10 mai 2019

Bruxelles : festivités royales pour les 150 ans des tramways

Un menu exceptionnel

Inaguration royale pour les 5 jours de la Fête de l'Iris, largement consacrée cette année aux 150 ans du réseau de tramways de Bruxelles (auxquels il faudra que nous consacrions un dossier en complément de celui que nous vous proposons sur le métro). Le Roi des Belges était présent pour lancer l'exposition et le défilé de la quarantaine de véhicules. 

La journée du premier mai restera certainement dans les mémoires avec une foule nombreuse - environ 50 000 personnes selon la presse belge -  et enthousiaste le long du parcours des festivités. La cavalcade avec une trentaine de tramways du MTUB et de la STIB s'est déroulé entre la place Royale et la basilique Sainte Marie.

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Bruxelles - Place Royale - 5 mai 2019 - Toute l'évolution technique du tramway était représentée, y compris cette locomotive à vapeur venue musée du tramway vicinal de Thuin (ASVI). Construite par les usines Tubize, elle a été mise en 1888. © transporturbain

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Bruxelles - Place Royale - 4 mai 2019 - Continuons avec les vicinaux à voie métrique, avec la motrice type N n°10480 de 1954, matériel moderne qui assura le service interurbain, notamment autour de Bruxelles, jusqu'au milieu des années 1970. © transporturbain

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Bruxelles - Place de la Reine - 5 mai 2019 - La rame Flexity n°3150 a été pelliculée pour les 150 ans du tramway avec trois livrées différentes : le marron chocolat des Chemins de Fer Economiques, le vert des Tramways Bruxellois et le jaune historique de la STIB. © transporturbain

Qu'importe la météo, pourvu qu'on s'amuse !

Dimanche 5 mai, à partir de midi, les tramways du MTUB ont repris possession de l'axe Basilique Sainte Marie - Parc - Place Royale - Place Louise - Legrand pour des circulations publiques (plus ou moins arrosées) : l'affluence dans les différentes motrices, de 1895 à 1962 réchauffait l'ambiance polaire qui régnait sur la ville, et il faut saluer le courage des conducteurs des motrices les plus anciennes, soumis au froid et à la pluie (entre deux rayons de soleil).

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Bruxelles - Place Royale - 5 mai 2019 - La motrice n°346 de 1903 illustre l'électrification des réseaux de tramways. Motrice à deux essieux avec une disposition atypique comprenant, outre les deux plateformes ouvertes, un compartiment fermé de première classe et une partie ouverte de seconde classe. Les conducteurs ont vaillamment affronté les intempéries qui ont émaillé le week-end... © transporturbain

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Bruxelles - 5 mai 2019 - La motrice n°984 des Tramways Bruxellois de 1906 améliore - un peu - le confort des wattmen avec un pare-brise. Les voyageurs de seconde classe sont aussi abrités. Cette motrice a été restaurée dans son état d'origine puisqu'à partir de 1914, elle a revêtu la livrée jaune primerose. © transporturbain

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Bruxelles - Avenue Louise - 5 mai 2019 - Autre matériel emblématique, les motrices série 5000, arrivées en 1935 pour l'Exposition Internationale, incarnent le tournant de la modernité avec une caisse plus longue, reposant sur deux bogies, un receveur à poste fixe. Les portes pneumatiques sont arrivées ultérieurement. Elles ont circulé jusqu'en 1976. © transporturbain

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Bruxelles - Rue Royale - 5 mai 2019 - La modernisation du parc par la STIB fondée en 1954 a donné naissance à la série 9000 en 1960, réutilisant le châssis des motrices Standard de 1929-1933, sur lequel une nouvelle caisse proche des PCC a été montée... mais avec un important porte-à-faux générant un fâcheux mouvement de tangage. Il s'agit des premières motrices conçues pour le service à agent seul. © transporturbain

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Bruxelles - Rue Royale - 5 mai 2019 - Croisement de génération : la motrice n°1305 des TB, de la série livrée entre 1906 et 1914, croise l'icône de la modernisation du réseau dans les années 1950 avec la première série de PCC, les 7000, apparues en 1951 et ici illustrée dans la livrée au début des années 1990. Version belge du concept développé aux Etats Unis au début des années 1930, elles ont été révolutionnaire par leurs accélérations fulgurantes et leur extraordinaire qualité de roulement. © transporturbain.

