Ce samedi 29 avril 2017 restera une date importante dans l'histoire des transports publics en France et plus particulièrement à Strasbourg. Pour la première fois, un tramway urbain d'un réseau français franchit une frontière inter-Etats. Il y a certes le BLT, le réseau suburbain de Bâle, avec son incursion en France à Leymen, et bien évidemment la prochaine extension du réseau urbain de la même ville (exploité par le BVB) jusqu'à Saint Louis en fin d'année, sans compter le tram-train de Sarrebruck arrivant en gare de Sarreguemines et les projets genevois vers Annemasse et Saint Julien en Genevois... mais à chaque fois, c'est le réseau d'un de nos voisins qui pénètre en France. A Strasbourg, c'est l'inverse. L'honneur est sauf !

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Les franchissements du Rhin entre Strasbourg (à gauche) et Kehl (à droite) comptent 4 ouvrages : du nord au sud, le train, le tramway, les voitures, les piétons et cyclistes... qui pourront aussi emprunter le nouveau pont conçu pour le tramway.

Dans un premier temps, la ligne D est prolongée de la station Aristide Briand à la gare de Kehl sur 2700 m. En fin d'année, les travaux seront achevés sur l'ensemble du parcours et les tramways iront à la mairie de Kehl. Un tramway très attendu car la ligne de bus 21 connaît une forte charge, mais aussi pour assurer la desserte du projet urbain du Port du Rhin et assurer l'arrimage de Kehl dans l'Eurométropole.

On aura noté l'agitation de certains commerçants, opposés à l'ouverture de ce tramway (la belle affaire, tout est prêt...) qui provoquerait la ruine du commerce strasbourgeois (refrain éculé). Il est vrai que de nombreux strasbourgeois vont faire leurs achats à Kehl, mais il faut bien admettre que l'offre commerciale reste assez limitée, ce qui réduit la concurrence réelle, qui de toute façon existe déjà par le bus ou évidemment en voiture. Mais c'est oublier ce rempart multifonction qu'est le pont de Kehl, dont on n'oubliera pas les vertus antinucléaires du printemps 1986...