07 février 2021

Marseille : vers le barreau de tramway Blancarde - Dromel

Une nouvelle étude pour le développement des tramways de Marseille. Pour mémoire, sont déjà envisagées les extensions suivantes :

  • Arenc - Capitaine Gèze puis Lycée Saint Exupéry et La Castellane
  • Place Castellane - Dromel - La Gaye puis La Rouvière
  • Place de Rome - Place du 4 septembre
  • Arenc / Belle de Mai - Gare Saint Charles - Boulevard National

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Voici donc un barreau assurément très attendu, qui s'impose avec évidence : la Métropole lance donc un appel d'offres pour étudier la section entre la gare de La Blancarde et Dromel, en réutilisant l'emprise ferroviaire existante vers l'ancienne gare du Prado, qui n'est utilisée que pour l'expédition du train des déchets de la ville. Il faudra donc prévoir soit un élargissement de l'emprise pour disposer de 2 voies pour le tram et d'une voie pour ce train de fret, soit prévoir la circulation du train des poubelles en dehors des plages de circulation du tramway : le régime de sécurité des transports publics guidés impose soit la séparation physique (première solution) soit temporelle (seconde solution).

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Marseille Blancarde - 15 février 2014 - Le raccordement passe au plus près du bâtiment voyageurs de la gare de La Blancarde avant de rejoindre les voies de l'axe Marseille - Nice. Parmi les enjeux du projet Blancarde - Dromel, les modalités de raccordement entre les voies de tramway et cette emprise s'ajouteront à l'organisation de la cohabitation entre le train des poubelles et le tramway sur la même bande foncière. © transporturbain

Dans ce cas, si les travaux seraient moins lourds (pas d'élargissement de l'emprise), il faudrait prévoir la compatibilité au niveau des organes de roulement et de la voie entre des trains classiques et les tramways. Ce n'est pas un petit sujet : cela signifierait assurément une voie classique, mais un profil de roues particulier pour les rames de tramway, donc soit une reprise de l'ensemble du parc, soit la constitution d'une flotte dédiée à cette ligne.

Autre volet à aborder dans cette étude, le schéma général d'exploitation du réseau de tramways. Il semble à peu près acquis qu'on reviendra au schéma initial de 2002 avec la déviation de T2 vers la place du 4 septembre afin de laisser T3 seule sur le grand axe nord-sud. Quant à ce nouveau maillon Blancarde - Dromel, pourrait soit constituer une simple extension de T2 soit amorcer une ligne T4 qui emprunterait les voies de T2 jusqu'au boulevard National avant de remonter par la nouvelle section desservant la gare Saint Charles (si tant est que la courbe Longchamp / National ne soit pas trop difficile d'insertion...).

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Marseille - Canebière - 20 janvier 2020 - Une rame de la ligne 2 bifurque vers le cours Belsunce en direction d'Arenc. Avec le développement du réseau, cette ligne devrait être réorientée vers la place du 4 septembre et donc virer à gauche sur le cours Saint Louis. © transporturbain

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04 février 2021

Un trolleybus discrètement essayé à La Chaux de Fonds

Après la suppression des trolleybus en 2014, dont les raisons demeurent toujours aussi mystérieuses, les alternatives hybrides continuent de faire débat à La Chaux de Fonds car les performances sont inférieures à la traction électrique. L'hypothèse de bus électriques à batterie reste le scénario porté par TransN, mais elle reste très critiquée localement.

L'essai d'un trolleybus de Fribourg, évidemment un Lightram de Hess, en version articulée et avec autonomie sur batteries à recharge en ligne, le 18 novembre dernier a nécessité la remise en service des installations électriques qui n'ont pas été totalement démontée (signe quand même d'une petite hésitation). Le trolleybus avait été précédemment testé sur le réseau de Neuchâtel.