Le roi dévoile la nouvelle génération de tramways

La nouveauté, c'est la présentation de la maquette grandeur nature de la nouvelle génération de Flexity, commandées à 182 exemplaires auprès de Bombardier, afin de renouveler le parc, notamment les PCC et probablement les 2000, série mal-aimée, quoique datant du début des années 1990, mais aujourd'hui insuffisamment capacitaires en plus d'être d'une fiabilité médiocre.

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Bruxelles - Place Royale - 5 mai 2019 - Evolution de style en apparence, mais les 3200 reposeront sur la version 2 du Flexity de Bombardier. Espérons que la qualité de roulement soit au moins équivalente à celle de la première génération (ex-Cityrunner). © transporturbain

Plus de photos dans ce dossier de transporturbain.

Bruxelles remporte le concours européen de conduite de tramway : quelle surprise !

Cet Eurovision des tramways se tenait samedi 4 mai sur la rue Royale, a été remporté par... la STIB dans la catégorie du concours général, mais le titre de meilleur conducteur a été décerné à Luxembourg, ce qui montre que l'ancienneté du réseau ne fait pas nécessairement la qualité de la conduite puisque la ligne du Grand Duché a été mise en service voici un peu plus d'un an.

La RATP, représentante française, se classe dans le peloton de queue, en 21ème position sur 25 candidats. D'après les équipes bruxelloises qui ont accompagné les parisiens en reconnaissance sur le réseau, ces derniers ont quelque peu pâli en voyant les conducteurs foncer à 50 km/h dans des rues étroites, avec peu de feux de signalisation, le tout en mélange parfois complet avec la circulation automobile.

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09 mai 2019

Tadao : 7 lignes de BHNS

Le projet de tramway Artois-Gohelle n'était pas mûr et les ressources des collectivités limitées : baptisées Bulles, les 7 nouvelles lignes de BHNS, dont 6 sont exploitées à l'aide de 41 autobus articulés Iveco Bus Crealis Neo en version hybride, ont été mises en service le 1er avril dernier, en même temps que la restructuration complète de la quarantaine de lignes gérées par le Syndicat Mixte des Transports en Artois-Gohelle, desservant 150 communes et 650 000 habitants. L'objectif du nouveau réseau, est de doubler l'usage des transports en commun d'ici 2025. Pendant deux semaines, la gratuité avait été instaurée par le SMT, afin d'attirer la population et de lui faire tester, outre les nouvelles lignes, les nouveaux véhicules et les nouveaux horaires, notamment en journée et le week-end. Les résultats sont encourangeants, avec un rebond de l'ordre de 15 à 20% par rapport à l'ancien réseau : il faudra quand même donner un peu de temps avant de procéder à un premier bilan.

plan-BHNS-artois-gohelle

Particularité de ce projet, la configuration de son territoire : les deux principales centralités sont Lens et Béthune. Le réseau de bus s'articule autour du train, qui assure la liaison structurante entre ces deux villes. Les lignes de BHNS sont éclatées en 2 ensembles avec 5 lignes autour de Lens et 2 lignes autour de Béthune. Baptisées B1 à B7, elles représentent un linéaire de 110 km. L'investissement total atteint 416 M€ dont 28,6 M€ pour l'acquisition des autobus articulés.

