbert1er_1Amiens, mail Albert 1er - 28 juin 2010 - Le réaménagement de la gare en 2009-2010 a permis de créer quelques aménagements pour les autobus sur le maire Albert 1er notamment emprunté par une ligne à haut niveau de service équipée de Citaro customisés. © transporturbain

Petite précision : c'est un tramway sur rails qui a été adopté par Amiens...

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Lyon met en service T5

Ce samedi 17 novembre 2012, la cinquième ligne de tramway de l'agglomération lyonnaise a été mise en service : longue de 7 km, elle comprend 3,8 km d'infrastructures nouvelles, entre l'avenue Franklin Roosevelt à Bron et le parc des expositions Eurexpo, situé à Chassieu. La ligne T5 effectue le trajet Grange Blanche - Eurexpo, et circule en tronc commun avec T2 sur la section Grange Blanche - Bron Les Alizés. La bifurcation en triangle se situe à proximité du fort de Bron.

La ligne T5 vient donc épauler T2 en offrant une capacité accrue qu'apprécieront les brondillants souffrant de l'intense trafic de la ligne T2. Elle améliore la desserte du nord de la commune de Bron en proposant une liaison directe vers la ligne D du métro, aujourd'hui assurée par autobus de façon bien moins rapide.

La création de T5 s'accompagne également de la mise en service d'un second tiroir de retournement à Grange Blanche sur le boulevard Jean XXIII et de l'agrandissement de la station de Grange Blanche afin de recevoir deux rames simultanément au départ vers la banlieue.

La ligne T5 résulte de la convergence entre plusieurs intérêts. Il y a évidemment la desserte du nord de Bron et l'augmentation de la capacité de transport. Il y a aussi la desserte d'un important parc d'activités (le parc du Chêne) où se sont installées depuis vingt ans de nombreuses entreprises, mais également du parc des expositions Eurexpo, avec une section qui sera active les jours de salon, soit environ une centaine de jours par an. Il y a enfin la préparation de la desserte du futur stade des Lumières, à Décines, puisqu'en plus de l'antenne sur T3, il y aura aussi un service de bus depuis Eurexpo.

171112_T5eurexpoChassieu - parc des expositions - 17 novembre 2012 - La rame 875 a revêtu pour l'inauguration une livrée miroir qui avait déjà été appliquée à la rame 856 sur T3. L'inauguration mettait en avant les 10 nouvelles rames de 43 m, destinées à T3. © transporturbain

 

La desserte d'Eurexpo par T5 présente cependant l'inconvénient d'être moins attractive que par la ligne de bus 100 au départ de La Soie, puisque celle-ci donne correspondance à la ligne A du métro, au tram T3 depuis la gare de la Part Dieu et à Rhônexpress depuis l'aéroport.

La ligne T5 est desservie toutes les 10 minutes et utilise les rames jusqu'alors en service sur T3 qui reçoit les nouvelles motrices longues de 43 m offrant 300 places : ce surcroît de capacité était attendu compte tenu de la charge élevée des rames entre la Part Dieu et Meyzieu.

Reste enfin à espérer que T5 soit prolongée dans les prochaines années au-delà de Grange Blanche en direction de Gerland pour y rejoindre T1. La ligne pourrait ainsi proposer une liaison directe entre ceux deux pôles, délestant utilement les lignes B et D du métro, et jouer un rôle efficace dans le maillage du réseau lyonnais.

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16 novembre 2012

Alstom - Translohr : ambiguités

"Pour Alstom, tramway rime avec La Rochelle". Le titre de cet article du quotidien économique Les Echos est assez intéressant, car il voisine avec un autre article "Avec T5 et T6, New Translohr tient sa vitrine". Alors qu'Alstom annonce qu'il proposera un produit tramway adapté à des agglomérations de 50 000 habitants, New Translohr, dans lequel Alstom est l'actionnaire principal, considère que son produit serait très adapté à une quarantaine de villes en France.

Le moins que l'on puisse dire est que la juxtaposition de ces deux articles pose la question des deux stratégies industrielles... et de la crédibilité du propos concernant la quarantaine de villes françaises potentiellement pertinentes pour le Translohr. Sachant qu'en 2016, pas moins de 25 villes françaises seront équipées de - vrais - tramways, on peine à voir la quarantaine de villes qui, tout d'un coup, trouveraient de l'intérêt dans un produit qui n'a réussi à démontrer que son surcoût, son impasse à court terme et son manque évident de fiabilité. La preuve : quelle ville a retenu le Translohr depuis 10 ans ? Les non-choix parisiens, pas du tout techniques mais entièrement politiques, étaient déjà faits. Angers, Dijon, Besançon, Aubagne, Avignon, Tours, Le Mans, Brest, Le Havre... Toutes ont retenues le vrai tram. Si elles étaient dans l'erreur, ça se saurait, non ?

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