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La Chaux de Fonds - Avenue des Forges - 18 novembre 2020 - Un trolleybus perches aux fils sur le réseau de cette ville qui a supprimé ce mode de transport voici 6 ans. Le Lightram 19 de Fribourg est quand même suivi par le camion nacelle... au cas où ! © A. Knoerr

L'association Transport Environnement et la CITRAP (Communauté d'Intérêts pour les Transports Publics) continuent de faire pression pour réintroduire les trolleybus dans cette petite ville du Jura.

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27 janvier 2021

Rennes : premiers essais sur la ligne B du métro

Ce devait être une des nouveautés de l'année 2020 mais ce fichu virus a conduit à reporter sa mise en service au plus tôt au printemps 2021, 19 ans après l'ouverture de la première ligne. Il aura fallu être patient, mais c'est la conséquence du choix du mode de transport...

Le 20 janvier dernier, une première section de la ligne B du métro de Rennes a été parcourue pour effectuer des essais entre Beaulieu Université et Atalante. Il s'agit d'engager un processus de près de 2000 heures d'essais pour les 25 rames CityVal, la nouvelle génération de métros automatiques de Siemens, avec une conception singulière, bien plus routière, incluant un système de guidage fondé sur les principes développés par Lohr pour le Translohr.

La nouvelle ligne de 13,4 km comprend 15 stations : elle est établie en tunnel sur 11 km. Envisagée alors que les travaux de la ligne A n'étaient pas encore achéves, elle a été déclarée d'utilité publique le 31 août 2012 et les travaux ont débuté en janvier 2014. Son tracé assez sinueux dans le centre de Rennes dispose de 2 correspondances avec la ligne A, à la gare et place Sainte Anne. L'intervalle à la mise en service devrait être de 2 min 30, mais le système d'exploitation est compatible avec un resserrement jusqu'à 67 secondes, du fait aussi des véhicules de faible longueur composés de 2 voitures.

Les modules comprennent 2 larges portes sur une caisse très largement vitrée, avec la concentration des équipements sous un châssis routier reposant sur 2 essieux et des pneumatiques de grande largeur. Les rames disposent d'un gabarit bien plus généreux que la première ligne : 2,65 m. Les lignes A et B sont donc totalement incompatibles.

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Une rame Cityval dans l'atelier de maintenance. (cliché Rennes Métropole)

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Premières circulations sur la section en viaduc : on voit le rail central, assez maigre, enchâssé par les galets de guidage. Il n'y a pas de voie mais une large piste en béton. (cliché Rennes Métropole)

En outre, le projet de restructuration du réseau d'autobus est présenté sur un site Internet dédié : la nouvelle ligne de métro autorisera une importante réorganisation avec une nette réduction de leur présence dans l'hypercentre, notamment autour de la place de la République.

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26 janvier 2021

Lyon : un bus express de plus... mais une question

Depuis le 4 janvier, le service 15 Express Bellecour - Gare d'Yvours - Irigny emprunte les nouveaux aménagements réalisés sur la section déclassée de l'autoroute A7 au sud de Lyon. Ils sont assez légers car il s'agit essentiellement de signaux lumineux réservant à certaines heures une des 3 voies de circulation aux autobus. Le trajet Bellecour - Gare d'Yvours est assuré en 15 minutes.

Mais n'existe-t-il pas en parallèle une ligne de chemin de fer, maillon de premier ordre d'un potentiel RER et sur laquelle pourrait s'organiser le réseau d'autobus, depuis la gare d'Yvours, mais aussi à celle d'Oullins, pôle d'importance puisque desservi par le métro ? Pour cela, il faudrait une réelle dimension multimodale, avec la convergence des objectifs entre la Région (autorité organisatrice sur le rail) et la Métropole (chef de file sur les transports urbains), tant dans l'organisation des services que la mise en oeuvre d'une véritable tarification multimodale y compris pour les occasionnels...

 

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Lyon : les nouveaux trolleybus à l'essai

Second volet concernant le frémissement du marché français du trolleybus avec le réseau de Lyon.