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Crealis Neo pour 6 des 7 lignes du réseau des Bulles en Artois-Gohelle : heureusement, un peu de jaune vient rehausser un ensemble tout de même très sombre, une tendance très à la la mode dans le transport public... (cliché TADAO)

Cependant, la consistance des aménagements est variable : la ligne Bulle 1 bénéficie de voies réservées sur plus de 88% du parcours, alors que la ligne Bulle 7 n'en bénéficie que sur 7% de son linéaire. Même chose sur la priorité aux carrefours : les lignes B1, B2 et B6 sont favorisées de ce point de vue. Le projet s'avère relativement novateur, car les deux composantes (voies réservées et priorité aux carrefours) ne vont pas forcément de paire. Améliorer la fluidité de l'exploitation des bus en insertion banalisée peut être aussi une solution, avec recours à la détection des véhicules pour anticiper le fonctionnement des carrefours pour éviter de rencontrer des feux rouges.

BHNS-TADAO

La ligne B6 entre Bruay et Auchel aura aussi la particularité d'être exploitée avec des autobus construits par Safra : le Businova 12 m fonctionnera avec une pile à combustible alimentée à l'hydrogène. Elle sera mise en service le 21 juin et damera donc le pion au projet de BHNS de Pau.

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02 mai 2019

Lyon : concertation préalable pour le prolongement de T6

Du 2 mai au 14 juin, le SYTRAL engage une concertation préalable sur le prolongement de la ligne T6 qui sera mise en service en fin d'année entre Gerland Debourg et le pôle hospitalier Lyon Est. L'objectif est de rejoindre le domaine universitaire de La Doua, avec au passage la desserte du centre de Villeurbanne et la création de correspondances avec les lignes T3 (à la gare de Villeurbanne), le métro A (aux Gratte Ciel) et le duo T1-T4 à La Doua (station Gaston Berger).

Le prolongement de T6 doit notamment s'inscrire dans un projet d'urbanisme qui est en quelque sorte l'arlésienne villeurbannaise, dont on parle depuis au moins 40 ans : l'extension au nord du cours Emile Zola de l'avenue Henri Barbusse, tracée dans les années 1930 lors de la construction de cette cité d'habitat alors de nouvelle génération, pour créer un axe nord-sud structurant dans cette ville qu'on qualifie souvent de dixième arrondissement lyonnais. Aujourd'hui, la desserte par autobus au nord du cours Emile Zola est complexe, faite d'itinéraires dissociés du fait de la faible largeur de voiries composées de petits immeubles et de pavillons individuels.

Il était initialement envisagé par le SYTRAL de phaser la réalisation de T6 Nord avec une première étape aux Gratte Ciel, mais le tramway semble cette fois faire pencher la balance en faveur d'une accélération du projet urbain et c'est une réalisation en une seule opération qui devrait être proposée, pour donner naissance à une véritable rocade embrassant les 5 autres lignes de tramway, 3 des 4 lignes de métro au au passage de nombreuses lignes de bus et de trolleybus.

Sur le tracé, l'idée d'un tronc commun avec T3 est à écarter, compte tenu des contraintes d'exploitation engendrées avec Rhônexpress et les services de renforcement de T3 pour la desserte du stade de Décines, mais aussi pour maintenir la desserte du coeur du quartier autour de la place Grandclément. Ce point avait déjà été abordé par transporturbain dans un précédent article.

En revanche, nous insistons sur le fait que répondre à la demande de la ville de Villeurbanne d'une traversée du quartier des Gratte Ciel sans ligne aérienne d'alimentation serait très lourd de conséquence en interdisant la mutualisation du parc avec les autres lignes, contrainte d'autant plus préjudiciable que T6 aura aussi pour avantage de réduire la longueur des parcours d'accès des tramways lyonnais aux dépôts de Meyzieu (gérant T1 et T3) et de Saint Priest (gérant T2, T4 et T5). Il semble donc totalement illogique de pousuivre en ce sens, d'autant que la végétation de l'avenue rendra la ligne aérienne très discrète !

