Le 12 décembre, le réseau genevois a été restructruré, notamment les lignes de tramways avec l'adoption du principe "une infrastructure par ligne", jusqu'alors caractérisé par la forte mutualisation des installations et les interlignages, le matériel passant d'une ligne à l'autre.

Malgré les critiques de la ville et des associations d'usagers, le projet a été mis en oeuvre et s'est heurté aux difficultés annoncées : stations de correspondances inadpatées, perte de temps, régularité en baisse, encombrements accrus. La nouvelle billétique a aussi des hoquets, et les problèmes de circulation concernent aussi les lignes 3 et 7 des trolleybus au point que les TPG ont décidé de leur rendre leur itinéraire initial au cours du mois de février.

La situation crée maintenant un conflit entre les associations d'usagers et le lobby automobile : les premiers demandent une voie réservée aux bus sur le pont du Mont Blanc en attendant une section de tramway, le rétablissement d'une liaison nord-sud directe entre la gare Cornavin, Plainpalais et Carouge, et la mise en oeuvre de la priorité aux feux à tous les carrefours. Les seconds sont évidemment opposés à ces mesures...

280608_DAVplainpalais2Genève - Plainpalais - 28 juin 2008 - Un convoi double de Be4/8 de la ligne 17 sur la jonction centrale du complexe de Plainpalais, qui n'est plus utilisée. La refonte du réseau genevois démontre les limites d'une rationalisation pensée hors des besoins et habitudes des usagers...  © transporturbain

Interrogé par La Tribune de Genève, un chercheur de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne expose ses critiques en les résumant par la formule "du réseau constellation au réseau consternation". Il déplore une simplification du réseau allant à l'envers des attentes des voyageurs en rappelant que l'usage des transports commun chute de moitié quand le trajet comprend une correspondance mal aménagée, une perte minorée quand elle est correctement organisée, comme par exemple à Grenoble avec des quais communs. Il condamne la suppression de deux liaisons directes entre les deux rives du Rhône alors qu'il s'agit historiquement de l'axe le plus chargé du réseau. Bref, pour le chercheur, le rétablissement de liaisons directes est la condition sine qua non de l'adéquation du réseau aux besoins des genevois.