Le premier Lightram de Hess effectue depuis quelques semaines des essais sur les différentes lignes pour vérifier le comportement en ligne et former les conducteurs. Il est difficile de ne pas préciser que le niveau sonore est sensiblement inférieur à celui du Cristalis (on ne remerciera jamais assez RVI et Alstom d'avoir conçu le premier trolleybus faisant plus de bruit qu'un autobus Diesel), ce qui devrait susciter la surprise de ses futurs utilisateurs.

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En essai courant janvier 2021 sur le cours Lafayette, le premier Lightram n°2001 arbore l'élégante livrée déjà appliquée sur les Cristalis articulés. Outre le niveau sonore bien nettement inférieur à celui du Cristalis et une autonomie sur batteries, ces nouveaux trolleybus comportent 2 petits détails qui avaient suscité pas mal de discussions à la mise en service des Cristalis voici 20 ans : les rattrape-trolleys à l'arrière... et les perches blanches pour mieux voir arriver le trolleybus, les Cristalis disposant de perches noires très peu visibles dans le paysage. (cliché X)

Ils seront donc finalement 34, dans un premier temps, puisqu'ils seront engagés d'abord, en mars, sur la ligne C13 (Grange Blanche - Part-Dieu - Hôtel de Ville - Croix Rousse - Montessuy), avec circulation en autonomie dans le secteur de la Part-Dieu (entre l'extrémité Ouest de l'avenue Lacassagne et l'auditorium) du fait des travaux de transformation du quartier. La ligne C11 (Saxe-Gambetta - Maisons Neuves - Grandclément - Laurent Bonnevay) suivra probablement à l'été. Pas besoin de circuler en autonomie sur cette ligne, intégralement sous bifilaire, mais on suppose que le SYTRAL et les TCL anticipent - judicieusement - les travaux de la seconde phase du tramway T6, qui mordra, dans le secteur de la place Grandclément, sur le parcours de C11 sur une partie de la rue Jean Jaurès. Evidemment, avec les batteries, un retour place Bellecour serait aussi souhaitable, pour éviter aux voyageurs de descendre dans le métro sur la section la plus chargée.

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Saint Etienne : Solaris continue les livraisons et en espère d'autres...

La renaissance du trolleybus est encore un phénomène assez confidentiel, car elle ne concerne pour l'instant que 2 réseaux, alors soufflons un peu sur les braises pour qu'elles prennent. Première brève sur le réseau de Saint Etienne.

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Saint Etienne - Rue Charles Dupuy - 12 mars 2020 - La renaissance du trolleybus à Saint Etienne est incarnée par des véhicules du constructeur polonais Solaris. La ligne M7 Michon - Bellevue a été la première équipée. Le vert stéphanois s'est éclairci... mais le noir progresse fortement sur la livrée ! © Th. Assa

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Saint Etienne - Place Edmond Maurat - 12 mars 2020 - La remise en service de la ligne M7 en traction électrique a nécessité quelques travaux sur les lignes aériennes. Comme les Cristalis pour l'instant toujours à l'effectif, les Trollino disposent de 3 portes mais avec montée par l'avant. En revanche, contrairement aux Cristalis, le Solaris est très silencieux ! © Th. Assa

La première tranche de 10 trolleybus Solaris Trollino 12 a été rejointe par une deuxième comprenant 7 unités supplémentaires qui en appellera une troisième de 6 véhicules, initialement prévue en 2022, mais qui devrait finalement arriver dès cet été. Par ailleurs, l'acquisition de 10 trolleybus articulés devrait avoir lieu dans les prochains mois pour équiper la ligne M6, afin de restaurer l'exploitation électrique sur la ligne du cours Fauriel. Sans préjuger de la décision à l'issue de l'appel d'offres que lancera la Métropole, il est probable que Solaris parte favori, ne serait-ce que pour mutualiser les frais fixes et la gestion de la maintenance avec les véhicules standards.

