"Le plus ambitieux plan pour les transports urbains après Paris" : c'est ce qu'affirme le président de Toulouse Métropole. Le 25 juillet dernier, une enveloppe de 3,8 MM€ a été actée pour le développement des transports urbains dans la métropole toulousaine jusqu'en 2030. La majorité de ce budget sera allouée à la création d'une troisième ligne de métro, évaluée à 2,2 MM€. Sont également intégrés les opérations de doublement de la capacité de la ligne A (180 M€), le prolongement - en voie unique - de la ligne B à Labège (180 M€), le téléphérique au sud de la ville (62 M€) et la création de 10 lignes de BHNS (97 M€).

Ainsi, la hache de guerre au sud-est de l'agglomération, entre les partisans du prolongement de la ligne B et la création d'une nouvelle ligne de métro pour la desserte de l'Innopôle, est enterrée au moyen d'un non-choix.

PDU-toulouse

La Métropole prendra en charge les trois quarts de cet investissement en recourant essentiellement à l'emprunt. Le Département de Haute Garonne contribuera à hauteur de 201 M€. La Région Occitanie apportera 150 M€. La même somme est attendue de l'Etat y compris de crédits européens. Les intercommunalités toulousaines (c'est une spécificité locale : le PTU regroupe 4 intercommunalités dont le périmètre est plus large que le PTU et la nouvelle Métropole n'y a rien changé). Il reste tout de même une zone d'ombre de 171 M€ sur ce plan de financement, pour lequel la Métropole attend un effort de l'Etat, du Département, de la Région et de certaines communes, qui pour l'instant sont réticentes. L'ensemble des contributions Etat - Région - Département - Collectivités reste à stabiliser, d'où la multiplication des déclarations politiques sur le décalage entre les ambitions et les moyens.

En attendant, le débat public sur la troisième ligne de métro aura lieu du 12 septembre au 17 décembre prochain.

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La particularité de la ligne de métro projetée est de contourner le centre de Toulouse. Le coût élevé du projet ne manquera pas d'y être évoqué, tout comme la question globale de l'augmentation des déplacements dans une métropole à la démographique presque galopante. On ne peut écarter le retour sur la scène du débat concernant la desserte de Labège par la ligne B, la solution de voie unique pour conserver le principe en minimisant les coûts semblant tout de même assez précaire.

Il sera aussi assurément question de l'équilibre des investissements, la poursuite de la priorité au métro étant considérée comme une concentration des ressources sur un faible projet sur un territoire de densité de population somme toute moyenne et un territoire à l'urbanisation très consommatrice d'espace. Le tramway est en marge du débat, les extensions un temps envisagé dans le centre de Toulouse n'étant plus d'actualité, ce qui limitera le rôle de ce mode de transport à un niveau subalterne. Plus globalement, l'enjeu de l'articulation entre les transports urbains toulousains et l'offre ferroviaire devrait être mis sur la table, tant dans ce débat public que dans les suites des Etats Généraux du Rail lancés par la Région.