Enfin, il serait judicieux d'examiner finement le tracé de T6 dans le secteur de La Doua : le tracé de base entrerait dans le site universitaire par l'avenue Gaston Berger et le terminus se situerait au sud de la station actuelle de T1 et T4. Croiser les voies de ces deux lignes et rejoindre la section Ouest boulevard Niels Bohr, contournant le domaine par le nord permettrait de placer le terminus près de la salle de spectacles Le Transbordeur, pour créer des correspondances intéressantes, notamment avec les lignes C1, C2 et C5, pour faciliter les liaisons entre Caluire, Rilleux et Villeurbanne.

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01 mai 2019

Le tramway d'Avignon poursuit ses essais

Le tramway d'Avignon sera l'autre grande nouveauté dans ce domaine avec celui de Caen. Si la genèse du projet fut pour le moins difficile, la réalisation de la première section entre la gare centrale et le centre commercial de Saint Chamand touche à sa fin. Les premiers essais ont débuté en fin d'année 2018 et ont progressé depuis le centre de maintenance (au terminus Saint Chamand) en direction du nord. Certaines phases ont permis de tester le freinage à 70 km/h sur la rocade Charles de Gaulle. Le tramway est arrivé à la fin du mois d'avril sur le boulevard Saint Roch, au pied des remparts. L'ensemble du parcours a donc été vérifié à allure réduite. Le temps du rodage complet va débuter avec des rames évoluant à 30 km/h sur l'ensemble de la ligne.

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Le tramway d'Avignon au pied des remparts, vu ici à hauteur de la gare. Forcément, un petit événement car le projet a bien failli capoter en raison de postures politiques outrancières. Il faut avouer que pour la photo, le site devrait être des plus symboliques ! (cliché COGA)

Cette période va aussi nécessiter d'éduquer une population très accro à la voiture : la police a déjà dû intervenir à plusieurs reprises pour libérer les voies de véhicules en stationnement.

La marche à blanc devrait se dérouler cet été pour une mise en service à la rentrée, le 19 octobre prochain. A cette occasion, le réseau de bus sera largement remanié.

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Caen : le tramway plus tôt que prévu

C'était prévu pour la rentrée de septembre, ce sera finalement le 27 juillet ! Une date pas comme les autres pour une inauguration atypique : ce sera plutôt une ré-inauguration. Caen a tourné la page du TVR, qu'elle n'aurait pas dû ouvrir. Les faiblesses techniques et l'absence de pérennité du système (pas franchement la meilleure idée de Bombardier) ont finalement donné raison à ceux qui étaient qualifiés de rétrogrades et d'oiseaux de mauvais augures à l'époque du choix du TVR. Le 31 décembre 2017, le tramway sur pneus caennais avait cessé définitivement son service après 15 ans d'activité seulement. Le nouveau réseau, doté de Citadis 305 livrés par Alstom, a été reconstruit dans un délai très rapide, profitant tout de même de l'emprise déjà réservé et de certains équipements réutilisables. Il a tout de même fallu construire un nouveau dépôt et le réseau historique comprenant un tronc commun et deux antennes à chaque extrémité a été complété d'une troisième branche dans le centre.

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Ifs - Rue Modigliani - 10 janvier 2019 - En essais depuis plusieurs semaines, le tramway de Caen sera livré en avance à la population qui a eu la patience de subir une deuxième fois des travaux sur le même itinéraire. © Y. Keall

Le nouveau tramway de Caen arbore une livrée assez sombre : sobriété diront certains... mais l'essentiel est que le réseau structurant caennais renoue avec le principe de base de reposer sur deux files de rails et non une seule !

Nous ne manquerons pas cet événement symbolique pour le petit monde des amateurs ! En attendant, notre dossier sur le réseau de Caen vous attend...