Mais on le redit : le potentiel du trolleybus dans cette agglomération est encore assez vaste et le succès de cette renaissance inespérée devrait peut-être inspirer les décideurs, outre la satisfaction de la population.

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11 janvier 2021

Caen : fluidité des tramways aux carrefours

Petite tournée d'inspection

Cela avait été le principal grief de transporturbain lors de l'inauguration - visiblement un peu trop précipitée - du tramway de Caen : la priorité aux carrefours ne fonctionnait pas, ce qui altérait considérablement la vitesse des rames.

Il ne s'agissait pas d'une simple impression puisque quelques jours après la mise en service, une mission fut confiée à Egis pour remettre de l'ordre dans le paramétrage des carrefours : c'était la reconnaissance d'une faiblesse du projet.

Il aura fallu être un peu patient pour procéder à cette tournée de contrôle, car l'année 2020 n'a pas été des plus propices aux escapades. C'est désormais chose faite et on peut le dire : ça passe bien, et en conséquence, les conducteurs sont moins craintifs, avec une conduite essayant de tirer le meilleur parti des aptitudes du matériel sur un tracé qui reste néanmoins assez sinueux, avec beaucoup de courbes limitées à 15 km/h, et qui comprend quand même beaucoup de stations.

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Caen - Rue Copernic - 8 janvier 2021 - Trafic fluide sur le réseau de tramways, après un réglage salutaire des carrefours. En revanche, le tracé reste sinueux et la bifurcation T1-T2 vers Campus 2 est prise à 10 km/h du fait du rayon de courbe des plus serrés. © transporturbain

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Caen - Avenue du 6 juin 1944 - 8 janvier 2021 - Avec 3 stations sur le court tronçon de l'avenue reliant le coeur de ville à la gare, il y avait intérêt à bien régler les carrefours ! Notez ce qui va nous intéresser désormais dans cet article : cette amorce de bifurcation ! © transporturbain

Quelques idées pour la suite...

On peut donc passer à l'étape suivante : quels développements ? Evidemment, on ne manquera pas de penser à l'amorce de bifurcation au carrefour de l'avenue du 6 juin 1944 et de la rue de Bernières, intégrée dès les premières réflexions sur l'axe est-ouest.

Cette artère dispose a minima d'un couloir à contresens et d'une petite section en site propre. Les études de 2012 esquissaient un tracé par l'hôtel de ville et les terrains du centre du Service National, avec une bifurcation à hauteur de la rue de Bayeux, avec une branche repiquant vers le sud-ouest en direction de Bretteville, et une vers le nord-ouest desservant le quartier du Chemin Vert.

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Caen - Rue de Bernières - 8 janvier 2021 - Trafic bus important sur cet axe, avec encore à gauche du cliché l'amorce de la bifurcation. Cet Arway LE assure le service de la ligne 12 Express en direction de Ouistreham Riva-Bella. © transporturbain

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Caen - Rue de Bernières - 8 janvier 2021 - C'est presque le salon de l'autobus : Citaro C2, Citelis standard ou articulé et GX327... la section entre la rue Saint Jean et le théâtre est configurée en quasi site propre à double sens. © transporturbain

Ce tracé présente tout de même l'inconvénient de ne pas desservir certains équipements situés au sud de l'hôtel de ville et qui semblent justifier d'être pris en considération dans la desserte de l'ouest de l'agglomération caennaise par le tramway. Aussi pourrait-on retenir le principe des études de 2012 pour la desserte du quartier du Chemin Vert, avec une extension au-delà de la rocade pour desservir le Mémorial de Caen, 3 établissements scolaires... et rejoindre finalement le terminus Campus 2 de la ligne T2.

En revanche, la desserte de Bretteville pourrait être repensée avec un tracé plus aus sud. Après le tronc commun ves l'hôtel de ville (Bernières / Leclerc / Gambetta), cette ligne filerait vers le sud (avenue Sorel) pour rejoindre le boulevard Guillou et ainsi aligner le centre nautique, le lycée Malhebe, le Parc des Expositions et le Zénith, avant de rejoindre Bretteville par l'avenue Chéron. Le terminus pourrait être implanté près de l'échangeur A84 / Périphérique.

