Le SYTRAL a présenté la desserte du nouveau stade des Lumières, situé à Décines, qui ouvrira en janvier 2016. Les services spéciaux seront mis en service 2h15 avant le début du match ou du spectacle qui s'y déroulera, et se termineront 1h15 après la fin de l'événement. Le gestionnaire du stade prévoit pour l'instant une quarantaine de jours d'ouverture par an.

Trois navettes de tramway seront mises en place sur T3 au départ de Meyzieu Panettes, Vaulx La Soie et Part Dieu Villette. Le terminus des Panettes sera réservé aux dessertes du stade et les services réguliers feront terminus à Meyzieu Zone industrielle. A la Part Dieu, les navettes utiliseront le quai de réserve situé au carrefour de la rue Paul Bert, situé à plus de 600 m de la station de métro et à 400 m de la station Villette de T3 et T4. Au total, le SYTRAL mettra en place une capacité de 3000 places supplémentaires au départ de Villette, de 3000 places depuis La Soie et de 5000 places depuis Meyzieu. Sur la section la plus chargée, entre La Soie et Décines, les 6000 places supplémentaires sur 2h15 représentent 20 services supplémentaires, soit 9 par heure, l'équivalent d'un doublement de l'offre de T3.

Il faudra mobiliser 15 rames supplémentaires, sur un effectif de 85 à ce jour et qui passera à 92 avec l'annonce de la levée d'une option de 7 rames de 43 m supplémentaires. En conséquence, il faudra alléger l'offre sur les autres lignes - en pleine période de pointe - pour couvrir les besoins du stade des Lumières. Les usagers apprécieront...

En complément, deux services de bus seront mis en place. Le premier au départ de Meyzieu Panettes, avec une capacité de 5000 places par soir, et le second au départ d'Eurexpo, en profitant des capacités de stationnement du parc des expositions lyonnais, avec une capacité de 16000 places. Ces navettes nécessiteront l'engagement de 100 bus pour un événement utilisant toute la capacité du stade. Là encore, il faudra faire les fonds de dépôt et alléger l'offre sur de nombreuses lignes pour dégager une telle flotte d'autobus avec leurs conducteurs.

Le SYTRAL précise que les coûts d'exploitation induits par ces dessertes, de l'ordre de 110 000 € par jour d'ouverture, seront financés par OL Groupe. Mais quid de l'effet de l'allègement de l'offre, sur des lignes déjà en insuffisance de capacité, sur l'attractivité du réseau ?

Au total, la desserte du Grand Stade aura coûté 76 M€, en grande partie financés par le SYTRAL qui, officiellement, annonce un coût de "seulement" 33,6 M€ pour les 600 m du débranchement de T3, qui de fait, devient une des réalisations de tramway les plus chères d'Europe au regard de la longueur réalisée. Les aménagements financés par la collectivité auront coûte 200 M€ au Grand Lyon, sans compter la jolie ristourne sur le prix du foncier. Les terrains pour le Grand Stade ont été cédé à l'OL à un prix très avantageux, de l'ordre de 40 € du m², avant d'être requalifiés dans une modification du PLU en terrains constructibles. La preuve, les derniers terrains cédés après la modification du PLU, ont été cédés à 150 € le m². Une affaire... en or ! Nul doute qu'à 150 € le m², le projet du stade n'aurait pas pu être mené à son terme. Mais en avait-on besoin ?

Enfin, on rappellera les mésaventures de Bordeaux avec la desserte de son nouveau stade, lui aussi excentré, lui aussi desservi uniquement par une ligne de tramway.