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29 avril 2019

Saint Etienne repose des lignes aériennes

Durant ce mois d'avril, les équipes des lignes aériennes de la STAS ont renoué avec une habitude qui s'était perdue depuis de nombreuses années à Saint Etienne. Afin de préparer le retour des trolleybus sur la ligne M7, les bifilaires ont été rénovées sur la section de la ligne comprise entre le boulevard Valbenoîte et le cours Fauriel. Il faut dire qu'elles n'avaient pas vu de perches depuis 35 ans. Cet été, les travaux seront réalisés sur la rue Durafour, afin de préparer la mise en exploitation des installations en fin d'année : 10 trolleybus Solaris Trollino commandés l'été dernier seront engagés sur la ligne M7 et 12 suivront sur la ligne M3, qui peut être exploitée actuellement par trolleybus, mais l'usage des Cristalis est erratique, compte tenu de leur nombre insuffisant pour couvrir l'exploitation de cette ligne.

Notre dossier sur les trolleybus stéphanois.

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Lyon : arrivée du premier MPL16

Le 26 avril dernier, la première rame MPL16 a été livrée par Alstom à l'atelier de La Poudrette à Vaulx en Velin. Destinée à l'automatisation de la ligne B, avec au passage le début de la réforme des MPL75, elle est l'étendard du programme Avenir Métro du SYTRAL.

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La voici : entrée du premier MPL16 dans l'atelier du métro de Vaulx en Velin. La réduction de la taille des fenêtres est assez frappante, quoique masquée par les aplats noirs. (document SYTRAL)

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Image de synthèse des aménagements intérieurs : la faible taille des fenêtres s'explique par la configuration des dossiers des assises. (document SYTRAL)

Le MPL16 est constitué de 2 voitures avec intercirculation, et pourra circuler en UM2, mais sans le bénéfice pour le voyageur de pouvoir circuler d'un bout à l'autre de la rame. En phase transitoire, les MPL16 cohabiteront avec les MPL75 à 3 caisses sur la ligne B, ce qui ne sera pas forcément simple à gérer en heures de pointe à la Part-Dieu et à Saxe-Gambetta, deux importantes stations de correspondance, avec une succession de trains de longueur (et de capacité) différentes.

On remarque l'importante surface vitrée sur les faces avant et sur les portes, qui contraste avec la très nette réduction du format des vitres latérales par rapport aux anciennes générations. C'est la conséquence assez logique de l'évolution du diagramme des rames, avec l'usage de banquettes adossées aux parois latérales : les voyageurs font dos aux fenêtres et leur hauteur se retrouve définie par le dossier des assises.

On attend d'en savoir un peu plus sur les caractéristiques techniques du MPL16 pour mettre à jour le dossier de transporturbain consacré aux matériels du métro de Lyon.

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Tramways de Brest : notre dossier mis à jour

Pour tout dire, Brest faisait partie des réseaux que nous n'avions pas encore visité. C'est chose faite (et en plus sous le soleil, photos non retouchées...), et le dossier de transporturbain a été largement recomposé et ses illustrations enrichies.

Au passage, nous avons encore une fois la confirmation que l'incapacité à franchir des rampes sévères par un tramway relève de la légende...

2025 : une deuxième ligne de tramway et un BHNS ?

La concertation pour la réalisation d'une nouvelle ligne de tramways à Brest, complétée par une ligne de BHNS elle aussi électrique, se déroule jusqu'au 14 juillet prochain. La première ligne, mise en service en juin 2012, n'a pas atteint l'objectif de fréquentation avec 36 000 voyageurs par jour contre 45 000 dans l'avant-projet. Pour autant, la réintroduction du tramway a bien pris dans l'agglomération... même si la genèse a été difficile, après l'échec du projet initial de 1989. La deuxième ligne, qui desservira la gare, à l'écart du tracé naturel de la première, devrait apporter un surcroît de fréquentation par un effet réseau.