Ces 2 lignes nouvelles auraient leur origine sur la presqu'île, le terminus de T2 pouvant être assez simplement reporté à la gare de Caen, moyennant la création d'une voie supplémentaire dans la station existante.

Resterait à envisager une liaison vers la côte... assurée aujourd'hui par des autobus. La transformation de l'ensemble RD515  - RD514 - RD84 jusqu'à l'embarcadère de Ouistreham (marchant sur les traces des Chemins de Fer du Calvados, établis à voie de 60 cm), avouez que cela aurait de l'allure, non ? L'axe supporte un trafic conséquent (les données départementales sont cependant floues, car l'axe est dans une vaste fourchette 10 000 à 30 000 véhicules / jour) et s'avère - en particulier aux beaux jours - très encombré, ce qui ne facilite pas la circulations des bus.

La pénétration dans Caen s'effectuerait par l'avenue Clémenceau jusqu'à la place Saint Pierre. Resterait à repenser l'organisation des lignes pour éviter l'accumulation de rames sur l'avenue du 6 juin. La desserte de la gare par la ligne de Ouistreham serait intéressante et elle pourrait éventuellement à terme accueillir une partie des dessertes, notamment venant de Bretteville, avec un terminus partiel à Hérouville.

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Nos propositions en résumé sur la base du réseau actuel (en jaune) : en vert foncé, le tracé de l'extension étudiée dès 2012, prolongé par notre proposition pour desservir notamment le Mémorial ; en bleu, la branche de Bretteville (notre tracé), et en mauve... la perspective d'une liaison vers la mer par une ligne express.

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09 janvier 2021

2021 : un accélérateur de transition ?

Les transports en commun, plus que jamais une solution… mais des problèmes à court terme

Alors que les records de température de la planète tombent d’année en année, rendant déjà obsolètes les vœux de l’accord de Paris signé en 2015, les transports urbains se retrouvent dans la posture inconfortable d'un solide rugbyman devant transformer un essai face aux poteaux mais avec un fort et brûlant vent de face.

L’année 2020 a malmené l’économie des transports publics par :

  • les séquences de confinement sanitaire, vidant presque intégralement les réseaux de leur trafic pendant près d’un tiers de l’année,
  • un essor du télétravail pour une partie des salariés,
  • un « quoi qu’il en coûte » sélectif pour compenser le manque à gagner des réseaux, entre recettes tarifaires et Versement Mobilités,
  •  un « urbanisme tactique » aux effets plus ou moins hasardeux pour les transports publics, devant la percée du vélo.

Il y a pourtant une conjonction de facteurs favorables aux transports publics : l’urgence environnementale impose de profondes remises en question dans l’organisation des déplacements, mais aussi dans l’aménagement des villes. La densité durable, pour limiter l’usage de la voiture et maîtriser la longueur des trajets, et une plus forte articulation entre les projets urbains et les réseaux de transport en commun, demeurent plus que jamais les clés dans la maîtrise des gaz à effet de serre et de l’imperméabilisation des sols.

Pour aller plus loin sur ce sujet, retrouvez le dossier de transporturbain Urbanisme, déplacements, choix modaux.

Les transports en commun, de la navette de quartier au RER parisien transportant 2500 personnes à 120 km/h, constituent le pilier de cette transition urbaine, parce que leur pouvoir structurant est sans égal.

Ils occupent donc une place majeure dans la « réponse » mais sont aujourd’hui en partie un « problème ». L’année 2020 les a fragilisés sur le plan économique et certaines villes, surtout de taille modeste, auront du mal à maintenir le niveau d’offre face aux pertes essuyées l’année dernière, d’autant que la voiture a été le principal mode de repli face à la « peur » – en partie infondée – provoquée par l’usage d’un tramway, d’un autobus ou d’un métro. Le « quoi qu’il en coûte » gouvernemental a été pour le moins sélectif et les transports en commun en ont souffert car si une solution a été trouvée en Ile de France (quoique discutable car reposant sur des prêts qui devront être remboursés), les autres autorités organisatrices restent dans une situation floue.

Priorité aux transports publics, plus que jamais

Dans ce contexte, il est donc essentiel de renforcer encore l’attractivité des transports en commun. Il faut espérer que le trafic revienne le plus rapidement possible, et que la part « perdue » par le développement du télétravail, perceptible surtout sur les heures de pointe, soit compensée à la fois par les effets de ces nouveaux rythmes urbains sur l’usage des transports publics hors pointes (télétravail ne signifie pas nécessairement moins de déplacements, mais plutôt un écrêtement des pointes du matin et du soir et une hausse progressive du trafic en journée) et dans la conquête de nouveaux voyageurs. Pour cela, au-delà de la traditionnelle approche quantitative de l’offre, il faudra plus que jamais accroître la qualité du service.

Elle passe évidemment par une amélioration de la vitesse commerciale, pour rendre le service plus attractif et accroître de façon rationnelle sa capacité Pour cela, des actions parfois de coût modeste peuvent avoir de grands effets : des couloirs vraiment réservés aux autobus et trolleybus (sur ce point, la position de l’UTP est très claire), une amélioration de la gestion des carrefours, des adaptations ponctuelles de tracé, un réexamen du nombre et de la position des arrêts, l’introduction de bus articulés sur les lignes à fort trafic, le retour du libre-accès par toutes les portes, la systématisation du cadencement sur toutes les lignes quelle que soit leur niveau de service.

Ces actions contribueront à un deuxième pilier : la fiabilité du service. Savoir que les intervalles et les temps de parcours sont respectés forgent l’image des transports publics, probablement plus qu’une livrée inventée par un designer de renom ou un nom de réseau imaginé par des consultants en communication dont le moins qu’on puisse dire est que la présence du transport urbain finit par être noyé dans une imagerie d’autocar de tourisme.

La dimension qualitative passe aussi par le confort. Il est indéniable que des progrès assez significatifs ont été accomplis depuis le début de ce siècle. Il va falloir continuer et aller plus loin. Le confort commence à l’arrêt (abri, banc, temps d’attente, situation générale du trafic, plan, horaires, fiabilité des temps d’attente, …). Il se prolonge à bord du véhicule, avec l’aménagement du véhicule, le confort des sièges, la facilité des mouvements intérieurs, la qualité de l’éclairage et la propreté. Sur ce point, le covid-19 a déjà eu généralement un effet assez positif.

L’ambiance générale lors du trajet est un facteur de poids dans l’attractivité des transports en commun : entre propreté et éclairage, on évoquera rapidement le contre-exemple du Métro parisien, dans lequel nombre de stations, mal entretenues, les rampes d’éclairage accumulent une couche de crasse inacceptable, notamment dans celles disposant d’un éclairage indirect (« Renouveau du Métro ») intrinsèquement problématique. Les voyageurs se retrouvent dans un environnement lugubre, donnant une piètre image au réseau. A court terme, c’est probablement l’un des domaines où les progrès peuvent être les plus rapides sans être trop onéreux : il suffit … de passer l’éponge régulièrement. Ajoutons aussi les effluves douteuses des couloirs et stations provoquées par la présence d’une population indélicate.

Enfin, il ne faudra pas négliger le développement des réseaux, car c’est aussi un enjeu économique mobilisant de nombreux secteurs d’activité : l’extension et la création de nouvelles lignes de tramway, de BHNS, certaines extensions de métro, viendront à la fois soutenir la relance économique, dans une dimension plus écologique pour réduire encore un peu plus l’usage de la voiture et ses nuisances en zone urbaine. Aux côtés de ces grands projets, l’intermodalité, par le développement des pôles d’échanges et des communautés tarifaires intégrées incluant la SNCF avec des possibilités de recouvrement inter-communautés tels que nous le connaissons en Suisse ou en Allemagne, demeure encore et toujours un vaste chantier, qui connaît il est vrai quelques progrès, réduisant à un rythme encore trop modeste le retard français par rapport aux pays de référence en la matière.