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Brest - Rue de Siam - 19 février 2019 - Avec son architecture et sa trame urbaine de ville reconstruite (Brest ayant été ravagée à 90% par les bombardements de 1944), le tracé de la première ligne de tramway n'a pas rencontré de difficultés majeures. La piétonnisation de la principale artère commerçante avait été amorcée avec des aménagements pour les autobus et le tramway a composé avec les fontaines réalisés en terre-plein central. © E. Fouvreaux

Affrontement RATP - SNCF pour l'exploitation du réseau Bibus

Par ailleurs, signalons que, le 26 avril 2019, Keolis, exploitant du réseau Bibus, a déposé un référé devant le Tribunal Administratif de Rennes alors que la Métropole devait confirmer le changement d'opérateur dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public. RATP Dev serait en effet sorti en tête de l'analyse des offres. Keolis, opérateur depuis 1987 (à l'époque de ViaGTI), déplore les fuites dans la presse dès le mois de mars dernier sur l'évaluation des offres. RATP Dev semble être très conquérante avec une offre très inférieur au plafond budgétaire (il serait question d'une contribution métropolitaine de 29M€ par an) et d'un engagement sur une hausse de 16,5% du trafic en 8 ans. RATP Dev proposerait aussi une accélération de l'électrification du parc d'autobus (tiens, et si on parlait trolleybus ?), titres de transport dématérialisés sur smartphone, service de vélos électriques en libre-service, desserte du petit matin pour le port (entre 4h et 7h)... RATP Dev a déjà remporté Vannes, Lorient et Angers : au travers de leurs filiales, c'est bien à un affrontement - pour l'instant feutré - entre la RATP et la SNCF auquel on assiste, mais la Métropole est peut-être aussi en train de faire payer à Keolis un long conflit social ces dernières années et les difficultés récurrentes du téléphérique (dont nous parlerons prochainement).

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28 avril 2019

Bordeaux : une étude sur un métro qui serait un RER...

Le réseau de tramways de Bordeaux est un succès... et même plus, au point qu'il est victime de saturation et, conséquence logique, sa vitesse commerciale s'en ressent du fait de l'allongement des temps d'échanges en station. Malgré le renforcement de la desserte avec la création de terminus partiels, procurant une capacité importante avec un intervalle de 2 min 30 dans l'hypercentre, le tramway est considéré aux limites de ses possibilités. Est-ce si vrai que cela ?

Pour transporturbain, les problèmes du tramway bordelais sont d'abord liés à la configuration du réseau, uniquement radiale. Les trois lignes se croisent dans un triangle formé par la porte de Bourgogne (lignes A et C), l'esplanade des Quinconces (lignes B et C) et la place Pey-Berland (lignes A et B). L'arrivée de la ligne D cette année ne changera pas grand-chose à l'architecture du réseau puisqu'elle arrivera aux Quinconces et empruntera les voies de la ligne C jusqu'au terminus intermédiaire Carle-Vernet, afin d'assurer une liaison directe avec la gare Saint Jean.

Pour en savoir plus :

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24 avril 2019

Alliance européenne sur le Translohr

Face à l'échec commercial, largement prévisible, du Translohr, les villes qui se sont lancées - imprudemment - dans cette aventure s'inquiètent de la capacité à maintenir en exploitation le matériel roulant dans les années à venir. Alstom, via New Translohr, semble assez peu motivé à fournir des pièces de rechange pour ces matériels. On se souviendra de la façon par laquelle Alstom avait dû secourir cette activité sur injonction de l'Etat.

Le SMTC de Clermont-Ferrand a fédéré les autres villes exploitant des Translohr dans le monde pour faire pression sur Alstom afin d'assurer le maintien en service des rames : Venise, Padoue, Medellin ont signé cette alliance... dans laquelle ne figure pas la Région Ile de France qui a pourtant 2 lignes de Translohr (T5 et T6), ni la ville chinoise de Tianjin.

A Clermont-Ferrand, l'objectif serait désormais de maintenir en service ce matériel sur une durée de 30 ans, c'est à dire jusqu'en 2036. L'horizon semble reculer, car le SMTC envisageait il y a peu la fin de vie dans la décennie 2020, en lien avec le projet d'une deuxième ligne de TCSP.

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