Espérons donc que 2021 accélère ces transitions : il y a urgence !

07 janvier 2021

Angers : la ligne A change de parcours

C'est la première section du projet de développement du réseau de tramways d'Angers : depuis lundi 4 janvier, les tramways de la ligne A ne passent plus par la place du Ralliement. La section sera récupérée par la nouvelle ligne C en construction. La nouvelle section sur le boulevard Foch et le boulevard Carnot a donc été mise en service. Le tramway dessert donc désormais l'hôtel de ville et le centre de congrès.

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Angers - Place du Ralliement - 2 octobre 2019 - C'est dans 2 ans que la place du Ralliement retrouvera des tramways, ceux de la nouvelle ligne C actuellement en construction. Le résultat d'un projet pensé dans sa globalité. © transporturbain

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Madrid : la fin des bus Diesel dès 2022

Ce devrait être l'une des premières grandes villes européennes à se débarrasser totalement des autobus Diesel : dans 2 ans, les 2000 autobus de l'EMT seront à motorisation gaz, hybride ou électrique. L'opération est déjà largement engagée, principalement avec des véhicules au gaz naturel comprimé (plus de 900 actuellement au parc), et il reste 626 véhicules à acquérir d'ici là. Un marché de 520 bus au gaz va être prochainement attribué, pour un montant de 161,2 M€ et 106 autobus électriques doivent également être commandés. Le choix de la motorisation au gaz est assez ancien ce qui explique en partie le délai assez rapide d'élimination du gasoil. Le gaz naturel comprimé est aussi adopté sur les véhicules hybrides. Parallèlement, l'essor des autobus électriques à batteries reste assez modeste puisqu'ils ne représentent que 4% du parc. Exception faite de certains minibus, on ne compte actuellement que 50 véhicules électriques (15 BYD et 35 Irizar).

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Madrid - Plaza Jacinto Benavente - 17 février 2013 - Un des 10 autobus hybrides gaz naturel comprimé de Tata Hispano Area TML hybride : l'EMT a fait le choix d'une motorisation au gaz y compris pour les véhicules hybrides. La part de véhicules purement électriques semble avoir vocation à demeurer limitée. © transporturbain

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Madrid - Paseo de la Virgen del Puerto - 6 décembre 2015 - L'un des 13 autobus Castrosua Tempus, une petite flotte partagée entre une version électrique et une version hybride dont la partie thermique fonctionne au gaz naturel comprimé, ici illustrée : ces véhicules ont un gabarit assez particulier, avec une longueur de 11,33 m et une largeur de seulement 2,40 m soit 15 cm de moins que les bus standards habituels et 10 cm de plus que les midibus classiques. © transporturbain

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Madrid - Plaza del Emperador Carlos V - 17 février 2013 - Carrossé par Tata-Hispano, cet autobus portant le dauphin Iribus repose bien sur le châssis et la motorisation d'un Citélis au gaz naturel comprimé. La réalisation des caisses par des constructeurs locaux est toujours d'actualité, mais ne concerne plus systématiquement les commandes. © transporturbain

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Madrid - Plaza Cibeles - 17 février 2012 - Les autobus au gaz ont fait leur apparition voici maintenant une vingtaine d'années dans les effectifs de l'EMT. Voici un MAN NL263 avec sa carrosserie habituelle. Ces véhicules ont été depuis réformés. © transporturbain

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Madrid - Glorieta de Cuatro Caminos - 18 février 2012 - Les Citaro de l'EMT ont tous été livrés avec leur carrosserie habituelle. Voici un modèle au gasoil, carburant qui vit ses derniers mois dans la capitale espagnole. © transporturbain

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